1 famille déchirée par la guerre : La vie rêvée d'une Somalienne tourne au cauchemar

La parole aux réfugiés, 23 juin 2011

© HCR/R.Gangale
Farhiya Mahamoud Gedi dans son abri de fortune dans l'installation de Warshad Galayda pour déplacés internes au sud de Galkayo, Somalie.

GALKAYO, Somalie, 23 juin (HCR) Farhiya Mohamoud Gedi n'a pas vu ses enfants depuis un an. Cette femme de 34 ans n'a eu d'autre choix que de les laisser avec sa mère à Mogadiscio, la capitale somalienne déchirée par la guerre, pour aller chercher du travail ailleurs afin de nourrir sa famille.

« Il devenait de plus en plus difficile de subvenir aux besoins de mes deux filles, Rahma et Fartun, et de mon fils Abdirasak, d'autant que je n'ai plus de mari », déclare Farhiya, qui est divorcée et n'a pas de source régulière de revenus. « C'était encore pire de voir ma mère âgée, qui n'est pas assez forte pour travailler, se battre pour emprunter de l'argent ou demander de la nourriture pour les enfants. Je n'avais pas le choix, il fallait que je parte trouver de l'argent pour aider ma famille. »

Quelques semaines plus tard, on lui a dit qu'il est plus facile de trouver un emploi au Yémen, de l'autre côté du golfe d'Aden. Farhiya quitte alors Mogadiscio et se dirige vers le nord, via Galkayo, à bord d'un camion transportant des marchandises, puis elle arrive dans la ville portuaire de Bossasso.

« Ce fut la décision la plus difficile que j'aie eu à prendre. Ce n'est pas facile d'être loin de ses enfants, surtout que je les ai laissés à Mogadiscio où règne l'insécurité. J'avais entendu parler des dangers de la traversée en mer, mais comme toutes les mères, je voulais donner à mes enfants une vie meilleure », dit-elle.

Pour obtenir une place sur le seul bateau disponible et bondé pour la traversée vers le Yémen, Farhiya a dû payer 120 dollars à des passeurs peu scrupuleux et affronter trois nuits en mer sans nourriture sur le golfe d'Aden. Pour elle, cela valait le coup, car elle rêvait d'une vie meilleure au Yémen. Mais la vie là-bas n'était pas celle qu'elle avait imaginée.

« Je ne connaissais personne là-bas. Je n'avais pas d'endroit où rester, pas de nourriture, juste le peu de vêtements que j'avais pu amener avec moi », raconte-t-elle. « Chercher un emploi a été plus difficile. Il fallait passer par un "agent" qui exigeait un paiement une fois qu'on avait obtenu un emploi. S'il quelqu'un lui faisait une meilleure "offre", vous perdiez votre emploi. J'ai réussi à survivre en faisant des petits boulots. »

Les affrontements récents au Yémen ont exacerbé ses difficultés. « C'est devenu encore plus difficile de garder un emploi car, certains jours, on ne pouvait pas quitter la maison de crainte de se faire tuer. »

Réalisant que sa vie de rêve au Yémen s'était transformée en un terrible cauchemar, cinq mois après son arrivée Farhiya entreprit de nouveau la terrifiante traversée pour, cette fois, rentrer chez elle et retrouver sa famille. Elle s'est installée dans un abri de fortune dans le camp pour personnes déplacées de Warshad Galayda, au sud de Galkayo ; elle est déterminée à faire venir ses enfants et sa mère dans son nouveau « foyer ».

« La vie est plus sûre ici qu'à Mogadiscio et je suis certaine que je peux obtenir un bon emploi pour subvenir aux besoins de mes enfants ; c'est beaucoup plus facile qu'au Yémen. Cette expérience loin de ma famille a été difficile et le voyage sur un bateau dangereux, c'était encore pire. Personne ne devrait avoir à risquer sa vie sur un petite embarcation bondée pour tenter d'échapper à la violence », dit-elle.

Le HCR estime que 1 famille déchirée par la guerre, c'est déjà trop. La directrice du bureau du HCR à Galkayo, Grace Mungwe, ne connaît que trop bien les dangers qu'affrontent les Somaliens dans la tentative de traversée vers le Yémen. « Farhiya fait partie des milliers d'hommes et de femmes somaliens qui, en raison de l'insécurité et du manque de moyens d'existence dans la région du centre-sud, remettent leur vie aux mains de passeurs sans scrupules pour traverser le golfe d'Aden en quête d'une vie meilleure au Yémen », dit-elle. « Beaucoup d'entre eux meurent au cours du voyage. Des expériences comme celle vécue par Farhiya peuvent servir à montrer à tous les autres migrants potentiels les dangers qu'ils courent s'ils entreprennent la traversée. »

Chaque année, des dizaines de milliers de personnes, surtout des Somaliens et des Éthiopiens, traversent le golfe d'Aden depuis la Somalie en espérant trouver un avenir meilleur au Yémen et dans les autres États du Golfe. Beaucoup d'entre eux meurent en chemin. Le HCR souhaite sensibiliser le public aux dangers et aux violations des droits de la personne auxquels s'exposent les personnes qui prennent part à ce mouvement migratoire.

Près de 60 000 personnes déplacées se sont installées dans 21 camps au nord et au sud de Galkayo ; la plupart viennent de différentes parties de la région du centre-sud de la Somalie.

La Somalie figure toujours au nombre des pays générant le plus grand nombre de réfugiés dans le monde, derrière l'Afghanistan et l'Iraq. Plus de 700 000 réfugiés somaliens vivent actuellement dans des pays voisins comme le Kenya, l'Éthiopie et le Yémen.

Par Faith Kasina à Galkayo, en Somalie

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Dollow est un village frontalier poussiéreux en Somalie, situé à trois kilomètres du camp de réfugiés de Dollo Ado de l'autre côté de la rivière marquant la frontière, en Ethiopie. Toutefois, beaucoup des habitants arrivés récemment à Dollow sont des déplacés internes, qui n'ont pas l'intention de passer la frontière via ce pont - construit avec l'aide du HCR il y a plus de 20 ans - en quête d'assistance humanitaire. Ces personnes sont déplacées par la sécheresse et la famine sévissant dans les régions somaliennes de Gedo, Bay et Bakool. Ces agriculteurs-éleveurs ont en majorité exprimé le souhait de rentrer chez eux à l'arrivée de la saison des pluies en octobre et si la situation sécuritaire le permet.

Le HCR et d'autres agences des Nations Unies fournissent de l'aide via plusieurs ONG locales. Des abris, des kits d'assistance d'urgence et des rations d'aliments lyophilisés sont remis aux déplacés. Un centre de distribution de repas chauds fournit à environ 2 000 déplacés à Dollow la nourriture dont ils ont tant besoin

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Inondations dans les camps de réfugiés au Kenya

Des inondations dans le nord-est du Kenya à la mi-novembre ont causé des dégâts dans les trois camps de réfugiés du complexe de Dadaab. Plus de 100 000 réfugiés sur les 160 000 qui y sont accueillis ont été affectés par ces inondations, en particulier au camp d'Ifo. Les réfugiés ont perdu leurs abris et les latrines ont été inondées et détruites. La route d'accès principale reliant Dadaab au reste du Kenya a été coupée par les inondations dues aux fortes pluies, empêchant tout approvisionnement d'aide par voie terrestre.

L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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