1 enfant réfugié : Une jeune fille veut un avenir meilleur pour d'autres enfants

La parole aux réfugiés, 27 juin 2011

© HCR/P.Baidya
Sunita s'entretient avec des enfants réfugiés dans le camp de Timai à l'est du Népal.

DAMAK, Népal, 27 juin (HCR) Elle attend avec impatience dans sa salle de classe que l'horloge sonne dix heures, puis Sunita se précipite aussitôt vers son lieu favori, le Bhutanese Refugee Children Forum (BRCF), une organisation au service des milliers d'enfants réfugiés dans les camps du Népal.

« C'est ici que j'aime être, pour œuvrer avec mes amis au bénéfice des enfants du camp. Je veux tout faire pour qu'ils puissent avoir un avenir meilleur », affirme Sunita tandis qu'elle jette son cartable sur le sol en terre battue et ouvre son carnet de notes pour dresser la liste des activités que planifie l'organisation en vue de la prochaine fête des enfants.

Sunita, 16 ans, vit dans le camp de Timai, l'un des cinq camps de réfugiés de l'est du Népal qui hébergent au total près de 66 000 réfugiés originaires du Bhoutan. Elle est depuis trois ans la figure de proue et membre active de la BRCF, une organisation gérée par la Fédération luthérienne mondiale (FLM), un partenaire du HCR.

Les défis sont nombreux pour cette adolescente qui est née et a grandi dans un camp de réfugiés. « La vie ici est difficile. Nous ne pouvons compter que sur la distribution d'aide ; il n'y a pas d'électricité, pas grand-chose à faire pour les enfants », soupire-t-elle. La vie de Sunita est semblable à celle de milliers d'autres réfugiés qui vivent dans les camps depuis leur arrivée au Népal au début des années 90.

Un important programme de réinstallation est en cours pour ces réfugiés du Bhoutan. Plus de 47 000 d'entre eux, parmi lesquels des amis de Sunita, ont déjà été réinstallés dans huit pays différents. Sa propre famille n'a pas encore décidé si elle reste ou si elle part.

« Mes amis qui ont été réinstallés sont très avancés dans leurs études et ils ont fait de bons progrès », fait-elle remarquer.

Le HCR estime que 1 enfant réfugié, c'est déjà trop. Grâce à la section népalaise de la FLM, le HCR peut continuer à mettre en place divers programmes de développement pour plus de 22 000 enfants réfugiés qui se trouvent toujours dans les camps.

« Outre l'organisation d'activités diverses pour les enfants, nous faisons aussi de manière régulière de la sensibilisation et de la formation sur les droits de l'enfant. Nos membres sont également présents lors de congrès nationaux sur les questions relatives aux enfants », affirme fièrement Sunita tandis qu'elle montre des photographies soigneusement collées sur les murs de boue de la petite pièce qui sert de bureau à la BRCF.

Elle a elle-même représenté les enfants réfugiés lors d'ateliers organisés au niveau national. Elle a fait part l'an dernier de leurs préoccupations et des pratiques exemplaires de la BRCF lors de la Consultation nationale des enfants qui a été organisée à Katmandou par le Central Child Welfare Board of Nepal.

Elle a aussi représenté le Népal lors de la rencontre du Forum de consultation des enfants et des ministres d'Asie du Sud qui s'est déroulée à Katmandou en juillet de l'année dernière. Le Forum a approuvé la décision d'établir un centre régional pour combattre la violence à l'encontre des enfants, connu sous le nom d'Initiative de l'Asie du Sud pour mettre fin à la violence contre les enfants (SAIEVAC en anglais). Le centre régional veille à assurer une participation significative des enfants afin qu'ils puissent suivre de près et prévenir la violence, faire des recommandations et avoir leur mot à dire dans les processus décisionnels.

« J'étais fière de mes accomplissements », confie Sunita. « Ce fut une excellente occasion pour moi de mieux connaître la situation des enfants en dehors du camp de réfugiés, mais j'aurais souhaité être là à titre de représentante du Bhoutan et non à titre de réfugiée. »

Bien qu'elle s'efforce d'offrir un avenir meilleur aux enfants des camps de réfugiés du Népal, Sunita est inquiète pour son propre avenir. Elle espère pouvoir un jour aller au Bhoutan, quand les conditions le permettront. « J'espère d'ici là avoir la chance de poursuivre mes études et intervenir un jour au service de ma communauté. »

Par Pratibedan Baidya à Damak, au Népal

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