Les Etats d'Amérique latine sont priés d'adhérer aux conventions sur l'apatridie

Articles d'actualité, 11 novembre 2010

© HCR/J.I.De Carli
Miguel Kreiter, ancien réfugié, n'a découvert qu'il était apatride qu'après avoir vécu pendant plusieurs dizaines d'années en Argentine.

BUENOS AIRES, Argentine, 1 novembre (HCR) A la fin de l'année dernière, seules 118 personnes étaient enregistrées comme apatrides dans l'ensemble de l'Amérique latine, sur plus de 6 millions dans le monde entier. Mais de même que l'estimation du nombre réel d'apatrides dans le monde atteint 12 millions, le nombre de personnes dépourvues de citoyenneté dans la région est probablement beaucoup plus élevé, la plupart d'entre eux provenant d'autres continents.

A la veille du 50ème anniversaire de la Convention des Nations Unies sur la réduction des cas d'apatridie, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés est déterminée à aider ces apatrides en encourageant davantage de pays d'Amérique latine à adhérer à la Convention de 1961 et à la Convention de 1954 relative au statut des apatrides.

Le problème de l'apatridie et l'adhésion à ces deux conventions seront à l'ordre du jour d'une réunion importante qui se tient aujourd'hui au Brésil sur la protection des réfugiés, l'apatridie et les mouvements migratoires mixtes dans les Amériques. De hauts fonctionnaires du HCR et des représentants de 20 pays participent à ce rassemblement, en présence du ministre brésilien de la Justice.

La plupart des apatrides en Amérique latine viennent d'autres continents et beaucoup sont pris dans des flux migratoires mixtes, mais il existe aussi des personnes dans la région qui n'ont pas de nationalité pour une raison ou une autre.

L'absence de nationalité peut avoir un impact dévastateur sur la vie quotidienne d'une personne ; cela peut affecter l'accès aux soins de santé, à l'éducation, aux droits de propriété et la capacité de circuler librement. Les apatrides sont également exposés à des traitements arbitraires et à des crimes comme la traite. La citoyenneté est vitale pour le bien-être d'une personne et sa participation à la société.

Miguel Kreiter, un réfugié apatride enregistré en Argentine, est né en Autriche en 1945, peu après que sa famille ait fui l'Union soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a obtenu une carte de séjour et une carte d'identité pour étrangers.

C'est en faisant une demande de passeport pour pouvoir rendre visite à des proches parents au Canada qu'il a réalisé qu'il avait un problème. On lui a dit que ni la Fédération de Russie, ni l'Autriche, ni l'Argentine ne le reconnaissaient comme citoyen il était apatride et il n'avait pas droit à des documents de voyage. « Je ne savais pas ce que signifiait être apatride ? J'ignorais quels étaient mes droits ou à qui demander de l'aide », a-t-il déclaré au HCR. « Je n'étais personne et j'avais l'impression de ne rien pouvoir faire ».

Le charpentier de 65 ans disait que sa sœur serait confrontée au même problème pour pouvoir voyager.

Au moins le problème de Miguel Kreiter est découvert et il peut faire quelque chose pour y remédier. En outre, l'Argentine compte parmi les Etats d'Amérique latine parties à la Convention de 1954 relative au statut des apatrides. Elle n'a cependant pas encore adhéré à la Convention de 1961 et doit encore instaurer des procédures formelles pour déterminer les cas d'apatridie.

Beaucoup d'autres pays de la région n'ont même pas adhéré à la Convention de 1954 et ne disposent d'aucun mécanisme pour reconnaitre les apatrides et les assister. De plus, dans certains pays d'Amérique latine les lois sur la nationalité contiennent des lacunes qui pourraient générer de nouvelles situations d'apatridie.

Lors de la réunion à Brasilia, le HCR encouragera les Etats présents à redoubler d'efforts pour prévenir les cas d'apatridie et y répondre. L'adhésion aux deux conventions représenterait un immense progrès.

En attendant, Miguel Kreiter a été reconnu comme réfugié apatride par l'Argentine et se verra délivrer un document de voyage. Il a demandé la citoyenneté. Des millions d'autres personnes dans le monde n'ont pas cette chance.

Par Juan Ignacio Mondelli à Buenos Aires, Argentine

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Angelina Jolie oeuvre pour la réintégration des rapatriés afghans

L'Ambassadrice de bonne volonté pour le HCR, Angelina Jolie, est retournée en Afghanistan en mars 2011. Lors de sa seconde visite, l'actrice célèbre a appelé à oeuvrer davantage pour la réintégration des anciens réfugiés afghans. Plus de 5,5 millions de réfugiés sont rentrés en Afghanistan depuis 2002, principalement depuis le Pakistan et l'Iran ; ils représentent maintenant 20 pour cent de la population. Le HCR est préoccupé par le fait qu'un trop grand nombre de ces anciens réfugiés sont toujours sans emploi et sans logement et qu'ils ne peuvent subvenir à d'autres besoins fondamentaux.

L'actrice a rendu visite à plusieurs familles qu'elle avait rencontrées en 2008 et qui vivent toujours dans un entrepôt délabré à Kaboul. Elle a été bouleversée de voir ces familles luttant pour leur survie dans un bâtiment froid et humide. Chaque jour, les enfants lavent des vitres de voitures afin de subvenir aux besoins de la famille, au lieu d'aller à l'école. Les personnes âgées et malades ont fait part à Angelina Jolie de leur désespoir d'être un fardeau pour les jeunes générations.

Angelina Jolie a également rencontré des réfugiés rapatriés vivant à Alice Ghan et Barikab au nord de Kaboul, après avoir été bénéficiaires d'un programme d'allocation des terres. Ces rapatriés ont exprimé leur gratitude d'avoir un logement, mais ils déplorent le manque de moyens d'existence. L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR s'est également rendue dans le village de Qala Gadu, où est actuellement construite une école primaire qu'elle a financée et qui sera destinée aux jeunes filles.

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Les réfugiés rohingyas au Bangladesh

En 1991, quelque 250 000 réfugiés du nord de l'État de Rakhine au Myanmar ont fui leur pays en bateau ou à pied, pour rejoindre la région de Cox's Bazar au Bangladesh voisin, où ils ont été accueillis dans une vingtaine de camps. Alors que la majorité est depuis rentrée chez elle, environ 20 500 personnes - pour la plupart des Rohingyas, une minorité ethnique musulmane - se trouvent encore dans deux des camps d'origine.

Les conditions de vie dans ces camps sont en-dessous des standards, de nombreux réfugiés vivant dans des abris surpeuplés ayant besoin d'importantes réparations. De fréquentes pluies diluviennes inondent la zone, endommageant davantage l'hébergement et propageant des maladies. Le harcèlement et les discriminations aggravent encore le sort des réfugiés rohingyas, mais la majorité d'entre eux disent ne pas vouloir rentrer au Myanmar avant l'instauration de la paix et de la démocratie.

L'UNHCR a étendu ses activités de suivi de protection à Cox's Bazar pour répondre également aux problèmes de violences sexuelles et à l'encontre des femmes, ainsi qu'au trafic de femmes et d'enfants. En coordination étroite avec d'autres agences des Nations Unies, des organisations non gouvernementales et les gouvernements, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés travaille pour trouver une solution durable pour les réfugiés rohingyas.

Les réfugiés rohingyas au Bangladesh

Tchad

Depuis le début des hostilités l'an dernier dans la région du Darfour, à l'ouest du Soudan, plus de 110 000 réfugiés soudanais ont fui vers le Tchad voisin. Ils sont aujourd'hui dispersés le long d'une zone frontalière désertique de 600km, exposés à des conditions extrêmes, sous un soleil de plomb le jour et par des températures glaciales la nuit.

Dans cette zone inhospitalière, l'accès aux réfugiés est difficile. Le personnel de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés doit sillonner la région des jours durant pour les localiser. Les bombardements sur la zone frontalière et les raids transfrontaliers des milices soudanaises mettent ces réfugiés en danger et soulignent l'urgente nécessité de les transférer dans des camps à l'intérieur du pays. De plus, la saison des pluies qui débute en mai rend la circulation impraticable sur les pistes sablonneuses. Les travailleurs humanitaires sont lancés dans une course contre la montre pour apporter un secours d'urgence à ces réfugiés.

Tchad