16 Journées d'action : Dénoncer la violence sexuelle en Colombie

Articles d'actualité, 1 décembre 2010

© HCR/W.Vargas
Un groupe de femmes déplacées dans le nord de la Colombie discute des problèmes de la violence sexuelle à l'encontre des femmes.

BOGOTA, Colombie, 6 décembre (HCR) La campagne annuelle des 16 Journées d'action contre la violence sexiste s'achevant cette semaine a une signification toute particulière pour les femmes déracinées en Colombie où, parmi elles, une femme sur six est victime de la violence sexuelle.

De plus, selon le médiateur du pays, en 2008, plus de 40 pour cent des femmes déracinées connues pour être des victimes de la violence sexuelle et sexiste en Colombie en 2008 étaient âgées de moins de 14 ans. Les chiffres pour l'année dernière ne sont pas encore disponibles.

Le HCR et ses partenaires, y compris le gouvernement central, sont vivement préoccupés par ces statistiques. Pour répondre à ce problème, l'agence pour les réfugiés mène des projets sur la prévention et la protection contre la violence sexuelle et sexiste dans la plupart de ses bureaux de terrain.

L'agence travaille avec un large échantillon de personnes pour maximiser ses efforts en vue de réduire le taux de violence sexuelle à l'encontre des femmes, aider les victimes, fournir un soutien et sensibiliser sur l'impact négatif de la violence sexuelle et sexiste sur la société. Cinq des partenaires du HCR ont présenté leur travail visant à combattre ce fléau.

Marta dirige une organisation pour les femmes dans les régions défavorisées de la ville de Cucuta, au nord du pays, près de la frontière avec le Venezuela. En 1999, elle a été victime de la violence menée par des groupes armés illégaux. « Depuis ce jour, j'ai voulu aider d'autres femmes dans la même situation. J'ai vu des femmes qui avaient peur de donner même leur nom. Désormais elles affrontent vaillamment l'adversité et elles dirigent leur propre organisation. Alors je suis vraiment très fière. Nous sommes peu nombreuses, mais nous travaillons comme des fourmis », a indiqué Marta.

Ana est l'une des dirigeantes d'une communauté indigène dans le département instable de Putumayo, où la violence sexuelle et sexiste est un problème majeur parmi les tribus locales. Son objectif est de réduire la violence domestique. « Je pense qu'il est réellement important de travailler avec les femmes, tout spécialement les veuves et les femmes célibataires, pour essayer d'améliorer et de stabiliser leur situation socio-économique. A mon avis, la violence domestique peut s'arrêter en retrouvant le respect et des valeurs mutuels. Alors je concentre mon travail sur la famille toute entière. »

Yiján est l'une des dirigeantes d'une communauté afro-colombienne de Quibdo, le chef-lieu du département de Choco. Elle sensibilise contre la violence sexuelle et sexiste parmi les femmes déplacées et la communauté hôte et elle estime que chaque femme devrait organiser elle-même sa vie. « Une femme seule restant à la maison et qui réfléchit sur la façon de changer sa vie est très différente d'un groupe de femmes travaillant activement ensemble. J'ai rencontré des femmes qui, au début de réunions participatives pour mieux se connaître, avaient de multiples problèmes avec leurs maris. J'ai vu plus tard ces mêmes maris participer aux réunions et traiter leurs épouses en tant que femmes à part entière. C'est vraiment très beau. »

Daminson est étudiant à Buenaventura, la plus importante ville portuaire sur la côte Pacifique en Colombie et aussi un refuge pour les personnes déplacées internes dans l'ouest du pays. Il a décidé de rejoindre un groupe de jeunes qui lutte contre la violence sexuelle à l'encontre des femmes car « c'est un grave problème. Vous le voyez dans de nombreuses familles? Et aussi de nombreux jeunes n'ont aucun respect envers leur petite amie. Nous faisons de la sensibilisation par des jeux à l'école, dans les communautés et autres et nous essayons de montrer que tous les problèmes peuvent se résoudre par la discussion. »

Luz dirige une organisation pour les femmes dans la ville de Chigorodo, au nord du pays, près de la frontière avec le Panama. Elle affirme que la notion de tolérance est cruciale. « Dans l'organisation que je dirige, la plupart des membres sont des femmes déplacées internes qui vivent seules. Alors il est important d'apprendre aux gens que les femmes peuvent vivre et travailler en l'absence des hommes. Nous exhortons également les victimes de la violence sexuelle à l'encontre des femmes de porter plainte auprès des autorités compétentes. Par exemple, l'une de nos membres a été attaquée et elle en a avisé les autorités, qui ont lancé une action en réponse. »

Par Gustavo Valdivieso à Bogotá, Colombie

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Femmes

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Manuel du HCR pour la protection des femmes et des filles

Ce guide décrit certains des défis en matière de protection auxquels sont confrontées les femmes et les filles relevant de la compétence du HCR et esquisse diverses stratégies devant être adoptées avec les partenaires pour relever ces défis. Première édition, publiée en janvier 2008.

Colombie : Vivre dans les «barrios»

Après plus de quarante ans de guerre civile, la Colombie recense l'une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde. Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons ; beaucoup d'entre elles ont quitté des régions rurales éloignées pour aller chercher une sécurité relative dans les villes.

Les familles de personnes déplacées échouent la plupart du temps dans des taudis à la périphérie des grandes villes, où elles vivent dans un grand dénuement. Juste à la sortie de Bogota, des dizaines de milliers de personnes déplacées vivent dans les bidonvilles de Los Altos de Cazuca et de Los Altos de Florida. Les déplacé internes n'ont pratiquement pas accès aux services de santé, d'éducation ou de logement décent. La sécurité est également un problème, des gangs et des groupes armés contrôlant les bidonvilles et prenant souvent pour cible les jeunes.

L'UNHCR travaille en collaboration avec les autorités dans une dizaine de communes à travers la Colombie afin de s'assurer que les droits des personnes déplacées soient respectés, y compris leur accès aux services de base : la santé, l'éducation et la sécurité.

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Les populations indigènes en Colombie

Forcés de fuir la violence sévissant sur leurs territoires, les peuples indigènes en Colombie luttent pour éviter une rupture de leurs liens communautaires et culturels. On compte environ un million de personnes indigènes en Colombie. Elles appartiennent à 80 groupes différents et composent l'un des héritages autochtones les plus riches et les plus variés au monde. Mais le conflit armé interne frappe particulièrement sévèrement ces populations indigènes.

Comme de nombreux Colombiens, les peuples indigènes n'ont souvent pas d'autre choix que celui de fuir leurs terres pour échapper à la violence. Le déplacement forcé est tout spécialement tragique pour eux car ils sont attachés à leurs terres ancestrales par des liens très forts. Souvent leur survie économique, sociale et culturelle dépend de la préservation de ces liens. Selon l'Association nationale indigène colombienne (ONIC), quelque 18 groupes ethniques minoritaires se trouvent en danger réel d'extinction. L'UNHCR travaille avec eux pour les aider dans leur lutte à rester sur leurs terres ou pour reconstruire leur vie quand ils ont été forcés à fuir.

L'UNHCR aide aussi des réfugiés indigènes accueillis dans des pays voisins comme le Panama, l'Equateur, le Vénézuela et le Brésil. L'UNHCR développe une stratégie régionale pour mieux répondre aux besoins spécifiques des populations indigènes durant l'exil.

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Réfugiés invisibles au Panama

La guerre civile en Colombie a forcé des millions de personnes à fuir de chez elles, dont des centaines de milliers qui ont cherché refuge dans d'autres pays de la région.

Au Panama, le long de la frontière avec la Colombie, la région de Darien est recouverte d'une épaisse jungle inhospitalière et accessible uniquement par bateau. Néanmoins, de nombreux Colombiens sont venus jusque-là pour trouver refuge, après avoir fui les groupes armés irréguliers qui contrôlent de vastes territoires de jungle de l'autre côté de la frontière.

De nombreuses familles réfugiées au Darien font partie de minorités éthniques de Colombie - indigènes ou afro-colombiennes - qui ont été particulièrement affectées par le conflit et déplacées en grand nombre. Ces dernières années, un nombre croissant de réfugiés colombiens ont également rejoint la capitale, Panama City.

Environ 12 500 Colombiens relevant du mandat de l'UNHCR se trouvent au Panama, mais beaucoup préfèrent ne pas se faire connaître des autorités et rester cachés. Venir en aide à cette population « invisible » est l'un des plus grands défis que rencontre l'UNHCR non seulement au Panama, mais aussi en Equateur et au Vénézuela.

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