Vers l'intégration socio-économique des réfugiés en Géorgie

Articles d'actualité, 20 décembre 2010

© HCR/R.Hackman
De jeunes réfugiés tchétchènes étudient dans un centre communautaire de la vallée de Pankisi.

TBILISSI, Géorgie, 20 décembre (HCR) Le HCR a travaillé conjointement avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de lancer un projet qui devrait faciliter l'intégration socio-économique des réfugiés tchétchènes dans une région défavorisée de Géorgie et dont les communautés d'accueil devraient également bénéficier. Le projet, mené dans la région de la vallée de Pankisi, pourrait devenir un modèle pour d'autres opérations.

Le HCR vient en aide à des réfugiés tchétchènes dans la vallée de Pankisi depuis 1999, lorsqu'environ 8 000 personnes avaient fui vers cette région depuis la Tchétchénie voisine en Fédération de Russie. La plupart d'entre elles sont rentrées en Tchétchénie ou ont rejoint l'Europe de l'Ouest, toutefois environ 800 personnes se trouvent toujours dans la région, où elles vivent au côté des Kistes géorgiens, une communauté musulmane.

« Il est temps désormais de commencer à répondre aux besoins de toutes les personnes qui vivent dans cette vallée pittoresque mais défavorisée du nord-est de la Géorgie, et pas seulement les réfugiés », a indiqué Peter Nicolaus, dont la période d'affectation en tant que délégué du HCR en Géorgie vient de se terminer. « C'est dans ce domaine que l'expertise de notre agence sœur, le PNUD, peut aider. »

Dans le cadre d'un mémorandum d'accord signé entre les deux organisations en début de mois, le HCR supprimera progressivement l'assistance fournie individuellement et le PNUD améliorera l'accès aux écoles pour les communautés locales et les réfugiés dans la vallée de Pankisi où ils peuvent recevoir une éducation structurée et développer des compétences professionnelles. L'appui du PNUD se concentrera sur le développement local et sur le renforcement des perspectives d'emploi.

Ces régions apparaissent comme étant particulièrement prometteuses dans les domaines de la menuiserie, de la couture et de l'apiculture. « Il y a un marché là-bas, au-delà de notre vallée, nous avons juste besoin de le valoriser », a indiqué Ramzan, qui souhaite monter une association avec d'autres apiculteurs pour vendre ensemble leurs produits de qualité.

Zurab, qui emploie six personnes dans son atelier de menuiserie, nourrit également d'ambitieux projets. « Nous souhaiterions nous agrandir et nous sommes prêts à assurer une formation pour l'acquisition de connaissances pratiques », a-t-il indiqué.

Le HCR a aidé des personnes comme Ramzan et Zurab à créer leur affaire, et le PNUD est désormais prêt à les aider pour l'étape suivante et à agrandir leur entreprise pour contribuer à plus grande échelle au développement de la vallée de Pankisi.

L'agriculture est également importante, tout spécialement l'élevage de bétail et de moutons. Les centres de formation du PNUD ont pour vocation d'enseigner aux réfugiés et aux communautés locales comment entretenir un troupeau de vaches laitières en bonne santé ainsi que de former de futurs vétérinaires. Les fermiers apprendront de nouvelles technologies agricoles et des moyens plus efficaces pour l'agriculture, alors que seront établies des chaînes de valeur ajoutée et une infrastructure.

« Notre travail dans la vallée de Pankisi est un exemple de la façon dont les agences des Nations Unies se complètent les unes les autres pour le bénéfice des personnes », a indiqué Jamie McGoldrick, le coordonateur résident des Nations Unies en Géorgie. « Le HCR a donné le coup d'envoi du développement économique dans la vallée avec son assistance fournie aux réfugiés. Le PNUD s'engage désormais pour étendre ces activités vers un programme à plus grande échelle pour le développement économique et social. »

L'expertise du PNUD peut développer et renforcer les stratégies pour soutenir une croissance économique durable, tout spécialement en se concentrant sur des partenariats avec le secteur privé et en encourageant de nouveux modes pour impliquer les représentants des petites entreprises dans le développement national.

Le PNUD mènera également des initiatives sur la réduction des risques de catastrophes pour aider à gérer les menaces environnementales, comme les inondations éclair, dans la région. Cette année, lorsque des inondations ont menacé 200 foyers dans la vallée, le PNUD a aidé les autorités locales à nettoyer en amont les méandres et le lit de la rivière Alazani pour protéger les maisons et les fermes des habitants.

Cette initiative portant sur des solutions transitoires pourrait devenir un modèle pour le HCR et le PNUD à appliquer dans d'autres pays où l'intégration paraît être la meilleure solution pour des réfugiés ou d'autres déracinés. L'année prochaine, le HCR et le PNUD espèrent étendre le programme pour aider les personnes déplacées internes vivant dans d'autres régions de la Géorgie.

Par Suzanne Murray-Jones à Tbilissi, Géorgie

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