Les activités du HCR en Libye et dans les pays voisins mises en péril par la pénurie de fonds

Points de presse, 15 avril 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 15 avril 2011 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est confronté à un manque critique de financement pour ses opérations en Libye et dans les pays voisins. Si les pays donateurs n'engagent pas des fonds rapidement, cette pénurie de fonds aura probablement des conséquences sur l'assistance humanitaire vitale à des dizaines de milliers de personnes déplacées par les récents combats.

Le HCR avait publié un appel de fonds d'un montant de plus de 68,5 millions de dollars pour financer les trois premiers mois de son opération d'urgence prévue pour durer quatre mois. Jusqu'ici, nous avons reçu la somme de 39,4 millions de dollars, dont la totalité a été dépensée ou engagée. Nous appelons les pays donateurs à combler d'urgence cette pénurie de fonds.

Sur les fonds déjà reçus, 18,4 millions de dollars ont servi à financer le programme conjoint du HCR et de l'OIM pour l'évacuation humanitaire de plus de 100 000 ressortissants de pays tiers depuis l'Egypte et la Tunisie. Par ailleurs, plusieurs millions de dollars ont été dépensés pour acheminer via un pont aérien du matériel de secours vers la Tunisie et l'Egypte, pour offrir un abri et assurer une protection à des dizaines de milliers de personnes attendant d'être évacuées, pour acheminer régulièrement par camion des articles de secours vers la Libye et pour assurer une aide financière aux réfugiés et à d'autres groupes vulnérables en Libye. En Libye, le HCR a identifié la nécessité d'étendre ses activités afin de fournir une assistance à des dizaines de milliers de personnes déplacées et des milliers de réfugiés qui dépendent de l'agence pour les réfugiés afin de recevoir une aide.

Le HCR dispose à Tripoli d'une petite équipe d'employés nationaux, qui fait de son mieux pour offrir une assistance aux réfugiés et aux demandeurs d'asile enregistrés auprès du HCR. Nous considérons que les besoins humanitaires dans l'ouest de la Libye sont significatifs. Le HCR et ses partenaires sont prêts à offrir une assistance humanitaire dans l'ouest du pays si et quand la permission sera accordée par le gouvernement.

Nous avons déployé une équipe d'urgence en mission à Tobrouk et à Benghazi dans l'est de la Libye dans le cadre d'une équipe interagence. Les autorités locales ont identifié plus de 35 000 personnes déplacées, la plupart depuis Ajdabiyya et d'autres sont originaires de Brega. Elles indiquent que le nombre total des déplacés avoisinerait plutôt les 100 000. En effet, la population d'Ajdabiyya compte habituellement 120 000 personnes et la ville s'est quasiment vidée de ses habitants. Quelques milliers de personnes ont rejoint l'Egypte, mais la majorité des déplacés se trouvent à Benghazi et à Tobrouk. Selon les autorités, leur quotidien est quasiment assuré, et ce grâce à la générosité de la communauté locale. Toutefois, des signes de tension apparaissent du fait de la dégradation de la situation économique. Ces difficultés sont encore aggravées par le fait que les salaires des fonctionnaires n'ont pas été versés depuis deux mois. Selon les autorités locales, de plus en plus de déplacés les contactent chaque jour pour demander une assistance.

Il est vital que nos opérations menées actuellement en Egypte et en Tunisie reçoivent un financement, pour que nous puissions continuer à soutenir les gouvernements de ces deux pays afin qu'ils gardent leurs frontières ouvertes à toutes les personnes fuyant le conflit.

En Tunisie, le HCR a besoin d'urgence de fonds pour répondre à l'afflux récent vers la Tunisie de Libyens ayant fui les combats dans la région des Montagnes de l'Ouest. Selon les autorités frontalières tunisiennes du point de passage frontière de Dehiba, quelque 1 620 Libyens ont traversé la frontière durant la seule journée de mercredi. Plus de 3 000 personnes au total ont traversé la frontière cette semaine pour rejoindre cette zone. A 47 kilomètres à l'ouest, dans la ville de Remada, le HCR a établi un camp où environ 350 personnes sont désormais hébergées. La plupart des familles libyennes ayant traversé la frontière dans cette région sont hébergées par des familles de la communauté locale ou dans des centres de jeunesse à Tataouine. Un hôtel assure également l'hébergement gratuit. Des Bédouins libyens ont traversé la frontière avec leur bétail qui est pris en charge par des familles tunisiennes.

Parallèlement, quelque 8 000 personnes sont accueillies dans des camps situés près du point de passage frontière de Ras Adjir entre la Tunisie et la Libye. Un tiers de la population est composé de réfugiés somaliens et érythréens qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays d'origine et pour lesquels d'autres options doivent être examinées.

De plus, nous avons besoin de fonds pour venir en aide aux communautés locales dans et autour de Ras Adjir, Dehiba, Remada et Tataouine, ainsi que dans d'autres régions où la communauté locale offre une assistance aux personnes fuyant les violences en Libye.

Parallèlement, en Egypte, le personnel du HCR s'apprête à débuter une évaluation des besoins des Libyens vivant à Marsa Matrouh, une ville située à environ 200 kilomètres de la frontière entre l'Egypte et la Libye. On compte par ailleurs plus de 1 000 personnes bloquées à la frontière, y compris 567 réfugiés et demandeurs d'asile. Selon les autorités frontalières, alors que les Libyens continuent à fuir la Libye au rythme de plus de 2 000 personnes par jour, quelque 1 000 Libyens rentrent également dans leur pays depuis l'Egypte chaque jour.

Au 13 avril, 513 129 personnes ont fui le conflit en Libye. Ce chiffre comprend 209 173 personnes ayant rejoint l'Egypte (84 419 Egyptiens, 63 747 Libyens et 61 007 ressortissants d'autres pays), 245 009 ayant rejoint la Tunisie (20 617 Tunisiens, 57 221 Libyens et 167 171 ressortissants d'autres pays), 33 615 vers le Niger (31 066 Nigériens et 2 549 ressortissants d'autres pays), 14 126 vers l'Algérie (1 078 Algériens, 3 599 Libyens et 9 449 ressortissants d'autres pays), 6 219 vers le Tchad (6 113 Tchadiens et 106 ressortissants d'autres pays), 1 372 vers l'Italie, 815 vers Malte et 2 800 vers le Soudan.

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Donateurs

Les gouvernements, les organisations et les particuliers qui financent les activités du HCR.

Rentrer chez soi

Depuis deux semaines, le HCR travaille avec le Gouvernement tunisien, le Croissant-Rouge tunisien et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour répondre aux conséquences de l'afflux massif de plus de 90 000 personnes qui ont fui les violences en Libye. La plupart sont des travailleurs migrants originaires de l'Égypte, de la Tunisie, du Bangladesh, de la Chine, de la Thaïlande et du Viet Nam. Des dizaines de milliers de ces personnes sont rentrées chez elles par avion, à la suite d'un appel du HCR et de l'OIM aux gouvernements pour mettre en oeuvre un pont aérien et les rapatrier.

Rentrer chez soi

Une foule dense à la frontière tunisienne

À la frontière entre la Libye et la Tunisie, une foule dense de plusieurs milliers de personnes attendant avec angoisse de quitter l'insécurité de la Libye s'est rassemblée dans un no man's land, du côté libyen de la frontière, le 2 mars 2011. Il s'agissait pour la plupart de jeunes hommes et principalement de travailleurs migrants originaires de Tunisie et d'Égypte. Ils cherchaient désespérément à rentrer dans leur pays d'origine ou à trouver un refuge et la sécurité en Tunisie. Après plusieurs nuits passées à la belle étoile, beaucoup étaient épuisés et affamés. Alors que la foule se pressait en direction du poste frontière, plusieurs individus ont été blessés. Le Croissant-Rouge tunisien a dispensé des soins médicaux à ceux qui en avaient besoin. Des employés du HCR se trouvaient également du côté tunisien de la frontière, en appui aux autorités tunisiennes et aux organisations humanitaires.

Une foule dense à la frontière tunisienne

Attente à la frontière égyptienne

Trois semaines après l'éruption de violence en Libye qui a provoqué des déplacements de population, des milliers de personnes sont toujours bloquées à la frontière égyptienne dans l'attente du retour vers leur pays d'origine. Beaucoup sont arrivés épuisés après avoir voyagé pendant des jours sans nourriture ni eau en quantité suffisante. Certains ont livré des récits poignants d'hommes armés faisant du porte à porte de nuit, forçant des Africains sub-sahariens à partir après avoir détruit leurs papiers d'identité et pris leur argent.

Des vols long-courriers supplémentaires vers le Bangladesh et d'autres pays asiatiques sont nécessaires afin de décongestionner la frontière, bien que les ressortissants érythréens et somaliens ne puissent rentrer chez eux. De ce fait, un grand nombre de personnes sont bloquées à la frontière depuis des jours et elles sont obligées de dormir en plein air dans le froid. Le HCR a fourni des couvertures, des matelas en plastique, de la nourriture et de l'eau potable à ceux qui attendent le rapatriement.

Plus de 100 000 personnes sont arrivées au poste frontière de Sallum depuis le début de la crise en Libye. La plupart étaient des travailleurs migrants d'Egypte qui ont réussi à passer la frontière rapidement, mais bien d'autres nationalités attendent toujours du côté libyen.

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La guerre civile se termine en Libye, mais les ressortissants d'Afrique subsaharienne craignent des représailles.
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Le mois dernier, plus de 50 000 personnes, des Berbères pour la plupart, ont traversé la frontière à Dehiba depuis la Libye vers la Tunisie. Certaines d'entre elles expliquent pourquoi elles ont fui la Libye.
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Un navire italien de la police douanière et financière, opérant habituellement contre les trafiquants de drogue, arrive sur l'île de Lampedusa avec un groupe de personnes secourues en mer après avoir fui la Libye.