Le HCR se joint à l'aide aux victimes des inondations dévastatrices en Colombie

Articles d'actualité, 30 décembre 2010

© HCR photo
Le personnel du HCR décharge de l'aide alimentaire pour les communautés affectées par de graves inondations dans la ville de Cantagallo au nord de la Colombie.

BOGOTA, 30 décembre (HCR) Le HCR intensifie les efforts pour fournir une aide d'urgence à des milliers de Colombiens affectés par des pluies exceptionnellement diluviennes ayant provoqué des inondations, emporté des routes et déclenché un déplacement généralisé.

Le Président Juan Manuel Santos a qualifié ces inondations de « pire catastrophe naturelle dans l'histoire de la Colombie ». Le gouvernement estime le nombre de personnes affectées à plus de deux millions. Il a annoncé que l'aide aux victimes et le coût de la reconstruction des infrastructures pourraient dépasser cinq milliards de dollars.

La région la plus durement touchée est le nord du pays où des dizaines de villes sont toujours inondées. Des milliers de personnes vivent dans des abris, et d'autres ont rejoint des régions moins affectées.

Répondant à l'appel du gouvernement pour bénéficier d'une aide internationale, le HCR qui gère en Colombie une opération visant à aider plus de trois millions de personnes déplacées par la violence a commencé à distribuer une aide d'urgence dans les zones touchées il y a deux semaines. L'agence travaille avec les autorités locales et régionales ainsi que la Croix-Rouge colombienne.

« Nous avons trouvé des personnes isolées dans les collines, dans des régions où les routes ont été détruites, et leurs enfants avaient faim », déclare Marlene Mesa, un membre du personnel du HCR qui a participé à une distribution d'aide dans la région de Cantagallo, au sud de la province de Bolivar sur la côte Caraïbes.

Au cours de sa visite en Colombie au début du mois, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres avait exprimé sa sympathie à l'égard des personnes victimes des inondations. « Je tiens à exprimer toute la solidarité du HCR et des Nations Unies en Colombie, en ce moment de douleur intense », avait-il affirmé. Le HCR a, depuis, engagé des fonds supplémentaires pour aider plus de 35 000 personnes et l'organisation est sur le point de signer un accord avec la Croix-Rouge colombienne.

Des matelas, des hamacs, des moustiquaires, des couvertures ainsi que du matériel pour les abris sont livrés dans des zones durement touchées, y compris les départements d'Atlántico, de Bolívar, de Córdoba et de La Guajira dans le nord ; de Santander et de Norte de Santander dans l'est, et d'Antioquia et de Chocó, dans l'ouest.

Un grand nombre des personnes déplacées par les inondations ont récemment commencé à reconstruire leur vie après avoir été forcés à quitter leur foyer du fait de la violence des groupes armés illégaux. Les personnes déplacées par la violence en Colombie vivent souvent dans des zones défavorisées à proximité d'une rivière, sur des terrains instables ou sur des coteaux où il y a un risque de glissements de terrain. Pour eux, les défis à surmonter seront immenses pour recommencer leur vie encore une fois, quand les eaux se seront retirées.

Par Gustavo Valdivieso à Bogotá

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Réponse aux situations d'urgence

Le HCR s'engage à accroître sa capacité à répondre aux situations d'urgence complexes.

Colombie : Vivre dans les «barrios»

Après plus de quarante ans de guerre civile, la Colombie recense l'une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde. Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons ; beaucoup d'entre elles ont quitté des régions rurales éloignées pour aller chercher une sécurité relative dans les villes.

Les familles de personnes déplacées échouent la plupart du temps dans des taudis à la périphérie des grandes villes, où elles vivent dans un grand dénuement. Juste à la sortie de Bogota, des dizaines de milliers de personnes déplacées vivent dans les bidonvilles de Los Altos de Cazuca et de Los Altos de Florida. Les déplacé internes n'ont pratiquement pas accès aux services de santé, d'éducation ou de logement décent. La sécurité est également un problème, des gangs et des groupes armés contrôlant les bidonvilles et prenant souvent pour cible les jeunes.

L'UNHCR travaille en collaboration avec les autorités dans une dizaine de communes à travers la Colombie afin de s'assurer que les droits des personnes déplacées soient respectés, y compris leur accès aux services de base : la santé, l'éducation et la sécurité.

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Les populations indigènes en Colombie

Forcés de fuir la violence sévissant sur leurs territoires, les peuples indigènes en Colombie luttent pour éviter une rupture de leurs liens communautaires et culturels. On compte environ un million de personnes indigènes en Colombie. Elles appartiennent à 80 groupes différents et composent l'un des héritages autochtones les plus riches et les plus variés au monde. Mais le conflit armé interne frappe particulièrement sévèrement ces populations indigènes.

Comme de nombreux Colombiens, les peuples indigènes n'ont souvent pas d'autre choix que celui de fuir leurs terres pour échapper à la violence. Le déplacement forcé est tout spécialement tragique pour eux car ils sont attachés à leurs terres ancestrales par des liens très forts. Souvent leur survie économique, sociale et culturelle dépend de la préservation de ces liens. Selon l'Association nationale indigène colombienne (ONIC), quelque 18 groupes ethniques minoritaires se trouvent en danger réel d'extinction. L'UNHCR travaille avec eux pour les aider dans leur lutte à rester sur leurs terres ou pour reconstruire leur vie quand ils ont été forcés à fuir.

L'UNHCR aide aussi des réfugiés indigènes accueillis dans des pays voisins comme le Panama, l'Equateur, le Vénézuela et le Brésil. L'UNHCR développe une stratégie régionale pour mieux répondre aux besoins spécifiques des populations indigènes durant l'exil.

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Réfugiés invisibles au Panama

La guerre civile en Colombie a forcé des millions de personnes à fuir de chez elles, dont des centaines de milliers qui ont cherché refuge dans d'autres pays de la région.

Au Panama, le long de la frontière avec la Colombie, la région de Darien est recouverte d'une épaisse jungle inhospitalière et accessible uniquement par bateau. Néanmoins, de nombreux Colombiens sont venus jusque-là pour trouver refuge, après avoir fui les groupes armés irréguliers qui contrôlent de vastes territoires de jungle de l'autre côté de la frontière.

De nombreuses familles réfugiées au Darien font partie de minorités éthniques de Colombie - indigènes ou afro-colombiennes - qui ont été particulièrement affectées par le conflit et déplacées en grand nombre. Ces dernières années, un nombre croissant de réfugiés colombiens ont également rejoint la capitale, Panama City.

Environ 12 500 Colombiens relevant du mandat de l'UNHCR se trouvent au Panama, mais beaucoup préfèrent ne pas se faire connaître des autorités et rester cachés. Venir en aide à cette population « invisible » est l'un des plus grands défis que rencontre l'UNHCR non seulement au Panama, mais aussi en Equateur et au Vénézuela.

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La violence sévissant dans plusieurs régions de la Colombie menace l'existence des populations indigènes dans le pays. Voici le témoignage de l'un de ces groupes, les indigènes Tulé.