Le programme pour les logements d'urgence s'achève dans le sud du Kirghizistan et les efforts se portent sur la protection et la consolidation de la paix

Points de presse, 3 décembre 2010

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 3 décembre 2010 au Palais des Nations à Genève.

Cette semaine, le HCR a achevé, dans le sud du Kirghizistan, son programme pour les logements d'urgence qui visait à fournir des hébergements temporaires à plus de 13 400 personnes, dont les maisons avaient été endommagées ou détruites durant les violences survenues en juin dernier dans le pays. Fournir un hébergement convenable avant l'hiver était un objectif important. La violence survenue au mois de juin a coûté la vie de plus de 400 personnes, et en a déplacé 375 000 autres, dont 75 000 d'entre elles s'étaient brièvement réfugiées en Ouzbékistan.

Maintenant que ce travail pour les hébergements d'urgence est achevé, nos efforts vont se concentrer sur la réconciliation, et en particulier à raffermir l'état de droit et les droits humains. La situation dans cette partie du Kirghizistan reste fragile.

En tout, quelque 2 000 maisons ont été réparées ou construites durant les trois derniers mois, parmi lesquelles 1 700 d'entre elles avaient été complètement détruites. L'achèvement anticipé de ce programme est important. De notre point de vue, l'engagement et la coordination des organisations qui sont nos partenaires ainsi que l'appui du Président kirghize, du gouvernement et des autorités du pays ont été essentiels pour son bon déroulement. Le HCR a également procédé à la construction des quatre cinquièmes de ces logements de transition. Avec les logements construits et les personnes qui y ont emménagé, le HCR continuera à aider à la restauration des documents d'identité et des droits au logement, à la terre et à la propriété.

Les bénéficiaires ont été très heureux de cette initiative. Avec l'arrivée de l'hiver, les températures nocturnes dans le sud du Kirghizistan sont déjà inférieures à 0°C et vont, selon les prévisions, atteindre -10°C dans les prochains jours. Des personnes nous ont indiqué qu'elles ne pensaient pas avoir un toit au-dessus de la tête avant l'hiver, et, il y a seulement quelques mois, on parlait de civils cherchant à quitter le pays.

Tous les logements de transition sont chauffés et ils répondent aux normes anti-sismiques. Ils ont été construits sur les fondations des maisons détruites. La construction de logements d'urgence et de transition a coûté au HCR plus de neuf millions de dollars, sur un budget total pour le Kirghizistan en 2010 s'élevant à 23 millions de dollars. Les besoins pour 2011 sont estimés à 11,4 millions de dollars. La majeure partie de ce financement sera affectée à l'amélioration des moyens d'existence et à l'accès de tous aux droits et aux services essentiels ainsi qu'à la délivrance de nouveaux documents d'identité.

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L'apatridie au Kirghizistan

Deux décennies après la désintégration de l'Union soviétique, des milliers de gens vivant dans d'anciennes Républiques soviétiques comme le Kirghizistan sont toujours confrontés à des problèmes de citoyenneté. Le HCR a recensé plus de 20 000 apatrides dans cette nation d'Asie centrale. Aucun pays ne reconnaît ces personnes comme ses ressortissants en vertu de sa législation. Si bon nombre d'entre eux relèvent en principe de la loi kirghize sur la citoyenneté, leur nationalité n'a pas été confirmée dans le cadre des procédures actuelles.

La plupart des apatrides vivant au Kirghizistan résident sur le territoire depuis de nombreuses années, ont de la famille proche dans le pays et sont bien intégrés, tant du point de vue social que culturel. Mais comme ils ne possèdent pas de documents d'identité, ils ne peuvent faire des choses que la plupart des gens tiennent pour acquises : remplir les formalités nécessaires pour se marier ou déclarer la naissance d'un enfant, voyager au Kirghizistan ou à l'étranger, toucher une pension de retraite ou des allocations sociales, ou encore posséder un bien. Ils sont plus exposés aux difficultés économiques, sont davantage touchés par le chômage et ne peuvent bénéficier pleinement du système public d'enseignement et de santé.

Depuis son accession à l'indépendance en 1991, le Kirghizistan a pris plusieurs mesures positives pour réduire et prévenir l'apatridie. En vertu de son mandat sur l'apatridie, le HCR prête son concours au pays, en dispensant des conseils sur la législation ou les pratiques, et en apportant une aide technique aux personnes chargées de résoudre les problèmes de citoyenneté. Les ONG partenaires de l'agence pour les réfugiés offrent une assistance juridique aux apatrides et les guident dans leurs démarches pour obtenir la nationalité.

Cependant, le problème de l'apatridie au Kirghizistan est complexe et des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se heurtent encore à des obstacles juridiques, administratifs et financiers lorsqu'elles cherchent à confirmer leur citoyenneté kirghize ou à obtenir la nationalité du pays. En 2009, avec le soutien du HCR, le gouvernement a adopté un plan d'action national pour prévenir et réduire l'apatridie. En 2011, l'organisation aidera les autorités à réviser le plan et à prendre des mesures concrètes pour le mettre en oeuvre. Tous les intervenants devront déployer un effort concerté, afin d'éviter que l'apatridie ne devienne un problème persistant, se transmettant de génération en génération.

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