Plus de 140 000 personnes fuient la Libye vers l'Egypte et la Tunisie, le HCR intensifie ses efforts pour aider des réfugiés et des civils en Libye

Points de presse, 1 mars 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 1 mars 2011 au Palais des Nations à Genève.

Le personnel du HCR à la frontière entre la Tunisie et la Libye nous a rapporté ce matin que la situation évolue désormais vers une véritable crise humanitaire. Selon les autorités tunisiennes, 70 000 à 75 000 personnes ont fui la Libye vers la Tunisie depuis le 20 février. Quelque 14 000 personnes ont traversé la frontière hier, c'est le nombre le plus important observé à ce jour. Des dizaines de millers de personnes ont désormais un besoin urgent de transport vers leur pays d'origine. Avec 10 000 à 15 000 personnes qui devraient arriver aujourd'hui, il devient absolument essentiel que des moyens de transport soient rapidement mis à disposition pour éviter une crise humanitaire.

Hier, le HCR a procédé au montage de 500 tentes et, la nuit dernière, chacune d'entre elles abritaient entre six et huit personnes. Ce matin, le travail continue pour monter 1 000 tentes supplémentaires afin que 12 000 personnes au total puissent avoir un abri où dormir ce soir. Deux rotations d'avion-cargo supplémentaires sont prévues pour jeudi avec, à leur bord, des tentes et du matériel de secours pour jusqu'à 10 000 personnes. La distribution d'eau et les installations sanitaires restent limitées. Le HCR a demandé l'aide du CICR et de l'UNICEF pour améliorer ces équipements. Les civils, le Croissant-Rouge et les militaires tunisiens assurent ce que notre personnel qualifie de « soutien sans précédent », mais leur capacité est nettement dépassée.

Des membres du personnel du HCR se sont rendus à un point d'entrée en Tunisie. Ils font état de milliers de personnes qui attendent depuis trois jours du côté libyen de la frontière pour entrer en Tunisie. Ces personnes sont obligées de dormir en plein air dans le froid sans aucun abri. Nous sommes très préoccupés par un nombre important d'Africains sub-sahariens qui n'ont pas été autorisés à entrer en Tunisie à ce point de passage frontière. Le HCR négocie avec des volontaires de la communauté locale qui se sont autoproclamés gardes-frontières.

Parallèlement, à la frontière égyptienne, le Gouvernement fait état de quelque 69 000 personnes arrivées de Libye depuis le 19 février. La majorité des personnes qui ont traversé la frontière vers l'Egypte sont des Egyptiens, dont la plupart ont déjà été transportés vers d'autres villes grandes ou moyennes. Environ 3 000 personnes se trouvent toujours dans cette zone d'arrivée et de départ en attendant un moyen de transport pour continuer leur voyage. Hier, le HCR leur a distribué des biens de secours et des vivres préparés par le Croissant-Rouge égyptien.

Aujourd'hui, le Croissant-Rouge égyptien transporte pour le HCR un chargement de médicaments et de vivres vers l'est de la Libye. Ces vivres et ces médicaments sont envoyés en réponse aux demandes des chefs tribaux, que le HCR a rencontrés ce week-end, et devraient être livrés demain. D'autres convois sont en préparation.

Des employés locaux du HCR basés en Libye ont maintenu ouvert notre bureau de Tripoli pour les réfugiés. Nous offrons par ailleurs une assistance aux réfugiés qui ne peuvent accéder à notre bureau. Les employés du HCR ont mis en place un service d'assistance téléphonique 24h/24. Cette hotline, ainsi qu'une autre hotline mise en service à Genève, continue de recevoir des appels désespérés de réfugiés en Libye et de membres de leur famille hors du pays, disant qu'ils se sentent pris au piège, menacés et pourchassés. Nous avons reçu plusieurs témoignages de réfugiés qui nous disent que leurs compatriotes ont été victimes d'attaques ciblées et qu'ils ont été tués. D'autres nous rapportent des évictions forcées et des attaques contre leur maison.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

De février à octobre 2011, plus d'un million de personnes ayant fui le conflit libyen sont arrivées en Tunisie. Il s'agissait en général de travailleurs migrants ayant regagné leur pays d'origine par leurs propres moyens ou ayant été rapatriés. Parmi les arrivants se trouvaient néanmoins des réfugiés ou des demandeurs d'asile ne pouvant ni retourner chez eux ni vivre librement en Tunisie.

Le HCR fait son possible pour trouver des solutions pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui, pour la plupart, ont abouti au camp de transit de Choucha, près de la frontière libyenne. La réinstallation est la formule la plus appropriée pour ceux qui ont été enregistrés à Choucha en tant que réfugiés avant la date butoir du 1er décembre 2011.

À la fin avril, 14 pays avaient accepté d'accueillir 2349 réfugiés pour une réinstallation, dont 1331 ont d'ores et déjà quitté la Tunisie, les autres devant le faire dans le courant de l'année. Pour une majorité d'entre eux, les pays d'accueil seront l'Australie, la Norvège ou les États-Unis d'Amérique. Cependant il reste au camp de Choucha plus de 2600 réfugiés et près de 140 demandeurs d'asile. Le HCR continue de solliciter les pays pour une réinstallation des réfugiés.

Réinstallation pour les réfugiés du camp tunisien de Choucha

À la frontière : bloqués à Saloum

Suite à l'éclatement de violence en Libye au mois de février 2011, des dizaines de milliers de personnes ont afflué en Égypte, au poste frontalier de Saloum. Si la plupart d'entre eux étaient égyptiens, près de 40 000 ressortissants de pays tiers se sont également présentés à la frontière où ils ont dû attendre leur rapatriement. Aujourd'hui, alors que cela fait déjà plusieurs mois que l'actualité sur cette région ne fait plus la une, plus de 2 000 personnes y vivent toujours. Composé principalement de jeunes Soudanais célibataires, ce groupe compte également des femmes, des enfants, des malades et des personnes âgées, qui attendent qu'une solution leur soit trouvée. Même si la vaste majorité d'entre eux seront sans doute réinstallés dans des pays tiers, cela ne sera ni le cas de ceux arrivés après octobre ni de ceux qui se sont vu refuser le statut de réfugié. Du côté égyptien de la frontière, les conditions de vie sont difficiles. Un terrain a été choisi pour accueillir un nouveau camp. Travaillant en étroite collaboration avec les autorités frontalières, le HCR joue un rôle vital en apportant protection et assistance aux réfugiés.

À la frontière : bloqués à Saloum

La Libye aux prises avec les déplacements

Après les bouleversements de 2011 en Libye, le nouveau gouvernement se heurte à de sérieux obstacles pour faire avancer le pays après quarante ans de domination sans partage de Mouammar Kadhafi. L'une des tâches des responsables sera de trouver une solution pour les dizaines de milliers de déplacés internes. Certains attendent que leur maison soit réparée ou reconstruite, mais beaucoup d'autres ont été obligés de fuir leur ville ou village en raison de leur soutien présumé à Kadhafi et des crimes qu'ils sont soupçonnés d'avoir commis pendant le conflit. Parallèlement, des personnes en nombre croissant, notamment des réfugiés et des demandeurs d'asile, arrivent en Libye depuis l'Afrique subsaharienne par des routes migratoires mixtes très fréquentées. Certains individus sont arrêtés comme immigrants clandestins, même si beaucoup relèvent de la compétence du HCR. D'autres ont pris le risque de s'embarquer pour la dangereuse traversée en mer vers l'Europe méridionale.

La Libye aux prises avec les déplacements

Libye : Africains en dangerPlay video

Libye : Africains en danger

La guerre civile se termine en Libye, mais les ressortissants d'Afrique subsaharienne craignent des représailles.
Tunisie : réfugiés libyensPlay video

Tunisie : réfugiés libyens

Le mois dernier, plus de 50 000 personnes, des Berbères pour la plupart, ont traversé la frontière à Dehiba depuis la Libye vers la Tunisie. Certaines d'entre elles expliquent pourquoi elles ont fui la Libye.
Italie : Sauvetage en merPlay video

Italie : Sauvetage en mer

Un navire italien de la police douanière et financière, opérant habituellement contre les trafiquants de drogue, arrive sur l'île de Lampedusa avec un groupe de personnes secourues en mer après avoir fui la Libye.