Un an après, le sud du Kirghizistan est encore en proie au déplacement et à la méfiance

Points de presse, 10 juin 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Sybella Wilkes à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 10 juin 2011 au Palais des Nations à Genève.

Des dizaines de milliers de personnes sont toujours déplacées dans le sud du Kirghizistan un an après des affrontements meurtriers dans ce pays. Le HCR estime que les efforts pour le rétablissement de la confiance doivent être renforcés pour assurer des retours durables et une véritable réconciliation.

Plus de 400 personnes ont été tuées et 375 000 autres ont été forcées de fuir leur maison lorsque des violences communautaires ont frappé le sud du Kirghizistan entre le 10 et le 14 juin 2010, principalement à Och et Djalalabad. Sur ces personnes déracinées, quelque 75 000 d'entre elles ont fui vers l'Ouzbékistan voisin alors que 300 000 ont été déplacées au sein du Kirghizistan. Plus de 2 000 maisons ont été détruites et davantage encore ont été pillées.

La plupart des personnes déracinées ont pu revenir rapidement dans leur région d'origine. Cependant, quelque 60 000 personnes sont toujours dispersées à travers le Kirghizistan et en exil à l'étranger aujourd'hui. Certaines disent que leur maison est endommagée, d'autres font part de leurs préoccupations sur la situation de sécurité ainsi que le manque de logement ou d'emplois dans leur lieu d'origine. Par ailleurs, 20 000 personnes sont encore hébergées au sein de familles d'accueil.

Durant les 100 jours qu'ont duré les événements l'été dernier, le HCR avait aidé à construire des abris temporaires pour plus de 13 400 personnes dont les maisons avaient été détruites. L'hiver dernier, nous avons également distribué du charbon (plusieurs tonnes), des vêtements chauds et des biens de secours à 21 000 personnes pour les aider à survivre durant les six mois d'hiver.

La vie reprend doucement, mais d'autres améliorations sur la situation de sécurité et à l'économie sont nécessaires pour un véritable retour à la normale. Nous entendons régulièrement de la part de différents citoyens qu'aujourd'hui encore, la confiance n'est pas restaurée envers les autorités. Il y a de la suspicion entre les communautés et les groupes les plus affectés ne sont pas vraiment prêts à la réconciliation. Les équipes du HCR travaillent dans 50 lieux à travers Och et Djalalabad pour suivre de près la situation, discuter et rechercher des solutions pour de nouvelles problèmatiques au côté des communautés et des autorités.

Le HCR met à disposition une hotline gratuite 24h/24 recevant environ 100 appels par semaine. Les personnes qui appellent sont principalement préoccupées par la livraison de matériel humanitaire, des conseils sur les droits légaux et de propriété, l'accès aux services publics, des problèmes de sécurité et comment restaurer le commerce et l'emploi.

Aujourd'hui, le HCR et ses partenaires continuent à porter assistance à 280 000 personnes affectées par les événements de juin dernier à Och et Djalalabad. Nous finançons des équipes mobiles pour les aider à restaurer les documents de propriété foncière et d'identité qui étaient perdus ou endommagés par les violences de l'année dernière.

A plus long terme, il faut restaurer la communication et rétablir la confiance entre les communautés et les autorités en vue de la réconciliation et d'une paix durable. Nous œuvrons à la promotion du dialogue et de la coopération entre différents groupes via des activités et des projets menés conjointement. Le HCR se concentre également sur les besoins des personnes affectées en matière juridique et socio-économique, avec une attention particulière aux personnes vulnérables ou ayant des besoins spécifiques. Nous avons démarré des projets à impact rapide pour la réhabilitation de petites infrastructures, pour générer des revenus et consolider la paix.

Le HCR sollicite actuellement 5,4 millions de dollars auprès des pays donateurs pour mettre en œuvre ces activités. Nous avons reçu un peu plus de la moitié de la somme de 11,4 millions de dollars dont nous avons besoin pour notre travail au Kirghizistan cette année.

Les journalistes intéressés par la vidéo tournée au Kirghizistan (en anglais) peuvent la visionner ici http://unhcr.org/v-4df1cc736

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

  • A Bishkek, Kirghizistan : Natalia Prokopchuk, portable +996 77 598 4224
  • A Genève : Babar Baloch, portable +41 79 557 9106
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L'apatridie au Kirghizistan

Deux décennies après la désintégration de l'Union soviétique, des milliers de gens vivant dans d'anciennes Républiques soviétiques comme le Kirghizistan sont toujours confrontés à des problèmes de citoyenneté. Le HCR a recensé plus de 20 000 apatrides dans cette nation d'Asie centrale. Aucun pays ne reconnaît ces personnes comme ses ressortissants en vertu de sa législation. Si bon nombre d'entre eux relèvent en principe de la loi kirghize sur la citoyenneté, leur nationalité n'a pas été confirmée dans le cadre des procédures actuelles.

La plupart des apatrides vivant au Kirghizistan résident sur le territoire depuis de nombreuses années, ont de la famille proche dans le pays et sont bien intégrés, tant du point de vue social que culturel. Mais comme ils ne possèdent pas de documents d'identité, ils ne peuvent faire des choses que la plupart des gens tiennent pour acquises : remplir les formalités nécessaires pour se marier ou déclarer la naissance d'un enfant, voyager au Kirghizistan ou à l'étranger, toucher une pension de retraite ou des allocations sociales, ou encore posséder un bien. Ils sont plus exposés aux difficultés économiques, sont davantage touchés par le chômage et ne peuvent bénéficier pleinement du système public d'enseignement et de santé.

Depuis son accession à l'indépendance en 1991, le Kirghizistan a pris plusieurs mesures positives pour réduire et prévenir l'apatridie. En vertu de son mandat sur l'apatridie, le HCR prête son concours au pays, en dispensant des conseils sur la législation ou les pratiques, et en apportant une aide technique aux personnes chargées de résoudre les problèmes de citoyenneté. Les ONG partenaires de l'agence pour les réfugiés offrent une assistance juridique aux apatrides et les guident dans leurs démarches pour obtenir la nationalité.

Cependant, le problème de l'apatridie au Kirghizistan est complexe et des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se heurtent encore à des obstacles juridiques, administratifs et financiers lorsqu'elles cherchent à confirmer leur citoyenneté kirghize ou à obtenir la nationalité du pays. En 2009, avec le soutien du HCR, le gouvernement a adopté un plan d'action national pour prévenir et réduire l'apatridie. En 2011, l'organisation aidera les autorités à réviser le plan et à prendre des mesures concrètes pour le mettre en oeuvre. Tous les intervenants devront déployer un effort concerté, afin d'éviter que l'apatridie ne devienne un problème persistant, se transmettant de génération en génération.

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