Situation humanitaire difficile malgré une amélioration de la sécurité en Côte d'Ivoire

Points de presse, 3 mai 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 3 mai 2011 au Palais des Nations à Genève.

La situation humanitaire en Côte d'Ivoire reste alarmante pour des dizaines de milliers de civils, malgré l'amélioration de la sécurité à travers le pays. Alors que nos équipes viennent en aide à davantage de déplacés, les besoins sont très importants.

A Abidjan et ses environs, le personnel du HCR a de nouveau accès aux personnes déplacées que nous aidions avant de suspendre nos opérations du fait des combats. Le nombre de déplacés que nous avions enregistrés dans 31 sites est passé de 35 000 fin mars à 14 000 la semaine dernière. Les conditions de vie sont extrêmement précaires car les personnes sont restées des semaines sans suffisamment de vivres. Dans un site à Abobo Avocatier, un prêtre nous a expliqué que quatre déplacés étaient décédés à cause du stress. L'un d'entre eux était un adolescent de 14 ans.

Dans le nord-ouest et le centre-ouest de la Côte d'Ivoire, nos collègues ont accédé à des milliers de personnes qui avaient fui entre fin mars et début avril. Ils ont rendu visite à des déplacés dans au moins 15 localités et ont découvert que quasiment tous vivaient chez des familles d'accueil dont les ressources s'épuisent. Ils ne s'alimentent qu'une fois par jour.

La plupart des personnes nous indiquent qu'elles souhaitent rentrer dès que possible dans leur village d'origine. Cependant, dans de nombreux cas, les maisons et les villages ont été partiellement ou complètement détruits, et les personnes sont traumatisées. Dans certaines villes, les habitants vont se cacher la nuit.

A Duékoué, les conditions humanitaires s'améliorent peu à peu avec le retour des agences humanitaires. Cependant, les bâtiments de l'église catholique restent bondés avec environ 27 000 déplacés. Le HCR a repris le travail de préparation d'un site de camp dans le village de Nihably, que nous espérons ouvrir d'ici deux semaines pour décongestionner les locaux de l'église. Nous prévoyons de transférer un premier groupe de 8 000 personnes qui ne peuvent pas retourner dans leurs villages d'origine. Nous agrandirons le camp pour héberger 7 000 personnes supplémentaires si besoin.

Environ 650 familles déplacées se trouvant dans l'église catholique se sont inscrites pour un retour immédiat. La moitié d'entre elles sont originaires de la ville même de Duékoué et les autres des zones situées le long de la route de Bangolo, à 37 kilomètres. Alors que certaines familles ont réussi à rentrer par leurs propres moyens, d'autres attendent la reconstruction de leur maison et la restauration de la sécurité.

Le HCR compte, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, 30 employés qui travaillent à aider les déplacés. Nous avons déjà porté assistance à 43 000 personnes en leur distribuant du matériel d'abri et des articles domestiques. La semaine dernière, nous avons reçu 32 chargements de stock supplémentaires provenant de nos entrepôts au Libéria pour aider 25 000 autres déplacés dans la région.

Le HCR se félicite de l'amélioration de la sécurité à travers la Côte d'Ivoire, qui nous permet de nous déplacer librement et de venir en aide aux déplacés. Toutefois nous sommes préoccupés par le nombre important de barrages routiers tenus par des hommes armés. Sur la route entre Abidjan et Man par exemple, nous avons compté 28 barrages routiers durant une évaluation de la sécurité il y a une semaine. Nous lançons un appel pressant au Gouvernement ivoirien pour réduire le nombre de ces barrages routiers, qui pourraient effrayer les personnes qui souhaitent retourner dans leur village d'origine. Nous appelons également le gouvernement à rassurer la population civile en accélérant les efforts pour rétablir la présence des autorités locales.

On compte toujours environ 200 000 déplacés dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Par ailleurs, 177 500 Ivoiriens sont enregistrés en tant que réfugiés dans 13 pays d'Afrique de l'Ouest, y compris près de 160 000 au Libéria où ils continuent d'arriver au rythme d'environ 250 personnes par jour. Le Ghana et le Togo voient également une augmentation du nombre d'arrivées depuis la capture de l'ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo le 11 avril dernier. Un nombre croissant d'entre eux sont de jeunes partisans de Gbagbo qui disent avoir fui par crainte de représailles.

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Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Côte d'Ivoire : Fuir en quête d'un refuge

Le HCR a exprimé son inquiétude croissante pour les civils pris au piège dans le quartier d'Abobo à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, après plusieurs jours de combats violents opposant l'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), alliée à Alassane Ouattara, et les forces du président sortant Laurent Gbagbo. Les perspectives restent sombres. Le quartier d'Abobo comptait 1,5 million d'habitants et beaucoup d'entre eux ont fui. Mais des groupes armés auraient empêché d'autres habitants de quitter le quartier. Le HCR est particulièrement préoccupé pour les personnes vulnérables, comme les malades et les personnes âgées, qui ne peuvent pas partir.

Au total, près de 70 000 réfugiés ivoiriens ont déjà fui vers l'est du Libéria depuis l'élection présidentielle de fin novembre.

Côte d'Ivoire : Fuir en quête d'un refuge

Nouveaux afflux de réfugiés ivoiriens au Libéria

Fin mars, plus de 100 000 réfugiés ivoiriens avaient franchi la frontière vers l'est du Libéria depuis que les tensions politiques latentes liées aux élections présidentielles controversées en Côte d'Ivoire voisine ont tourné à la violence en février. La majorité d'entre eux sont allés vers le département de Nimba au Libéria mais, signe que les combats se sont déplacés, quelque 6 000 Ivoiriens ont récemment traversé la frontière vers le département de Grand Gedeh. La plupart des nouveaux arrivants se sont installés dans des villages reculés - certains inaccessibles en voiture. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a envoyé une mission pour évaluer les besoins des réfugiés dans la région.

La photographe Glenna Gordon a photographié les nouveaux arrivants près de Zwedru dans le sud-est du Libéria.

Nouveaux afflux de réfugiés ivoiriens au Libéria

Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

Long voyage de retour vers Tombouctou

Libéria : Aide d'un pays voisinPlay video

Libéria : Aide d'un pays voisin

Alphonse Gongleba a fui vers le Libéria avec sa famille il y a quelques mois. Il apprécie l'aide qu'il reçoit dans ce pays, voisin de sa Côte d'Ivoire natale.
Libéria : Un afflux massifPlay video

Libéria : Un afflux massif

Plus de 25 000 civils ivoiriens ont fui en quête de sécurité au Libéria. Le HCR aide les communautés locales à faire face.