Augmentation des déplacements dans l'est de la Libye

Points de presse, 25 mars 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 25 mars 2011 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR reçoit des informations concordantes de la part des nouveaux arrivants et d'un certain nombre de partenaires dans l'est de la Libye selon lesquelles il y aurait une augmentation des déplacements internes. L'International Medical Corps estime que près de 20 000 personnes ont trouvé refuge dans la petite ville de Al Butwen, à l'est d'Ajdabiyya depuis plus de deux semaines, tandis que le Croissant Rouge libyen nous a indiqué que quelque 5 000 personnes étaient déplacées dans la ville côtière de Derna.

A ce jour, le HCR a envoyé deux convois chargés de matériel médical à Benghazi par l'intermédiaire du Croissant Rouge égyptien et du Croissant Rouge libyen. Nous avons également envoyé des milliers de couvertures, matelas et autres matériels de secours. D'autres provisions de matériels de secours en Egypte pour 40 à 50 000 personnes sont prêtes à être distribuées si nécessaire. A ce jour, nous n'avons pas d'accès pour pouvoir distribuer de l'aide humanitaire dans d'autres régions de Libye.

Pendant ce temps, la ville égyptienne de Marsa Matrouh, à quelque 220 kilomètres à l'est de la frontière libyenne, accueille désormais des centaines voire des milliers de Libyens. Parmi les personnes interrogées par le HCR figurent beaucoup de familles qui déclarent qu'elles espèrent rentrer en Libye bientôt. Des banderoles sont pendues dans les rues avec des messages de bienvenue aux Libyens.

Le nombre de personnes qui fuient la Libye est resté stable au cours des quelques derniers jours. La Tunisie constate environ 2 000 arrivées par jour, la plupart de Soudanais et de Bangladais. A la frontière égyptienne, environ 1 500 2 000 personnes, des Libyens et des Egyptiens pour la plupart, franchissent la frontière chaque jour, un nombre croissant de ressortissants du Tchad étant toutefois à remarquer.

Le nombre de personnes attendant leur évacuation ou d'autres solutions à partir des camps de transit à la frontière entre la Tunisie et la Libye a atteint le chiffre de 8 500. Le HCR et l'OIM réitèrent leur appel aux gouvernements à soutenir leurs programmes d'évacuation humanitaire pour aider les personnes à rentrer dans leur pays d'origine.

Plus de 2 000 personnes sont désormais enregistrées auprès du HCR dans ces camps de transit, certaines étant des réfugiés déjà enregistrés auprès du HCR en Libye. Au sein de ce groupe, le HCR a constaté une augmentation du nombre de familles arrivées récemment.

Au 23 mars, 351 673 personnes avaient fui la violence en Libye. Ce chiffre inclut plus de 178 263 vers la Tunisie (dont 19 283 Tunisiens, 21 877 Libyens et 137,103 autres), 147 293 vers l'Egypte (dont 77 237 Egyptiens, 27 161 Libyens et 42 895 autres), 11 949 vers le Niger (dont 11 091 du Niger et 858 autres), 9 168 vers l'Algérie (y compris les évacuations terrestres, aériennes et maritimes), 2 200 vers le Tchad et 2 800 vers le Soudan.

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Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

De février à octobre 2011, plus d'un million de personnes ayant fui le conflit libyen sont arrivées en Tunisie. Il s'agissait en général de travailleurs migrants ayant regagné leur pays d'origine par leurs propres moyens ou ayant été rapatriés. Parmi les arrivants se trouvaient néanmoins des réfugiés ou des demandeurs d'asile ne pouvant ni retourner chez eux ni vivre librement en Tunisie.

Le HCR fait son possible pour trouver des solutions pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui, pour la plupart, ont abouti au camp de transit de Choucha, près de la frontière libyenne. La réinstallation est la formule la plus appropriée pour ceux qui ont été enregistrés à Choucha en tant que réfugiés avant la date butoir du 1er décembre 2011.

À la fin avril, 14 pays avaient accepté d'accueillir 2349 réfugiés pour une réinstallation, dont 1331 ont d'ores et déjà quitté la Tunisie, les autres devant le faire dans le courant de l'année. Pour une majorité d'entre eux, les pays d'accueil seront l'Australie, la Norvège ou les États-Unis d'Amérique. Cependant il reste au camp de Choucha plus de 2600 réfugiés et près de 140 demandeurs d'asile. Le HCR continue de solliciter les pays pour une réinstallation des réfugiés.

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

À la frontière : bloqués à Saloum

Suite à l'éclatement de violence en Libye au mois de février 2011, des dizaines de milliers de personnes ont afflué en Égypte, au poste frontalier de Saloum. Si la plupart d'entre eux étaient égyptiens, près de 40 000 ressortissants de pays tiers se sont également présentés à la frontière où ils ont dû attendre leur rapatriement. Aujourd'hui, alors que cela fait déjà plusieurs mois que l'actualité sur cette région ne fait plus la une, plus de 2 000 personnes y vivent toujours. Composé principalement de jeunes Soudanais célibataires, ce groupe compte également des femmes, des enfants, des malades et des personnes âgées, qui attendent qu'une solution leur soit trouvée. Même si la vaste majorité d'entre eux seront sans doute réinstallés dans des pays tiers, cela ne sera ni le cas de ceux arrivés après octobre ni de ceux qui se sont vu refuser le statut de réfugié. Du côté égyptien de la frontière, les conditions de vie sont difficiles. Un terrain a été choisi pour accueillir un nouveau camp. Travaillant en étroite collaboration avec les autorités frontalières, le HCR joue un rôle vital en apportant protection et assistance aux réfugiés.

À la frontière : bloqués à Saloum

La Libye aux prises avec les déplacements

Après les bouleversements de 2011 en Libye, le nouveau gouvernement se heurte à de sérieux obstacles pour faire avancer le pays après quarante ans de domination sans partage de Mouammar Kadhafi. L'une des tâches des responsables sera de trouver une solution pour les dizaines de milliers de déplacés internes. Certains attendent que leur maison soit réparée ou reconstruite, mais beaucoup d'autres ont été obligés de fuir leur ville ou village en raison de leur soutien présumé à Kadhafi et des crimes qu'ils sont soupçonnés d'avoir commis pendant le conflit. Parallèlement, des personnes en nombre croissant, notamment des réfugiés et des demandeurs d'asile, arrivent en Libye depuis l'Afrique subsaharienne par des routes migratoires mixtes très fréquentées. Certains individus sont arrêtés comme immigrants clandestins, même si beaucoup relèvent de la compétence du HCR. D'autres ont pris le risque de s'embarquer pour la dangereuse traversée en mer vers l'Europe méridionale.

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La guerre civile se termine en Libye, mais les ressortissants d'Afrique subsaharienne craignent des représailles.
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Le mois dernier, plus de 50 000 personnes, des Berbères pour la plupart, ont traversé la frontière à Dehiba depuis la Libye vers la Tunisie. Certaines d'entre elles expliquent pourquoi elles ont fui la Libye.
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Un navire italien de la police douanière et financière, opérant habituellement contre les trafiquants de drogue, arrive sur l'île de Lampedusa avec un groupe de personnes secourues en mer après avoir fui la Libye.