Libye : Des milliers de personnes fuient en Tunisie ; des bateaux arrivent en Italie

Points de presse, 3 mai 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 3 mai 2011 au Palais des Nations à Genève.

L'exode vers la Tunisie depuis la région des Montagnes de l'Ouest en Libye a repris après une brève interruption la semaine dernière causée par des accrochages entre le Gouvernement libyen et les forces d'opposition. Ce week-end, plus de 8 000 personnes, des Berbères pour la plupart, sont arrivés à Dehiba dans le sud de la Tunisie. La plupart sont des femmes et des enfants.

Leur situation est rendue encore plus difficile du fait d'une violente tempête de sable qui a balayé la région. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour la remise en état des camps situés dans cette zone. La tempête y a détruit des centaines de tentes et deux entrepôts mobiles.

Le contrôle du point de passage frontière de Dehiba a changé de mains la semaine dernière, quand les combats entre les forces gouvernementales et d'opposition ont débordé sur le territoire tunisien. Actuellement, le point de passage frontière est sous contrôle des forces d'opposition. Les habitants de la ville de Dehiba ont fait part de leur inquiétude sur les activités militaires survenant du côté tunisien de la frontière et ils craignent de nouveaux accrochages. Le HCR donnera des tentes aux autorités locales si celles-ci devaient avoir besoin pour transférer des familles hors de la zone frontalière.

La plubart des réfugiés libyens quittent la Libye par groupes tribaux. Un grand nombre choisit l'hébergement dans des camps pendant quelques jours avant de rejoindre des familles d'accueil tunisiennes. Le HCR et ses partenaires, y compris le Programme alimentaire mondial et d'autres agences, prévoient de distribuer une aide alimentaire et du matériel humanitaire aux réfugiés et à leurs familles hôtes.

Parallèlement, davantage de personnes fuient la Libye par la mer vers l'Italie, après une interruption de 10 jours due au mauvaises conditions météorologiques. Quelque 3 200 personnes sont arrivées à Lampedusa ces cinq derniers jours, la plupart d'entre eux sont originaires de l'Afrique sub-saharienne. Le nombre des arrivants à Lampedusa depuis la Libye s'élève désormais à plus de 8 100 personnes depuis le 26 mars. Par ailleurs, 1 132 personnes sont arrivées à Malte par bateaux depuis la Libye à la mi-avril.

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Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

De février à octobre 2011, plus d'un million de personnes ayant fui le conflit libyen sont arrivées en Tunisie. Il s'agissait en général de travailleurs migrants ayant regagné leur pays d'origine par leurs propres moyens ou ayant été rapatriés. Parmi les arrivants se trouvaient néanmoins des réfugiés ou des demandeurs d'asile ne pouvant ni retourner chez eux ni vivre librement en Tunisie.

Le HCR fait son possible pour trouver des solutions pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui, pour la plupart, ont abouti au camp de transit de Choucha, près de la frontière libyenne. La réinstallation est la formule la plus appropriée pour ceux qui ont été enregistrés à Choucha en tant que réfugiés avant la date butoir du 1er décembre 2011.

À la fin avril, 14 pays avaient accepté d'accueillir 2349 réfugiés pour une réinstallation, dont 1331 ont d'ores et déjà quitté la Tunisie, les autres devant le faire dans le courant de l'année. Pour une majorité d'entre eux, les pays d'accueil seront l'Australie, la Norvège ou les États-Unis d'Amérique. Cependant il reste au camp de Choucha plus de 2600 réfugiés et près de 140 demandeurs d'asile. Le HCR continue de solliciter les pays pour une réinstallation des réfugiés.

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

La Libye aux prises avec les déplacements

Après les bouleversements de 2011 en Libye, le nouveau gouvernement se heurte à de sérieux obstacles pour faire avancer le pays après quarante ans de domination sans partage de Mouammar Kadhafi. L'une des tâches des responsables sera de trouver une solution pour les dizaines de milliers de déplacés internes. Certains attendent que leur maison soit réparée ou reconstruite, mais beaucoup d'autres ont été obligés de fuir leur ville ou village en raison de leur soutien présumé à Kadhafi et des crimes qu'ils sont soupçonnés d'avoir commis pendant le conflit. Parallèlement, des personnes en nombre croissant, notamment des réfugiés et des demandeurs d'asile, arrivent en Libye depuis l'Afrique subsaharienne par des routes migratoires mixtes très fréquentées. Certains individus sont arrêtés comme immigrants clandestins, même si beaucoup relèvent de la compétence du HCR. D'autres ont pris le risque de s'embarquer pour la dangereuse traversée en mer vers l'Europe méridionale.

La Libye aux prises avec les déplacements

Angelina Jolie auprès des boat people à Malte et à Lampedusa

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie a rejoint le chef du HCR António Guterres sur l'île italienne de Lampedusa, pour y rencontrer des boat people ayant fui l'instabilité en Afrique du Nord.

Plus de 40 000 personnes, y compris des réfugiés et des demandeurs d'asile, ont traversé la mer Méditerranée à bord de bateaux bondés et ont débarqué sur la petite île de Lampedusa depuis le début de l'année.

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR se trouvait auparavant à Malte, où arrivent également des personnes ayant fui l'Afrique du Nord par la mer.

Angelina Jolie auprès des boat people à Malte et à Lampedusa

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La guerre civile se termine en Libye, mais les ressortissants d'Afrique subsaharienne craignent des représailles.
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L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie et le chef du HCR António Guterres se sont rendus compte par eux-mêmes des conditions de promiscuité pour les migrants, y compris des réfugiés, à Lampedusa.
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Tunisie : réfugiés libyens

Le mois dernier, plus de 50 000 personnes, des Berbères pour la plupart, ont traversé la frontière à Dehiba depuis la Libye vers la Tunisie. Certaines d'entre elles expliquent pourquoi elles ont fui la Libye.