L'exode massif depuis Abidjan s'accélère avec l'insécurité accrue

Articles d'actualité, 31 mars 2011

© HCR/H.Caux
A Abidjan, les civils cherchent à s'éloigner autant que possible des affrontements violents dans la ville.

ABIDJAN, Côte d'Ivoire, 31 mars (HCR) L'exode massif de civils qui fuient la ville d'Abidjan dans le sud de la Côte d'Ivoire continue en milieu de cette semaine. Un grand nombre d'entre eux font part de leurs craintes sur une attaque imminente dans la capitale économique.

Les craintes d'un nouvel embrasement à Abidjan sont accrues après les annonces mardi et mercredi de la prise de villes dans l'ouest, le centre et l'est du pays par les forces loyales au candidat à la présidence Alassane Ouattara. Alassane Ouattara a proclamé la victoire aux élections en novembre, mais son rival, Laurent Gbagbo, a refusé de céder le pouvoir. La situation politique s'est dégradée depuis cette période.

Mercredi matin, des bombardements aveugles sur Abobo, un quartier du nord de la ville, ont renforcé le sentiment d'insécurité dans Abidjan, selon des informations fournies par les Nations Unies. De nombreuses familles qui avaient jusque-là refusé de quitter ce quartier, malgré la montée de la violence, ont pris la décision de fuir. Certaines ont indiqué au HCR que des groupes armés ont commis des exactions contre des civils et pillé leurs biens.

Dans le quartier de Yopougon, des contacts du HCR ont fait état d'un groupe de jeunes armés qui ont tué des adultes membres d'une famille qui avaient hébergé des personnes forcées de fuir. De lourds combats, des violations généralisées des droits de l'homme et la crainte du conflit ont déjà forcé près d'un million de personnes à fuir Abidjan.

Alors que la plupart des mouvements de population étaient observés d'un quartier à l'autre d'Abidjan, un grand nombre de ceux ayant fui mercredi ont indiqué au HCR qu'ils quittaient la ville. Même des quartiers résidentiels plus sûrs se sont vidés de familles craignant une guerre totale entre les parties rivales.

Certaines personnes, qui s'apprêtaient à quitter les régions désormais affectées par les combats dans le centre et l'est de la Côte d'Ivoire, ont demandé de l'aide au HCR. La ville d'Agboville, située à environ 80 kilomètres au nord, fait désormais partie des principales destinations des personnes fuyant Abidjan. Ces trois derniers jours, le personnel du HCR a enregistré plus de 16 000 personnes déplacées internes à Agboville, avec davantage d'arrivées.

Parallèlement, de nombreux barrages routiers restreignent les mouvements des organisations humanitaires qui tentent d'accéder aux nécessiteux. Le HCR et ses partenaires ont déjà recensé 92 840 déplacés hébergés dans des familles d'accueil et 19 387 autres se trouvant dans 36 sites. Toutefois, du fait de la situation sécuritaire, il est difficile de venir en aide aux populations civiles.

Pendant ce temps, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, quelque 50 000 personnes sont déplacées par deux jours de combats dans la ville de Duékoué, qui a été prise par les forces pro-Ouattara mardi, selon des informations des Nations Unies.

Le HCR a reçu des informations selon lesquelles environ 40 000 personnes parmi les déplacés ont trouvé abri dans une mission catholique et 10 000 autres dans les locaux d'une église évangélique. Un petit groupe de 105 personnes se trouvait dans l'enceinte d'une mission des Nations Unies, y compris trois blessés par balles.

Avec la dégradation de la situation sécuritaire dans l'ouest, davantage de familles se dirigent vers Danané et Man, des villes relativement sûres. Les hôpitaux de Man, où le HCR dispose d'une présence, reçoivent de nombreux blessés de Duékoué, Guiglo et d'autres parties de la région instable de l'ouest du pays.

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