Les Africains sub-sahariens fuyant la Libye signalent des cas d'intimidation et de violence

Articles d'actualité, 8 mars 2011

© HCR/F.Noy
Un groupe de travailleurs migrants à la frontière égyptienne après avoir fui la Libye. Au centre, Abdala est soudanais et il travaillait en tant qu'électricien à Benghazi. Il s'est caché plusieurs jours dans sa maison, craignant pour sa sécurité, avant de fuir.

GENÈVE, 8 mars (HCR) Le HCR a fait part mardi de sa préoccupation concernant le nombre croissant de témoignages sur les violences et la discrimination en Libye à l'encontre des Africains sub-sahariens.

Lors d'un point de presse à Genève, le porte-parole du HCR Adrian Edwards a indiqué que ces informations provenaient de personnes qui avaient fui depuis l'est ou l'ouest de la Libye.

« Hier, une équipe du HCR à la frontière égyptienne a interviewé un groupe de Soudanais arrivé depuis l'est de la Libye. Ce groupe a rapporté que des Libyens armés font du porte à porte, forçant des Africains sub-sahariens à partir. Une jeune Soudanaise de 12 ans a subi un viol », a indiqué Adrian Edwards.

« Le groupe fait également état de la confiscation ou de la destruction de papiers d'identité pour un grand nombre. Des incidents similaires à l'encontre d'un groupe de Tchadiens qui ont fui Benghazi, Al Bayda et Brega ces derniers jours nous ont également été rapportés », a-t-il ajouté.

Adrian Edwards a réitéré l'appel du HCR à toutes les parties concernées pour qu'elles reconnaissent la vulnérabilité des réfugiés et des migrants originaires d'Afrique sub-saharienne et pour qu'elles prennent les mesures nécessaires afin d'assurer leur protection. Il a également souligné l'urgence d'acheminer rapidement vers leurs pays d'origine les personnes qui sont arrivées en Egypte et en Tunisie depuis la Libye, et qui, dans certains cas, dorment en plein air depuis près de 10 jours.

« Aux deux frontières, la plupart des personnes qui attendent une évacuation sont des hommes célibataires bangladais. Actuellement, on déplore un manque critique de vols long-courriers vers le Bangladesh, d'autres pays asiatiques ou l'Afrique sub-saharienne », a-t-il indiqué.

« Le HCR et l'OIM utilisent des contributions reçues en espèces pour l'organisation de vols charters, et plusieurs pays donateurs ont offert des vols long-courriers. Néanmoins, avec environ 40 à 50 vols requis pour rapatrier tous les migrants, un financement supplémentaire sera nécessaire pour assurer que tous bénéficient d'un transport vers leur pays d'origine. »

Parallèlement, à la frontière tunisienne avec la Libye, le nombre des arrivées a considérablement baissé, avec 2 485 arrivants hier, en comparaison du nombre observé il y a une semaine. Cette baisse coïncide avec l'intensification des combats dans l'ouest de la Libye, où il devient difficile de se déplacer. Des témoignages de personnes arrivées ces derniers jours font état de nombreux barrages routiers militaires, établis le long des routes.

La majorité des arrivants expliquent avoir été fouillés à la recherche de téléphones mobiles, de cartes mémoire et de cartes sim. Dans le camp de transit de Choucha, près de la frontière, 15 000 personnes sont actuellement hébergées dans des tentes du HCR. Le HCR a enregistré 311 personnes confrontées à des problèmes en matière de protection, y compris des Somaliens et des Erythréens.

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, et le Directeur général de l'OIM, William Lacy Swing, se trouvent aujourd'hui en Tunisie afin de rencontrer des membres du gouvernement. Ils se rendront également dans la région frontalière pour y rencontrer la communauté locale et se rendre par eux-mêmes des conditions sur place.

Le nombre des personnes qui ont fui la violence en Libye dépasse 212 000. Parmi elles, on compte 112 169 personnes ayant fui en Tunisie et 98 188 personnes ayant fui en Egypte. Le Gouvernement algérien a également informé le HCR de l'arrivée de plus de 4 000 personnes en Algérie par avion, par la route ou par bateau, y compris avec les évacuations depuis la Tunisie et l'Egypte.

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Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

De février à octobre 2011, plus d'un million de personnes ayant fui le conflit libyen sont arrivées en Tunisie. Il s'agissait en général de travailleurs migrants ayant regagné leur pays d'origine par leurs propres moyens ou ayant été rapatriés. Parmi les arrivants se trouvaient néanmoins des réfugiés ou des demandeurs d'asile ne pouvant ni retourner chez eux ni vivre librement en Tunisie.

Le HCR fait son possible pour trouver des solutions pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui, pour la plupart, ont abouti au camp de transit de Choucha, près de la frontière libyenne. La réinstallation est la formule la plus appropriée pour ceux qui ont été enregistrés à Choucha en tant que réfugiés avant la date butoir du 1er décembre 2011.

À la fin avril, 14 pays avaient accepté d'accueillir 2349 réfugiés pour une réinstallation, dont 1331 ont d'ores et déjà quitté la Tunisie, les autres devant le faire dans le courant de l'année. Pour une majorité d'entre eux, les pays d'accueil seront l'Australie, la Norvège ou les États-Unis d'Amérique. Cependant il reste au camp de Choucha plus de 2600 réfugiés et près de 140 demandeurs d'asile. Le HCR continue de solliciter les pays pour une réinstallation des réfugiés.

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

À la frontière : bloqués à Saloum

Suite à l'éclatement de violence en Libye au mois de février 2011, des dizaines de milliers de personnes ont afflué en Égypte, au poste frontalier de Saloum. Si la plupart d'entre eux étaient égyptiens, près de 40 000 ressortissants de pays tiers se sont également présentés à la frontière où ils ont dû attendre leur rapatriement. Aujourd'hui, alors que cela fait déjà plusieurs mois que l'actualité sur cette région ne fait plus la une, plus de 2 000 personnes y vivent toujours. Composé principalement de jeunes Soudanais célibataires, ce groupe compte également des femmes, des enfants, des malades et des personnes âgées, qui attendent qu'une solution leur soit trouvée. Même si la vaste majorité d'entre eux seront sans doute réinstallés dans des pays tiers, cela ne sera ni le cas de ceux arrivés après octobre ni de ceux qui se sont vu refuser le statut de réfugié. Du côté égyptien de la frontière, les conditions de vie sont difficiles. Un terrain a été choisi pour accueillir un nouveau camp. Travaillant en étroite collaboration avec les autorités frontalières, le HCR joue un rôle vital en apportant protection et assistance aux réfugiés.

À la frontière : bloqués à Saloum

La Libye aux prises avec les déplacements

Après les bouleversements de 2011 en Libye, le nouveau gouvernement se heurte à de sérieux obstacles pour faire avancer le pays après quarante ans de domination sans partage de Mouammar Kadhafi. L'une des tâches des responsables sera de trouver une solution pour les dizaines de milliers de déplacés internes. Certains attendent que leur maison soit réparée ou reconstruite, mais beaucoup d'autres ont été obligés de fuir leur ville ou village en raison de leur soutien présumé à Kadhafi et des crimes qu'ils sont soupçonnés d'avoir commis pendant le conflit. Parallèlement, des personnes en nombre croissant, notamment des réfugiés et des demandeurs d'asile, arrivent en Libye depuis l'Afrique subsaharienne par des routes migratoires mixtes très fréquentées. Certains individus sont arrêtés comme immigrants clandestins, même si beaucoup relèvent de la compétence du HCR. D'autres ont pris le risque de s'embarquer pour la dangereuse traversée en mer vers l'Europe méridionale.

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La guerre civile se termine en Libye, mais les ressortissants d'Afrique subsaharienne craignent des représailles.
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Le mois dernier, plus de 50 000 personnes, des Berbères pour la plupart, ont traversé la frontière à Dehiba depuis la Libye vers la Tunisie. Certaines d'entre elles expliquent pourquoi elles ont fui la Libye.
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Italie : Sauvetage en mer

Un navire italien de la police douanière et financière, opérant habituellement contre les trafiquants de drogue, arrive sur l'île de Lampedusa avec un groupe de personnes secourues en mer après avoir fui la Libye.