Plus de 50 réfugiés somaliens périssent après un naufrage dans le golfe d'Aden

Articles d'actualité, 24 février 2011

© Alixandra Fazzina
Ces personnes attendent d'embarquer dans un bateau de passeurs pour traverser le golfe d'Aden. Un grand nombre de personnes ayant entamé cette traversée sont portées disparues.

GENÈVE, 24 février (HCR) Le HCR a indiqué jeudi être « horrifié » par l'information faisant état cette semaine d'une nouvelle tragédie meurtrière dans le golfe d'Aden durant laquelle plus de 50 Somaliens se seraient noyés après le naufrage d'un bateau de passeurs.

Parmi les personnes portées disparues, 54 étaient des réfugiés somaliens, dont six enfants, et trois autres, des passeurs. Le HCR indique dans un communiqué de presse que cette tragédie a eu lieu dimanche et qu'il n'y a eu qu'un seul survivant.

« Selon nos informations, il s'agit à ce jour du bilan le plus lourd dans le golfe d'Aden entre la Somalie et le Yémen depuis un précédent épisode meurtrier survenu en janvier 2008 », peut-on lire dans un communiqué de presse publié par le HCR. Les passeurs avaient alors forcé 135 personnes à sauter par-dessus bord en pleine mer, ce qui avait causé le naufrage du bateau. 114 personnes avaient alors péri.

« Nous sommes horrifiés par cette toute dernière tragédie qui s'ajoute aux terribles souffrances endurées par le peuple somalien », a indiqué le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres. « Le golfe d'Aden demeure l'un des itinéraires les plus meurtriers pour les personnes fuyant la combinaison meurtrière de situations de conflit, de violence généralisée et de violations massives des droits humains dans la corne de l'Afrique. »

L'unique survivant, âgé de 42 ans, a nagé durant 23 heures après le naufrage du bateau de passeurs avant d'atteindre la côte yéménite près de la ville portuaire de Bir Ali, à environ 400 kilomètres à l'est d'Aden. Mercredi, 23 corps avaient été retrouvés dans le cadre des recherches menées par la marine yéménite. Aucun autre survivant n'a été retrouvé.

Ce survivant avait fui Mogadiscio avec sa femme et ses trois enfants et a expliqué que le bateau avait commencé à prendre l'eau après avoir été frappé plusieurs fois par des déferlantes. Puis il a fait naufrage. Seulement neuf hommes, y compris les trois passeurs, étaient encore vivants à ce moment-là, ils avaient trouvé appui sur de petits jerrycans en plastique. Le survivant ne sait pas ce qu'il est advenu de ces personnes.

Le survivant a finalement été secouru par le partenaire local du HCR, Society for Humanitarian Solidarity (SHS). L'homme a expliqué au HCR que sa famille et les autres passagers avaient embarqué dans un petit bateau bi-moteur près de Bossasso dans le nord de la Somalie vendredi après-midi. En moyenne, la traversée du golfe d'Aden dure trois jours.

Quelque 89 personnes, y compris les victimes de cette toute dernière tragédie, sont portées disparues dans le golfe d'Aden entre la Somalie et le Yémen depuis le début de cette année. Tous les Somaliens atteignant le Yémen après la traversée clandestine sont reconnus en tant que réfugiés.

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Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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