Les besoins des Ivoiriens sont sérieusement négligés, avertit le HCR

Points de presse, 11 mars 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 mars 2011 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR se déclare de plus en plus préoccupé par la réponse très limitée à ce jour pour la crise en Côte d'Ivoire. Alors que l'attention internationale se concentre depuis les dernières semaines sur les événements en Afrique du Nord, la tragédie actuelle en Afrique de l'Ouest passe largement inaperçue. Avec 370 000 déplacés à Abidjan et dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, et 76 956 réfugiés enregistrés à ce jour au Libéria, le total des personnes déracinées approche 500 000.

Le 14 janvier, le HCR a lancé un appel de fonds d'un montant de 46 millions de dollars, principalement pour aider à faire face à l'afflux de réfugiés au Libéria voisin. A ce jour, nous n'avons reçu que cinq millions de dollars et des annonces de contributions pour un montant de 13 millions de dollars. Avec le déplacement de population qui s'accroît, le HCR prépare un nouvel appel de fonds plus élevé pour la semaine prochaine, et nous espérons que les donateurs y répondront de façon plus positive.

Actuellement nous observons une nouvelle dégradation de la sécurité à Abidjan. Après les affrontements qui se sont déroulés dans le quartier d'Abobo le 8 mars et dans le quartier de Cocody le 7 mars, nous avons été informés de 30 blessés et de trois morts. Il est dangereux de se déplacer dans la ville du fait des barrages routiers tenus par des hommes armés, ce qui affecte la population toute entière.

Le HCR continue à aider là où c'est possible, en travaillant souvent via des ONG locales. Nous avons déjà identifié 20 sites dans la ville où se concentrent de nombreux déplacés. L'évaluation des besoins et du nombre des déplacés est en cours dans certains de ces sites, néanmoins il est déjà clair que les déplacés ont d'urgence besoin d'une aide alimentaire et non alimentaire, y compris des médicaments.

En dehors d'Abidjan, la violence dans l'ouest paraît s'étendre dans les régions du centre et du sud-est du pays. Les personnes forcées à fuir témoignent de tentatives pour les stopper dans leur déplacement et d'abus physiques. Des cas de viols ont également été signalés.

Au Libéria cette semaine, des membres de notre personnel se sont entretenus avec une femme réfugiée âgée de 21 ans, qui a fui avec son fils de deux ans, après que des rebelles l'ait battue car elle se défendait lors d'une tentative de viol. Un nombre accru de réfugiés au Libéria témoignent d'échanges de tirs sur la route, les forçant parfois à se cacher ou à dormir dans la brousse.

Avec l'afflux croissant, nous révisons à la hausse notre budget pour répondre aux besoins de 150 000 réfugiés au Libéria.

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Nouveaux afflux de réfugiés ivoiriens au Libéria

Fin mars, plus de 100 000 réfugiés ivoiriens avaient franchi la frontière vers l'est du Libéria depuis que les tensions politiques latentes liées aux élections présidentielles controversées en Côte d'Ivoire voisine ont tourné à la violence en février. La majorité d'entre eux sont allés vers le département de Nimba au Libéria mais, signe que les combats se sont déplacés, quelque 6 000 Ivoiriens ont récemment traversé la frontière vers le département de Grand Gedeh. La plupart des nouveaux arrivants se sont installés dans des villages reculés - certains inaccessibles en voiture. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a envoyé une mission pour évaluer les besoins des réfugiés dans la région.

La photographe Glenna Gordon a photographié les nouveaux arrivants près de Zwedru dans le sud-est du Libéria.

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Côte d'Ivoire : Fuir en quête d'un refuge

Le HCR a exprimé son inquiétude croissante pour les civils pris au piège dans le quartier d'Abobo à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, après plusieurs jours de combats violents opposant l'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), alliée à Alassane Ouattara, et les forces du président sortant Laurent Gbagbo. Les perspectives restent sombres. Le quartier d'Abobo comptait 1,5 million d'habitants et beaucoup d'entre eux ont fui. Mais des groupes armés auraient empêché d'autres habitants de quitter le quartier. Le HCR est particulièrement préoccupé pour les personnes vulnérables, comme les malades et les personnes âgées, qui ne peuvent pas partir.

Au total, près de 70 000 réfugiés ivoiriens ont déjà fui vers l'est du Libéria depuis l'élection présidentielle de fin novembre.

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Libéria : Aide d'un pays voisinPlay video

Libéria : Aide d'un pays voisin

Alphonse Gongleba a fui vers le Libéria avec sa famille il y a quelques mois. Il apprécie l'aide qu'il reçoit dans ce pays, voisin de sa Côte d'Ivoire natale.
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Libéria : Un afflux massif

Plus de 25 000 civils ivoiriens ont fui en quête de sécurité au Libéria. Le HCR aide les communautés locales à faire face.