Premiers convois de retour organisé pour les déplacés dans l'est du Tchad

Points de presse, 27 mai 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 27 mai 2011 au Palais des Nations à Genève.

Dans l'est du Tchad, le HCR a commencé à aider des personnes déplacées internes à rentrer dans leurs villages dans un contexte de sécurité améliorée dans la région. Depuis samedi, nous avons organisé des convois de retour pour plus de 500 passagers, dont un est parti ce matin.

Ces mouvements se déroulent dans les régions de Dar Sila et d'Assoungha à l'est du Tchad (et plus particulièrement, dans les zones de Koukou et Farchana) qui se situent à la frontière de la région de l'ouest du Darfour au Soudan. La plupart des déplacés internes ont fui les violences interethniques en 2005 et 2006, lorsque le conflit du Darfour encore en proie à des troubles s'est étendu à leur pays. Des communautés entières avaient eu leurs villages brûlés et leurs terres et leurs cultures détruites.

A ce jour, parmi 130 000 déplacés tchadiens, plus de 14 000 d'entre eux ont signé pour un retour dans les deux régions. Alors que davantage d'entre eux continuent de s'enregistrer, nous prévoyons d'organiser un convoi tous les deux jours. Environ 50 000 retours spontanés ont également été observés l'année dernière, des villageois étant rentrés par leurs propres moyens.

Le manque de perspectives socio-économiques est le principal obstacle aux retours à grande échelle. Certains des déplacés indiquent qu'ils hésitent encore et qu'ils préfèrent rester où ils se trouvent ou être transférés vers d'autres régions. Dans certaines zones qui ne sont « pas jugées propices pour le retour », le HCR n'organise pas de convois. Toutefois des retours spontanés continuent, avec des déplacés qui louent des camions qui les ramènent dans leurs villages. Le HCR leur apportera le même kit d'assistance comprenant notamment des articles ménagers.

La signature d'un accord de normalisation entre le Tchad et le Soudan en janvier 2010 suivie du déploiement des forces conjointes du Tchad et du Soudan, deux mois après, ont considérablement amélioré la sécurité le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan où il y avait souvent des activités rebelles, des actes de banditisme et des attaques contre des civils.

Le HCR mène également des interventions à long terme dans des villages situés le long de la route principale où la plupart des retours ont lieu, y compris la construction d'abris ainsi que des initiatives pour la résolution des conflits, la promotion des droits humains et le suivi de la protection.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

  • A N'djamena, Tchad : Delphine Marie +235 66 38 51 95
  • A Genève : Fatoumata Lejeune-Kaba, portable +41 79 249 3483
  • Cécile Pouilly, Genève, portable +41 79 217 31 01
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Dans cette zone inhospitalière, l'accès aux réfugiés est difficile. Le personnel de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés doit sillonner la région des jours durant pour les localiser. Les bombardements sur la zone frontalière et les raids transfrontaliers des milices soudanaises mettent ces réfugiés en danger et soulignent l'urgente nécessité de les transférer dans des camps à l'intérieur du pays. De plus, la saison des pluies qui débute en mai rend la circulation impraticable sur les pistes sablonneuses. Les travailleurs humanitaires sont lancés dans une course contre la montre pour apporter un secours d'urgence à ces réfugiés.

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L'UNHCR et ses partenaires continuent de former et de rémunérer les instituteurs au sein des 12 camps de réfugiés, assurant ainsi une éducation de qualité aux enfants réfugiés. Les ONG partenaires entretiennent les écoles et fournissent les uniformes aux écoliers. L'UNICEF distribue des livres, des cahiers et des fournitures. En août 2007, l'UNHCR, l'UNICEF et le Ministère de l'éducation tchadien ont travaillé conjointement pour améliorer l'éducation des Soudanais déracinés par le conflit au Darfour.

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Quelque 7 000 personnes se sont rassemblées aux alentours de Goz Beida, où elles ont trouvé abri sous des arbres ou ailleurs. L'UNHCR distribuera des articles de secours dès que la situation sécuritaire le permettra. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déjà distribué des bâches en plastique, des matelas, des couvertures et des médicaments aux déplacés internes nouvellement arrivés dans le camp de Habila. L'agence recherche actuellement un site temporaire pour accueillir les nouveaux arrivants et entre temps va augmenter le nombre de points d'eau dans le camp de Habila.

La détérioration de la situation sécuritaire dans la région est extrêmement préoccupante, ainsi que ses conséquences sur les opérations de l'UNHCR pour aider les déplacés internes et les réfugiés. Il y a 90 000 déplacés internes au Tchad, ainsi que 218 000 réfugiés originaires du Darfour présents dans 12 camps de l'est du Tchad.

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