De jeunes déplacés somaliens en formation professionnelle pour bâtir leur avenir

Agir pour faire la différence, 30 juin 2011

© HCR/R.Gangale
L'une des nombreuses installations pour personnes déplacées à Galkayo. Le programme de formation professionnelle du HCR concerne des jeunes vivant dans ces installations.

GALKAYO, Somalie, 30 juin (HCR) Il y a un an, la vie de Barre Abdirahman, âgé de 18 ans, se résumait à une lutte permanente pour la survie à Baidoa, une ville du centre de la Somalie. Des opportunités d'emploi limitées, la poursuite de combats intenses et des épisodes de sécheresse font vivre la population locale dans des conditions de pauvreté, avec de sombres perspectives d'avenir.

« La vie n'est pas facile là-bas ; il n'y a que des problèmes », a récemment indiqué Barre à des visiteurs à Galkayo, une ville située au nord de Baidoa dans la région du Puntland en Somalie. Il a fui dans cette ville en quête d'un avenir meilleur et, depuis, il a retrouvé espoir grâce à une formation professionnelle organisée par le HCR et financée par le Canada.

Barre a indiqué qu'il n'y avait aucune possibilité de trouver du travail à Baidoa. « Vous devez connaître quelqu'un qui vous aide à trouver un travail, puis vous devez lui donner de l'argent pour le remercier. Ma famille n'avait pas beaucoup d'argent ; mes parents gagnaient chacun trois dollars par jour en nettoyant et en repassant des vêtements, ce qui n'était pas suffisant pour satisfaire nos besoins au quotidien. »

Lorsque le jeune homme a rejoint à Galkayo, il a laissé derrière lui son frère, sa sœur et ses parents. Il a voyagé pendant cinq jours en bus, le trajet lui a coûté huit dollars. A son arrivée, il a emménagé chez une tante, qui vit actuellement dans le camp d'Al Aamin pour personnes déplacées.

Son initiative a été récompensée lorsqu'il a été sélectionné parmi 40 jeunes pour participer à un programme de formation professionnelle de cinq mois. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés et son partenaire local, le Centre d'éducation de Galkayo pour la paix et le développement, se sont rendus à Galkayo dans les camps de déplacés, pour identifier des candidats appropriés à cette formation.

Beaucoup d'entre eux occupaient des emplois faiblement rémunérés comme cireur ou ramasseur d'ordures. Ils manquaient de compétences pour préserver leur moyen d'existence à long terme. Barre et ses camarades de classe ont acquis des compétences dans des domaines comme la soudure et la menuiserie durant la formation qui s'est achevée en début de mois. Chaque participant a reçu un kit d'outils de base pour les aider à trouver du travail et, si possible, à créer leur propre affaire.

« Cette formation a changé ma vie à plusieurs niveaux », a indiqué Barre. « Je viens d'un milieu modeste comme tous les autres jeunes du camp, mais je suis déterminé à réussir ma vie. Je rêve d'ouvrir un garage où je pourrai mettre en pratique mes compétences en soudure. »

Il a ajouté que lorsqu'il aura gagné suffisamment d'argent, « je ferai venir ma famille et je leur donnerai une vie meilleure que celle qu'ils ont aujourd'hui. Je suis reconnaissant à jamais d'avoir pu bénéficier de cette formation. »

Bruno Geddo, le Représentant du HCR en Somalie, a souligné l'impact positif de ce programme. « La formation professionnelle est un moyen efficace de responsabiliser les jeunes Somaliens pour préparer l'avenir du pays. Ces jeunes hommes, qui pourraient sinon tomber aux mains de recruteurs ou de pirates, ont désormais davantage d'atouts pour améliorer leur vie et ils sont déterminés à être la force du changement nécessaire à leur pays », a-t-il indiqué.

Ce programme vise à fournir aux jeunes participants une formation professionnelle leur permettant de gagner rapidement de l'argent pour subvenir à leurs besoins et ceux de leur famille. Il fournit également une base sociale saine pour la sensibilisation, le suivi de la protection et le travail de participation communautaire durable dans de nombreux domaines.

On compte actuellement près de 140 000 déplacés internes au Puntland, dont 60 000 d'entre eux vivent dans 21 installations à Galkayo. Parallèlement, la sécheresse et la poursuite du conflit dans le sud et le centre de la Somalie poussent des milliers de personnes à fuir vers le Kenya voisin.

Par Faith Kasina à Galkayo, Somalie

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Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

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