Le HCR exhorte le parlement autrichien à modifier le projet de loi sur l'asile

Points de presse, 1 avril 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 1 avril 2011 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR est préoccupé par de nouveaux changements pour le projet de loi autrichien sur l'asile qui restreint encore les droits des demandeurs d'asile et qui pourrait, s'il est appliqué, aller à l'encontre notamment de l'intérêt supérieur des enfants.

Les modifications en cours d'examen constituent la quatrième révision depuis l'entrée en vigueur de la Loi sur l'asile en 2006. Le projet de loi va être examiné au Parlement la semaine prochaine et devrait être adopté en avril 2011.

Nous sommes particulièrement préoccupés par les dispositions exigeant que tous les nouveaux demandeurs d'asile soient hébergés dans un centre de réception pour une durée allant jusqu'à sept jours, avec une détention possible pour toutes les personnes qui dérogeraient à cette règle. Cette disposition constituerait de notre point de vue une restriction injustifiée de la liberté de mouvement. Elle pourrait également empêcher les nouveaux demandeurs d'asile de pouvoir s'adresser librement à un avocat ou tout autre service d'assistance pour obtenir un conseil. Même un enfant attendant le résultat d'une demande d'asile et dont les parents résident déjà légalement en Autriche pourrait être affecté par cette nouvelle loi. Des familles pourraient être séparées pour une durée allant jusqu'à une semaine.

Un autre problème de ce projet de loi concerne la détention des enfants. Les enfants âgés de moins de 14 ans ne sont pas affectés par cette loi. Ce n'est pas le cas de ceux qui sont âgés de 14 à 18 ans et qui pourraient être mis en détention. Le HCR appelle les membres de Parlement autrichien à donner la priorité à l'intérêt supérieur des enfants pour garantir la conformité avec la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant et la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union européenne.

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L'insurrection hongroise spontanée a commencé le 23 octobre 1956. Deux semaines plus tard, elle fut réprimée par une intervention militaire soviétique, qui provoqua une vague de réfugiés en Autriche et en Yougoslavie. Début 1957, ils étaient au nombre de 200 000, dont 180 000 en Autriche et 20 000 en Yougoslavie.

Des centaines de bénévoles travaillèrent au sein d'organisations humanitaires locales et internationales pour nourrir et héberger les réfugiés, tandis que les Autrichiens et la communauté internationale mettaient en place une opération de secours sans précédant.

L'UNHCR se retrouva coordinateur général, et en collaboration avec la Croix-Rouge et le Comité intergouvernemental pour les migrations européennes (CIME), a aidé à coordonner les opérations de secours et de protection, ainsi qu'un programme de réinstallation sans précédent.

En deux ans, plus de 180 000 Hongrois avaient été réinstallés dans 37 pays, à travers cinq continents. Les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Allemagne de l'Ouest, l'Australie, la Suisse, la France, la Suède et la Belgique accueillirent chacun plus de 5 000 réfugiés. L'Italie, les Pays-Bas, Israël, le Brésil, la Norvège, le Danemark, l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande et l'Argentine en acceptèrent tous plus de 1 000. Le restant fut envoyé dans 19 pays, allant de la République dominicaine à la Turquie. Certains Hongrois se sont intégrés en Autriche (8 000) et en Yougoslavie (700), tandis que 11 000 rentrèrent chez eux de manière spontanée.

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Les 200 000 Hongrois ayant fui leur pays après la répression de l'insurrection de 1956 ont formé le plus grand groupe de réfugiés en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale. Dans le monde entier, des dizaines de pays leur ont offert la réinstallation et une nouvelle maison. Cependant, quelque 8 000 d'entre eux sont restés en Autriche et s'y sont intégrés.

Une petite proportion de réfugiés a pu être hébergée dans des hôtels ou des appartements privés, cependant la grande majorité a d'abord été accueillie dans des camps. Ceux-ci étaient constitués en majorité d'anciens baraquements en bois. La vie dans certains de ces camps était difficile, notamment l'hiver, avec une mauvaise isolation contre le froid et des équipements sanitaires situés en plein air.

Peu à peu, les réfugiés qui n'ont pas été réinstallés ont commencé à mener une vie plus « normale ». Les enfants ont été scolarisés et ont rapidement appris l'allemand, alors que les adultes ont trouvé assez vite du travail grâce au développement économique autrichien.

Avec l'aide d'un financement important de l'UNHCR, les autorités autrichiennes ont mené pour les réfugiés un programme de fermeture des camps, de construction d'appartements et même de lotissements entiers de nouvelles maisons. Pendant un temps, l'UNHCR a été le second plus grand constructeur en Autriche.

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