Le HCR appelle à une aide accrue pour la population civile en Somalie

Articles d'actualité, 3 décembre 2010

© HCR/Y.Hassan
A l'occasion d'un appel de fonds, le Haut Commissaire António Guterres exhorte la communauté internationale à aider les Somaliens.

NAIROBI, Kenya, 3 décembre (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a lancé un appel vibrant à la communauté internationale pour qu'elle vienne en aide à la population somalienne en proie à des souffrances persistantes.

Lors d'une déclaration mercredi à l'occasion du lancement à Nairobi de l'Appel humanitaire 2011 pour la Somalie, António Guterres a indiqué que ce pays africain est accablé d'un lourd fardeau résultant de multiples crises ayant eu un effet dévastateur sur sa population civile. Les Nations Unies ont lancé un appel de fonds d'un montant de 530 millions de dollars pour ses projets d'aide humanitaire en Somalie l'année prochaine.

« En Somalie, nous sommes confrontés à une crise humanitaire catastrophique et récurrente qui est compliquée par une situation d'urgence à la fois aigue et prolongée », a indiqué António Guterres. « Les souffrances endurées par la population somalienne sont effroyables et cette situation est unique au monde », a-t-il ajouté.

Le Haut Commissaire a attiré l'attention sur les dimensions humanitaires ou relative aux droits humains de la situation somalienne et a appelé à une action internationale concertée pour protéger et assister les civils, qui ont le plus souffert depuis deux décennies de conflit.

António Guterres a noté que 27 pour cent de la population avait besoin d'une assistance humanitaire. Il a indiqué que la population de déplacés internes compte environ 1,5 million de Somaliens, dont un cinquième ont été déracinés depuis le début de l'année 2010.

Sur ce total de 1,5 million de déplacés internes, plus de 400 000 d'entre eux ont fui vers le corridor d'Afgooye, situé à l'ouest de Mogadiscio, la capitale somalienne. C'est la plus forte concentration de personnes déplacées internes au monde.

Le Haut Commissaire a condamné les violations flagrantes des droits humains en Somalie, en se basant sur les tueries aveugles et la mutilation des civils, le viol des femmes et le recrutement d'enfants soldats. « La protection des civils est devenue la première victime du conflit en Somalie », a-t-il indiqué dans la capitale kényane.

António Guterres a indiqué que la crise en Somalie est devenue un problème d'ordre mondial. La fuite de centaines de milliers de Somaliens vers les pays voisins et au-delà a créé ce qu'il a décrit comme étant « une population réfugiée véritablement mondiale. »

Alors que les réfugiés somaliens bénéficient d'un niveau élevé de protection dans certains pays voisins, le HCR est préoccupé par le rejet de réfugiés et une xénophobie accrue dans de nombreux autres pays. « Aucune autre population réfugiée n'est autant stigmatisée et discriminée que les réfugiés somaliens », a indiqué António Guterres.

Le Haut Commissaire a réitéré que la plus vive préoccupation à laquelle est confrontée son agence est le refoulement des réfugiés somaliens vers leur pays déchiré par le conflit. Il a demandé aux Etats de ne pas fermer leurs portes aux demandeurs d'asile somaliens.

António Guterres a également rendu hommage aux travailleurs humanitaires qui continuent à fournir à la population somalienne une assistance dont le besoin se fait cruellement ressentir, et ce dans des conditions extrêmement pénibles. Ces deux dernières années, 47 travailleurs humanitaires ont été tués en Somalie et 35 autres ont été enlevés.

Malgré les risques, il a indiqué que la communauté internationale devrait maintenir le cap et ne pas abandonner les Somaliens au moment où ils en ont le plus besoin. Il a appelé à ce que la crise somalienne soit reconnue en tant que priorité humanitaire et qu'elle soit traitée d'urgence.

Par Yusuf Hassan à Nairobi, Kenya

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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Des inondations dans le nord-est du Kenya à la mi-novembre ont causé des dégâts dans les trois camps de réfugiés du complexe de Dadaab. Plus de 100 000 réfugiés sur les 160 000 qui y sont accueillis ont été affectés par ces inondations, en particulier au camp d'Ifo. Les réfugiés ont perdu leurs abris et les latrines ont été inondées et détruites. La route d'accès principale reliant Dadaab au reste du Kenya a été coupée par les inondations dues aux fortes pluies, empêchant tout approvisionnement d'aide par voie terrestre.

L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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