Table ronde à Strasbourg sur les questions brûlantes d'intégration et de réinstallation des réfugiés

Les débats clés, 18 novembre 2010

© HCR/W.Spindler
Les participants écoutent une intervention lors de la table ronde d'experts organisée à Strasbourg sur les questions brûlantes d'intégration et de réinstallation des réfugiés en Europe.

STRASBOURG, France, 18 novembre (HCR) L'intégration des étrangers dans les sociétés européennes suscite un débat passionné et parfois houleux en Europe. Les discussions font souvent l'impasse sur les difficultés spécifiques auxquelles les réfugiés, à la différence des autres étrangers, se heurtent lorsqu'ils tentent de s'intégrer dans cette importante région.

Pour aider à combler cette lacune et examiner le rôle de l'intégration locale et de la réinstallation comme réponses aux problèmes des réfugiés et comme solutions durables, le HCR et le Conseil de l'Europe ont organisé une table ronde d'experts cette semaine à Strasbourg.

« L'objectif de la table ronde était d'avoir un échange constructif d'opinions et d'idées sur la meilleure manière de réaliser l'intégration des réfugiés dont un grand nombre reste en marge de la société, souffre de discrimination et sert souvent de bouc émissaire pour tous les problèmes qui touchent l'Europe », a affirmé Olivier Beer, le représentant du HCR auprès des institutions européennes à Strasbourg.

« Il est important de rappeler aux Etats membres du Conseil de l'Europe que l'intégration est un processus à double sens qui nécessite une approche basée sur les droits de l'homme et que l'Europe doit faire davantage d'efforts en matière de réinstallation des réfugiés ».

Des experts gouvernementaux, des chercheurs indépendants, des universitaires et des diplomates originaires des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe ont participé à ce rassemblement lundi.

« Le Comité européen sur la migration du Conseil de l'Europe a fait des recommandations aux ministres européens en préconisant des interactions positives, visant à donner un sentiment d'appartenance aux migrants et aux réfugiés », a déclaré Maria Ochoa-Llidó, chef du service en charge de la cohésion sociale et de la migration au Conseil. « L'approche doit être positive et bénéficier à la fois à la personne et à la société d'accueil. Nous souhaitons permettre au migrant d'assumer son propre processus d'intégration ».

Emilie Wiinblad, haut fonctionnaire chargé des politiques au Bureau Europe du HCR, énonce certaines des difficultés : « La plupart des politiques gouvernementales sont conçues pour faciliter l'intégration de tous les migrants, mais ne tiennent pas compte du fait que les réfugiés ont des besoins spécifiques ».

Elle note, par exemple, que les réfugiés sont censés se tourner vers l'Etat pour obtenir de l'aide, mais que pour de nombreux réfugiés l'Etat n'a pas été une source d'aide ou de compassion dans leur propre pays. « Ils ont perdu toute confiance dans le gouvernement et ils doivent apprendre à refaire confiance à l'Etat. Une autre différence essentielle tient au fait que les réfugiés, contrairement aux migrants, n'ont pas la possibilité de rentrer chez eux si les difficultés d'intégration dans leur nouveau pays s'avèrent trop importantes ».

Nancy Polutan, administrateur régional chargé de l'intégration au bureau du HCR à Budapest, fait remarquer que l'intégration comporte plusieurs dimensions : « La dimension juridique, notamment un statut juridique stable ; la dimension socioéconomique, qui inclut le logement, l'emploi, l'éducation et la santé ; et la dimension socioculturelle, qui inclut l'acquisition de la langue, la pleine participation à la société, etc. ».

Afin de permettre aux autorités nationales et aux autres intervenants concernés de mesurer leurs politiques par rapport à certains critères sur lesquels ils se sont mis d'accord, le HCR a conçu un système d'évaluation analytique en ligne qui les aide à évaluer de manière qualitative les différentes dimensions de l'intégration. Le HCR travaille avec plusieurs pays d'Europe centrale pour développer et utiliser cet outil d'évaluation de l'intégration.

Si pour de nombreux réfugiés le retour librement consenti ou l'intégration dans leur pays d'asile offre les meilleures solutions durables, pour certains la réinstallation dans un pays qui a donné son accord pour les admettre est la seule solution viable. Il existe cependant un immense fossé entre les besoins et les capacités de réinstallation. L'Union européenne, par exemple, ne fournit actuellement que 7,5% de toutes les places de réinstallation dans le monde. Un programme plus important de réinstallation à l'échelle de l'Union européenne fournirait des solutions aux réfugiés tout en manifestant une solidarité avec les grands pays d'accueil de réfugiés dans le monde en développement.

Parmi certaines initiatives récentes pilotées par le HCR en Europe, il existe un projet de coopération en matière de réinstallation dans l'UE, axé sur l'accueil et l'intégration des réfugiés réinstallés. « L'accueil et l'intégration à l'échelon municipal sont essentiels pour le succès de l'intégration des réfugiés réinstallés et le HCR encourage les municipalités des pays européens à échanger des informations sur les bonnes pratiques dans ce domaine », affirme Johannes van Gemund, fonctionnaire chargé des politiques au Bureau Europe du HCR.

Par William Spindler à Strasbourg, France

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Manuel de réinstallation du HCR

Un document de référence dans l'élaboration des critères régissant la réinstallation et des différentes approches en matière de politique de réinstallation.

Intégration sur place

Grâce à l'intégration dans leur communauté d'accueil, les réfugiés peuvent vivre dans la dignité et dans la paix.

Réinstallation

Cette alternative, offerte à ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux, est rendue possible par le HCR et les gouvernements.

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Dehors dans le froid à Calais

Un grand nombre de jeunes hommes et d'adolescents originaires d'Afghanistan, d'Erythrée, d'Iran, d'Iraq, de Somalie et du Soudan arrivent à Calais, une ville portuaire du nord de la France, après un long et dangereux périple. Certains ont fui leur pays pour échapper aux persécutions, au conflit ou à l'enrôlement forcé ; d'autres recherchent une vie meilleure. La ville de Calais est devenue un point de transit où des passeurs ont des réseaux établis qui amènent ces hommes vers d'autres pays européens. Les demandeurs d'asile et les migrants bâtissent des camps de fortune qui sont régulièrement rasés par la police française. Le plus souvent, ils doivent dormir en plein air et ils vivent dans la crainte constante d'une arrestation ou d'une expulsion. Le HCR a ouvert un bureau à Calais, dans le but d'informer les jeunes arrivants sur les procédures d'asile en France ainsi que d'autres aides disponibles.

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Depuis Paris avec affection, des jouets pour les enfants syriens

Chaque année, le Musée du Quai Branly à Paris organise une collecte de jouets auprès d'écoliers à Paris et, avec un peu d'aide du HCR et d'autres partenaires clés, les envoie aux enfants réfugiés qui ont tant perdu.

Cette année, les bénéficiaires étaient des dizaines d'enfants syriens vivant dans deux camps de réfugiés en Turquie, l'un des principaux pays d'accueil pour plus de 1,4 million de Syriens qui ont fui leur pays, avec ou sans leurs familles. La plupart des enfants sont traumatisés et ils ont perdu toutes leurs affaires dans les décombres en Syrie.

La semaine dernière, le personnel du musée, le HCR et la Fédération des Associations d'Anciens du Scoutisme ont rassemblé les jouets et les ont emballés dans 60 colis. Ces colis ont ensuite été transportés vers la Turquie par Aviation sans Frontières puis acheminés vers l'école maternelle et des garderies dans les camps de Nizip-1 et Nizip-2 près de la ville de Gaziantep.

Ce cadeau a été donné par des enfants grandissant paisiblement dans la capitale française. Les jouets ont apporté un rayon de soleil dans la vie de ces jeunes réfugiés syriens et leur rappelle qu'ils ne sont pas oubliés par d'autres enfants dans le monde extérieur.

Ces images de la distribution de jouets ont été prises par le photographe Aytac Akad et Selin Unal du HCR.

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Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

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Malgré des températures négatives, des migrants et des demandeurs d'asile continuent à affluer vers la ville portuaire de Calais dans le nord de la France, avec l'objectif de traverser la Manche vers le Royaume-Uni. Certains sont originaires de zones de conflit et le HCR fait son possible pour qu'ils aient accès aux procédures d'asile. 02/02/2010