Le chef du HCR demande de nouvelles mesures face au déplacement relatif au changement climatique

Communiqués de presse, 6 juin 2011

OSLO, Norvège Le monde a besoin de redéfinir d'urgence ses mécanismes de réponse aux catastrophes naturelles et aux déplacements de population, a indiqué le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres aujourd'hui, en exhortant les pays à adopter de nouvelles mesures pour faire face aux déplacements de population au sein d'un pays ou au-delà des frontières qui sont générés par le changement climatique.

António Guterres a lancé cet appel à Oslo lors de la Conférence Nansen sur le changement climatique et les déplacements de population au 21e siècle. Il a qualifié ce problème de « défi majeur pour notre époque ». Il a par ailleurs affirmé que « la communauté internationale a jusqu'ici manqué de volonté politique pour établir des mécanismes efficaces visant à ralentir le rythme du changement climatique. »

Cette réunion de deux jours est une première mondiale et elle rassemble d'éminents spécialistes pour étudier spécifiquement la composante des déplacements de population relatifs au changement climatique.

« La multiplication des indices démontre que les catastrophes naturelles augmentent en fréquence et en intensité et qu'elles sont liées à un processus à plus long terme en matière de changement climatique », a indiqué le Haut Commissaire, en faisant référence aux récentes catastrophes survenues au Japon, aux Philippines et au Pakistan. « Au même moment, il apparaît de plus en plus évident que les catastrophes naturelles et le changement climatique ne peuvent pas être considérés ou abordés indépendamment des effets combinés d'autres grandes tendances mondiales conditionnant l'avenir de notre planète et de sa population. »

Ces tendances l'explosion démographique, l'urbanisation galopante, le manque d'eau, l'insécurité énergétique, la crise alimentaire interagiront les unes avec les autres de façon accrue et engendreront le risque de rivalités et de conflits pour s'approprier des ressources naturelles peu abondantes. « En conséquence », a indiqué António Guterres, « nous pourrions également voir un nombre accru de personnes déplacées depuis une communauté, un pays ou un continent vers un autre. »

António Guterres a lancé une mise en garde sur les catastrophes à évolution lente, comme la sécheresse et la désertification, constituant « une menace grave sur la vie et les moyens d'existence de personnes au point qu'elles n'aient d'autre alternative que de quitter définitivement leur foyer. » Il a également annoncé que « les catastrophes naturelles déracineront des populations importantes en quelques heures, les forçant à fuir pour leur survie dans des conditions qui ressemblent aux mouvements de réfugiés. »

Il a toutefois souligné que la plupart des mouvements de population générés par le changement climatique se feront au sein même d'un pays. « La responsabilité première en incombera aux Etats concernés. J'encourage ces Etats à assurer que leurs mécanismes de réponse sont pleinement conformes avec les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l'intérieur de leur propre pays », a-t-il indiqué, en faisant référence à l'accord international sur la protection des personnes déplacées au sein de leur propre pays.

Il a également appelé les pays qui portent la principale responsabilité du changement climatique à établir « un programme de soutien massif aux pays les plus affectés, renforçant ainsi la résilience des communautés et la capacité des citoyens à s'adapter au processus du changement climatique. » Il a exhorté ces pays à faire évoluer leur mode de réponse aux situations d'urgence faisant suite à des catastrophes naturelles. « Les milliards de dollars dépensés ces dernières décennies durant les situations d'urgence n'ont d'évidence pas mené au renforcement durable des capacités locales et nationales. »

António Guterres a également lancé une mise en garde selon laquelle tous les déplacements de population relatifs au changement climatique ne se feront pas au sein d'un pays. Les personnes déracinées le seront davantage au-delà des frontières de leur pays et elles pourraient être dans l'incapacité de rentrer chez elles. Beaucoup parmi ces personnes, a-t-il indiqué, ne rempliront pas les conditions pour obtenir le statut de réfugié selon les termes de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

Pour y remédier, le Haut Commissaire a proposé l'élaboration d'un cadre directeur global pour les situations de déplacement transfrontalier induit par le changement climatique et les catastrophes naturelles. Ce cadre devrait prévoir des dispositions de protection temporaire ou provisoire pour les personnes qui fuient les catastrophes naturelles. Il a également suggéré d'invoquer les traités pertinents existants pour faire face à ce problème.

Par ailleurs, António Guterres a lancé un appel pour que des mesures soient prises concernant le sort des ressortissants des petits Etats insulaires, dont la vie, les moyens d'existence, la culture et l'identité sont mis en péril par l'élévation du niveau des océans et des mers. « La communauté internationale a le devoir d'appuyer ces Etats et leurs ressortissants non seulement par le biais de mesures préventives et correctrices mais également par le biais de programmes de migration méthodiques et équitables pour ceux qui courent les plus grands risques ainsi que par l'entremise de cadres juridiques novateurs pour que les autorités de l'Etat puissent préserver l'identité nationale. »

La Conférence Nansen sur le changement climatique et les déplacements de population au 21e siècle qui se tient du 5 au 7 juin 2011 est organisée par les Ministères norvégiens de l'environnement et des affaires étrangères pour célébrer le 150e anniversaire de Fritdjof Nansen, le premier Haut Commissaire pour les réfugiés sous l'égide de la Société des Nations.

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Le Haut Commissaire

M. António Guterres a rejoint, le 15 juin 2005, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, dont il est le 10ème Haut Commissaire.

Environnement

Découvrez comment le HCR et ses organisations partenaires tentent de réduire l'impact environnemental des opérations de réfugiés.

La crise continue au Nord-Kivu

Dans la province du Nord-Kivu en RDC (République démocratique du Congo), l'insécurité persiste et plus de 500 000 personnes sont des déplacés internes. Un grand nombre d'entre eux sont déplacés pour la deuxième ou la troisième fois consécutive. Le conflit armé, la persécution des populations civiles, les meurtres, les enlèvements, les abus sexuels et le recrutement forcé des enfants sont les motifs de déplacement. Les signalements de viols et de meurtres se comptent par milliers. Quelque 176 000 déplacés vivent dans le district de Masisi, y compris 49 000 d'entre eux accueillis dans 19 camps. Les conditions de vie sont précaires, des familles entières vivent dans des huttes de fortune comptant une pièce unique sans eau potable ni accès aux services essentiels. Le HCR est préoccupé par la situation sécuritaire, les conditions de vie et l'avenir de ces personnes déplacées. Même si quelque 36 000 personnes auparavant hébergées dans des camps au Nord-Kivu ont réussi à rentrer dans leurs villages d'origine en 2010, environ 72 000 personnes restent déplacées à ce jour.

Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

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Le défi du déplacement forcé en Afrique

L'Afrique est le continent le plus touché par la tragédie du déplacement forcé. Alors que des millions de réfugiés ont pu rentrer en Angola, au Burundi, au Libéria, au Rwanda et au Sud-Soudan ces quinze dernières années, le nombre des personnes déplacées internes a néanmoins continué de croître. Début 2009, en plus de quelque 2,3 millions de réfugiés, quelque 11,6 millions de personnes étaient considérées comme des déplacés internes suite à des conflits survenant dans toute l'Afrique.

Pour répondre au déplacement forcé sur le continent africain, l'Union africaine organise un sommet spécial sur les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées internes du 19 au 23 octobre à Kampala, la capitale ougandaise. Des chefs d'Etat et de gouvernement étudieront les défis et les moyens de trouver des solutions au déplacement forcé. Ils devraient également adopter une Convention pour la protection et l'assistance des personnes déplacées internes en Afrique, qui devrait être le premier instrument international juridique ayant force de loi en matière de déplacement interne et d'une portée continentale. Cette galerie de photos met en lumière la vie des déracinés de force vivant en Afrique, dont certains reçoivent une aide du HCR.

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Crise humanitaire silencieuse en République centrafricaine

Une crise humanitaire silencieuse a lieu au nord de la République centrafricaine, où au moins 295 000 personnes ont été forcées de quitter leurs maisons depuis mi-2005. Environ 197 000 personnes sont déplacées internes et quelque 98 000 autres ont trouvé refuge au Tchad, au Cameroun et au Soudan. Toutes sont victimes des combats entre des groupes rebelles et les forces gouvernementales.

Nombre des déplacés internes vivent dans la brousse, non loin de leurs villages. Ils y ont construit des abris de paille et d'herbe, ils cultivent des légumes et ils crééent même des écoles de brousse pour leurs enfants. Cependant, l'accès à l'eau potable et aux soins de santé demeure un vaste problème. De nombreux enfants souffrent de diarrhées et du paludisme, mais leurs parents ont trop peur de les emmener dans des hôpitaux ou des cliniques pour les faire soigner.

Des gardiens de troupeaux au nord de la République centrafricaine sont la proie des zaraguinas - des bandits qui enlèvent des enfants contre rançon. Les villageois sont alors contraints de vendre leur bétail pour pouvoir payer les rançons.

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