Le HCR craint de nouveaux déplacements dans la région d'Abyei au Soudan

Articles d'actualité, 31 mai 2011

© HCR
Carte du Soudan

GENÈVE, 31 mai (HCR) Le HCR a fait part de ses inquiétudes sur le nombre de déplacés qui pourrait s'accroître dans la région d'Abyei au Soudan suite à une récente éruption des combats.

La situation sécuritaire reste précaire après l'éruption des combats survenue il y a une semaine à Abyei, une ville revendiquée à la fois par les autorités du sud et du nord du Soudan.

Des employés du HCR ont constaté que la ville d'Abyei s'était vidée de sa population qui compte habituellement entre 50 000 et 55 000 habitants. Environ un tiers des tukuls (huttes traditionnelles) ont été réduites en cendres. Beaucoup d'autres ont été pillées ou détruites, et elles étaient dépourvues de toit, de porte ou de fenêtres. Des camions ont été vus transportant des objets pillés hors d'Abyei. De nombreux combattants étaient présents dans les rues et des échanges de tirs sporadiques étaient entendus lundi soir.

« L'équipe des Nations Unies [qui a mené cette visite la semaine dernière] a constaté un afflux de civils se dirigeant vers le sud et au-delà d'Agok », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève mardi. « Plusieurs villages situés juste au sud d'Abyei ont été brûlés. De nombreuses personnes disaient craindre une attaque imminente contre la ville d'Agok. »

A ce jour, 31 256 personnes déplacées ont déjà été enregistrées dans l'Etat de Warrap et 27 961 autres dans la ville d'Agok qui fait partie de la circonscription d'Abyei. De plus petits nombres de déplacés se trouveraient également dans les Etats voisins au sud-ouest d'Abyei. Des familles ont par ailleurs été séparées durant les violences.

« A Agok, des personnes déplacées nous ont indiqué que de nombreux civils s'étaient cachés dans la brousse pour éviter d'être pris au piège dans les combats », a indiqué Adrian Edwards. Des personnes déplacées vivent avec leurs proches mais la majorité n'ont pas de parents pouvant les accueillir et ils ont besoin d'urgence de nourriture, d'abri, de vêtements et d'autres articles de secours.

« Des équipes d'évaluation essayent actuellement d'accéder à des zones isolées à cause de l'insécurité et de fortes pluies », a indiqué le porte-parole du HCR.

L'agence pour les réfugiés et ses partenaires essayent actuellement de localiser les personnes déplacées dans la région et d'identifier les plus vulnérables d'entre elles. Des membres du personnel du HCR ont assuré une aide psychologique aux personnes traumatisées et prévoient de transporter celles qui ne peuvent pas marcher pour rejoindre des lieux plus sûrs où elles pourront recevoir une aide.

Les agences humanitaires distribuent des articles de secours à partir de leur stock mais une livraison de matériel humanitaire supplémentaire est actuellement retardée du fait de l'insécurité dans la région. Avant les récents troubles, Abyei était une ville clé sur la principale route de transport de l'aide humanitaire depuis le nord vers des centaines de milliers de Soudanais auparavant déplacés et récemment rentrés dans le sud du pays.

Par Fatoumata Lejeune-Kaba à Genève

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L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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La plupart des réfugiés, notamment les enfants et les personnes âgées, sont arrivés très affaiblis dans les camps. Or, les pluies incessantes ont tendance à exacerber la situation, les flaques d'eau se transformant vite en foyer d'incubation de moustiques porteurs du paludisme. Qui plus est, un simple rhume suffit pour que l'état de malnutrition modérée dont souffrent les enfants et personnes âgées se transforme en malnutrition sévère.

C'est dans le camp de Yusuf Batil, dans le Comté de Maban, que la situation se fait la plus critique puisque 15 % des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition aiguë.

Le HCR et ses partenaires font tout leur possible pour prévenir et lutter contre la maladie. Dans le camp de Yusuf Batil, 200 professionnels de la santé des communautés vont de foyer en foyer afin d'enseigner aux réfugiés les règles d'hygiène de base, telles que la nécessité de se laver les mains ou encore comment reconnaître les signes de maladie. S'ils en ont besoin, les enfants reçoivent des aliments nutritifs tels que des Plumpy'nut. Un hôpital spécialisé dans le traitement de patients atteints du choléra a d'ailleurs ouvert ses portes. Parallèlement, des moustiquaires ont été distribuées dans tous les camps à des fins de prévention du paludisme.

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