Le HCR déplore les pertes en vie humaine aprés le naufrage d'un bateau à Christmas Island

Articles d'actualité, 15 décembre 2010

© AP Photo/ABC
Depuis la côte rocheuse de Christmas Island, des personnes tentent de secourir des personnes, alors qu'un bateau s'est brisé sur la falaise ce matin dans une mer démontée. Il aurait transporté des demandeurs d'asile à son bord.

GENÈVE, 15 décembre (HCR) Le HCR a fait part de son émoi et de sa profonde tristesse après les tragiques pertes en vie humaine mercredi lors du naufrage d'une embarcation à Christmas Island en Australie. Ce bateau aurait transporté à son bord des demandeurs d'asile.

Selon les informations, quelque 27 personnes ont trouvé la mort, y compris des enfants, lorsque l'embarcation s'est brisée sur les rochers dans une mer démontée. Plus de 42 personnes ont été secourues, certaines sont gravement blessées. Les passagers seraient des Iraniens et des Iraquiens.

L'Australie a établi un centre de rétention sur Christmas Island qui héberge actuellement quelque 3 000 demandeurs d'asile.

La porte-parole du HCR, Melissa Fleming, déplore ces pertes en vie humaine. « Nous estimons qu'un nombre trop important de personnes perdent tragiquement la vie en tentant désespérément d'échapper au conflit, à la persécution et à la pauvreté », a-t-elle indiqué dans un communiqué de presse.

Le HCR constate que le mouvement de dizaines de milliers de migrants et de demandeurs d'asile met à rude épreuve les capacités des pays sur les côtes de l'Asie-Pacifique, de la Méditerranée, des Caraïbes ou du golfe d'Aden. « Il faut reconnaître à cet égard qu'un grand nombre des personnes arrivant par bateau dans ces régions se trouvent être des réfugiés », a ajouté Melissa Fleming.

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A la dérive vers l'Italie

Chaque année, la mer Méditerranée - une destination estivale parmi les plus prisées en Europe - se transforme en cimetière. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants s'y noient, au cours de leur tentative désespérée pour atteindre des pays de l'Union européenne (UE).

La distance entre l'île italienne de Lampedusa et la côte libyenne est tout juste de 290 kilomètres. En 2006, quelque 18 000 personnes ont traversé ce bras de mer - la plupart dans des embarcations gonflables équipées de moteurs hors-bord. Certains cherchaient du travail, d'autres voulaient retrouver des membres de leur famille ou d'autres encore fuyaient la persécution, le conflit ou les violences. Ils n'avaient pas d'autre choix que celui de fuir, en quête de sécurité, via des itinéraires clandestins.

Parmi ceux qui ont réussi à atteindre Lampedusa, quelque 6 000 d'entre eux ont demandé l'asile. Et près de la moitié ont été reconnus comme réfugiés ou ont obtenu la protection des autorités italiennes.

En août 2007, les autorités à Lampedusa ont ouvert un nouveau centre de réception pour assurer que les personnes arrivant par bateau ou secourues en mer soient accueillies dans la dignité, et hébergées de façon appropriée, et qu'elles puissent recevoir des soins de santé.

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Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

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Repérés au large des îles Canaries

Malgré des dangers considérables, des migrants en quête d'un avenir meilleur, et des réfugiés fuyant la guerre et les persécutions, continuent à embarquer dans des bateaux de fortune pour des traversées en haute mer. L'un des principaux itinéraires vers l'Europe part de l'ouest de l'Afrique vers l'archipel des Canaries, un territoire espagnol.

Avant 2006, la plupart des migrants irréguliers, empruntant cet itinéraire sur l'océan Atlantique, embarquaient sur des pateras, des bateaux pouvant transporter jusqu'à 20 personnes. Les pateras partaient en majorité depuis le Maroc et le Territoire du Sahara occidental, pour une traversée d'une demi-journée. Les pateras ont été remplacés par des bateaux plus importants appelés des cayucos, qui peuvent transporter jusqu'à 150 personnes. Les cayucos partent depuis des ports situés dans des pays d'Afrique de l'Ouest comme la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Sénégal ou la Sierra Leone. Ils prennent plus de trois semaines pour atteindre les Canaries.

Parmi les 32 000 personnes arrivées dans les îles Canaries, seule une petite proportion d'entre elles (359 personnes) ont demandé l'asile en 2006. En 2007, plus de 500 demandes d'asile ont été déposées aux îles Canaries. Ce chiffre est particulièrement significatif, étant donnée la diminution de 75 pour cent de nombre global des arrivées par la mer en 2007.

Repérés au large des îles Canaries