Les Libyens fuient les combats dans l'ouest de la Tunisie

Points de presse, 19 avril 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 19 avril 2011 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR voit un nombre croissant de réfugiés libyens arrivant en Tunisie depuis la région des Montagnes de l'Ouest en Libye. Ce week-end, quelque 6 000 ressortissants libyens sont arrivés dans la zone de Dehiba au sud de la Tunisie, où se trouveraient désormais quelque 10 000 Libyens arrivés ces 10 derniers jours.

La plupart des arrivants sont des familles berbères originaires de la ville de Nalut, à quelque 50 kilomètres de la frontière tunisienne. Ils ont indiqué au personnel du HCR présent sur place que la région des Montagnes de l'Ouest est effectivement assiégée par les forces gouvernementales depuis un mois et que la pression sur la population civile s'accroît de jour en jour. Un grand nombre des nouveaux arrivants ont expliqué avoir fui leurs maisons par crainte des combats et des bombardements qui ont significativement augmenté ce week-end. Le conflit se rapprocherait désormais de Nalut. Depuis Dehiba en Tunisie, on apercevait lundi des colonnes de fumée noire et on entendait de violentes explosions survenant à l'intérieur de la Libye.

Des réfugiés ont également indiqué à l'équipe du HCR que leur trajet en voiture avait duré quatre à cinq heures via des routes sinueuses en montagne, avant d'avoir retrouvé la sécurité en Tunisie. En temps normal, rejoindre la Tunisie depuis Nalut prend moins d'une heure. Une fois arrivés en Tunisie, ces réfugiés approchent les autorités au point de passage frontière officiel de Dehiba pour enregistrer leur entrée et légaliser leur séjour.

La ville frontalière de Dehiba abrite désormais des réfugiés libyens et le nombre des voitures libyennes a triplé ces derniers jours. La plupart des familles nouvellement arrivées (la taille moyenne des familles est de six personnes) ont trouvé abri dans les communautés locales ou au sein de familles d'accueil. D'autres sont hébergées dans des bâtiments publics et dans l'un des trois camps établis par les autorités locales, le Croissant-Rouge des Emirats arabes unis et le HCR.

Ce matin, notre camp de Remada abritait près de 1 000 personnes et davantage de tentes sont montées pour répondre au besoin croissant en matière d'abri. La distribution d'eau potable, des latrines, des douches et l'électricité ont été installés.

Parallèlement, à Benghazi dans l'est de la Libye, parmi des centaines de passagers ayant débarqué d'un bateau arrivé de Misrata, se trouvait un groupe de 22 familles iraquiennes des réfugiés et des demandeurs d'asile qui ont décrit à notre équipe la situation terrifiante qui règne actuellement à Misrata avec des tirs de roquettes et des bombardements frappant régulièrement les quartiers résidentiels de la ville.

Les Iraquiens ont rendu hommage aux communautés libyennes qui ont partagé avec eux leur nourriture, l'eau et qui les ont hébergés dans leurs maisons durant plusieurs semaines. La plupart d'entre eux ont été également accompagnés par des Libyens au port pour prendre le bateau qui les emmènerait vers la sécurité, et ce au milieu des bombardements. Les Iraquiens ont également affirmé qu'ils ne voulaient pas quitter leurs hôtes libyens. Toutefois la situation s'est dégradée au point qu'ils ont finalement dû quitter Misrata. Ils sont extrêmement inquiets de l'impact de ce nouveau conflit sur leurs enfants.

A Benghazi, les autorités locales ont enregistré quelque 35 000 personnes déplacées internes. Nous estimons que leur nombre approche les 100 000 alors que de nombreux résidents de la ville voisine d'Ajdabiyya auraient fui vers Benghazi. La plupart des déplacés internes libyens sont hébergés au sein de familles d'accueil. Quelque 6 000 d'entre eux vivent dans plusieurs sites au milieu de la ville. De nouveaux groupes de déplacés ont été identifiés le long de la côte depuis Benghazi vers Tobrouk. Nous envoyons une équipe cette semaine pour fournir de l'assistance à ces personnes déplacées.

L'augmentation récente du nombre des réfugiés et d'autres personnes déplacées par les combats en Libye sollicite encore davantage les agences humanitaires, qui sont confrontées à une pénurie de fonds. Au vu de l'enlisement de la crise en Libye, à défaut de fonds immédiatement débloqués, certains programmes de protection et d'assistance devront être réduits le long des zones frontalières et à l'intérieur de la Libye.

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Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

De février à octobre 2011, plus d'un million de personnes ayant fui le conflit libyen sont arrivées en Tunisie. Il s'agissait en général de travailleurs migrants ayant regagné leur pays d'origine par leurs propres moyens ou ayant été rapatriés. Parmi les arrivants se trouvaient néanmoins des réfugiés ou des demandeurs d'asile ne pouvant ni retourner chez eux ni vivre librement en Tunisie.

Le HCR fait son possible pour trouver des solutions pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui, pour la plupart, ont abouti au camp de transit de Choucha, près de la frontière libyenne. La réinstallation est la formule la plus appropriée pour ceux qui ont été enregistrés à Choucha en tant que réfugiés avant la date butoir du 1er décembre 2011.

À la fin avril, 14 pays avaient accepté d'accueillir 2349 réfugiés pour une réinstallation, dont 1331 ont d'ores et déjà quitté la Tunisie, les autres devant le faire dans le courant de l'année. Pour une majorité d'entre eux, les pays d'accueil seront l'Australie, la Norvège ou les États-Unis d'Amérique. Cependant il reste au camp de Choucha plus de 2600 réfugiés et près de 140 demandeurs d'asile. Le HCR continue de solliciter les pays pour une réinstallation des réfugiés.

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

À la frontière : bloqués à Saloum

Suite à l'éclatement de violence en Libye au mois de février 2011, des dizaines de milliers de personnes ont afflué en Égypte, au poste frontalier de Saloum. Si la plupart d'entre eux étaient égyptiens, près de 40 000 ressortissants de pays tiers se sont également présentés à la frontière où ils ont dû attendre leur rapatriement. Aujourd'hui, alors que cela fait déjà plusieurs mois que l'actualité sur cette région ne fait plus la une, plus de 2 000 personnes y vivent toujours. Composé principalement de jeunes Soudanais célibataires, ce groupe compte également des femmes, des enfants, des malades et des personnes âgées, qui attendent qu'une solution leur soit trouvée. Même si la vaste majorité d'entre eux seront sans doute réinstallés dans des pays tiers, cela ne sera ni le cas de ceux arrivés après octobre ni de ceux qui se sont vu refuser le statut de réfugié. Du côté égyptien de la frontière, les conditions de vie sont difficiles. Un terrain a été choisi pour accueillir un nouveau camp. Travaillant en étroite collaboration avec les autorités frontalières, le HCR joue un rôle vital en apportant protection et assistance aux réfugiés.

À la frontière : bloqués à Saloum

La Libye aux prises avec les déplacements

Après les bouleversements de 2011 en Libye, le nouveau gouvernement se heurte à de sérieux obstacles pour faire avancer le pays après quarante ans de domination sans partage de Mouammar Kadhafi. L'une des tâches des responsables sera de trouver une solution pour les dizaines de milliers de déplacés internes. Certains attendent que leur maison soit réparée ou reconstruite, mais beaucoup d'autres ont été obligés de fuir leur ville ou village en raison de leur soutien présumé à Kadhafi et des crimes qu'ils sont soupçonnés d'avoir commis pendant le conflit. Parallèlement, des personnes en nombre croissant, notamment des réfugiés et des demandeurs d'asile, arrivent en Libye depuis l'Afrique subsaharienne par des routes migratoires mixtes très fréquentées. Certains individus sont arrêtés comme immigrants clandestins, même si beaucoup relèvent de la compétence du HCR. D'autres ont pris le risque de s'embarquer pour la dangereuse traversée en mer vers l'Europe méridionale.

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La guerre civile se termine en Libye, mais les ressortissants d'Afrique subsaharienne craignent des représailles.
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Le mois dernier, plus de 50 000 personnes, des Berbères pour la plupart, ont traversé la frontière à Dehiba depuis la Libye vers la Tunisie. Certaines d'entre elles expliquent pourquoi elles ont fui la Libye.
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Un navire italien de la police douanière et financière, opérant habituellement contre les trafiquants de drogue, arrive sur l'île de Lampedusa avec un groupe de personnes secourues en mer après avoir fui la Libye.