Un réfugié afghan handicapé retourne à l'école grâce à un fauteuil roulant

Agir pour faire la différence, 3 novembre 2010

© HCR/F.Ahmed
Des employés du HCR discutent avec Mohammed, assis dans son nouveau fauteuil roulant.

VILLAGE DE REFUGIES DE SURKHAB, Pakistan, 3 novembre (HCR) Affecté d'une forme sévère de poliomyélite, Mohammad Zai Parishan n'a pas pu être scolarisé pendant près de 10 ans. Après que le HCR ait fourni un fauteuil roulant à ce jeune réfugié afghan, sa vie a changé de façon spectaculaire.

« Jusqu'à mes 17 ans, je passais mes journées assis à la maison et j'étais désespéré car tous mes amis allaient à l'école alors que cela m'était impossible. J'étais très jaloux, mais personne n'avait le temps ni la force de me porter jusqu'à l'école », a indiqué ce jeune homme de 21 ans à des visiteurs du HCR dans le village de réfugiés de Surkhab près de Quetta, la capitale du Balouchistan, au Pakistan.

Après que le HCR lui ait donné son tout premier fauteuil roulant il y a quatre ans, Mohammad était si impatient de retourner à l'école qu'il a effectué un cursus de trois ans en une seule année. « Ma mère était également impatiente que j'étudie et, même si j'ai reçu une éducation religieuse à la maison, je ne pouvais pas absorber autant d'information que j'aurais voulu avant de pouvoir enfin retourner à l'école », s'est-il rappelé.

Le mois dernier, le HCR lui a donné un nouveau fauteuil roulant amélioré à la demande du Haut Commissaire adjoint T. Alexander Aleinikoff, qui a rencontré Mohammad durant une visite à Surkhab. Toutefois alors qu'aller à l'école sur un chemin rocailleux est désormais plus facile, Mohammad reste dépendant d'un camarade de classe.

« Nazar vient me chercher chaque matin et me pousse dans mon fauteuil, ce qui n'est pas facile. Le trajet prend habituellement environ une demi-heure. Je lui donne 400 roupies [environ 10 dollars] par mois et, même si c'est mon meilleur ami, il ne le ferait pas sans cet argent », a indiqué Mohammad en riant. Il contribue de sa poche 150 roupies et le reste du paiement est assuré par l'organisation American Refugee Council (ARC), qui est le partenaire opérationnel du HCR dans le village de réfugiés.

Mohammad, ses trois frères et deux sœurs sont tous nés au Pakistan après que leurs parents aient fui l'Afghanistan suite à l'invasion soviétique de 1979. Le HCR et ses partenaires opérationnels ont aidé le couple à s'installer à Surkhab, où ils vivent une minuscule maison faite de briques de boue, mais propre et bien rangée.

« La situation a été très difficile pour nous lorsque notre fils alors âgé de huit ans a soudain développé une poliomyélite. Il était débordant d'énergie, il était brillant et, brutalement, il ne pouvait plus jouer avec ses amis ni même marcher », a indiqué Banuchi Zai, le père de Mohammad, âgé de 75 ans.

Cette période a été difficile pour Mohammad, mais elle s'est également révélée une expérience formatrice. « J'ai commencé à écrire de la poésie et j'espère avoir exprimé ma tristesse à travers ma plume », a-t-il expliqué. L'une de ses idoles est le poète afghan, Rahman Baba, qui a vécu à Peshawar au 17e siècle. « J'ai quelques livres de ce poète et j'espère un jour que je serai aussi célèbre que lui. J'écris déjà mes poésies sous un nom d'emprunt, qui est Parishan, a-t-il dit avec un grand sourire.

Avec ses projets ambitieux pour l'avenir, peut-être ce brillant jeune homme doué d'un grand sens de l'humour deviendra aussi connu que le poète qu'il admire. « Je veux devenir ingénieur, mais je ne suis pas sûr que ce sera possible du fait de ma maladie. Si je peux améliorer mon état de santé, je pourrai réaliser mon rêve.

Mais tant que je serai dans cet état, ce sera très difficile », a expliqué Mohammad. Il nourrit l'espoir que quelqu'un l'aidera à obtenir un traitement dans un hôpital moderne.

Le village de réfugiés de Surkhab a été créé il y environ 30 ans et quelque 40 000 réfugiés afghans y vivent. « La population est originaire à la fois du nord et du sud de l'Afghanistan et environ 13 groupes ethniques différents y vivent tous ensemble dans la paix », a expliqué Mohammad Ali, assistant du HCR sur le terrain.

De nombreux habitants de ce village sont nés au Pakistan, tout comme Mohammad. Même s'il ne connaît pas son pays d'origine, il attend impatiemment d'aller y vivre. « Mes parents m'ont raconté de nombreuses histoires sur la beauté de l'Afghanistan et cela devait être un pays important lorsqu'il était encore viable économiquement », a expliqué Mohammad, tout en ajoutant que tant que la situation serait instable, « il est certain que nous sommes mieux ici. »

En attendant, Mohammad est reconnaissant d'avoir ce nouveau mode de transport. Il espère toutefois que le HCR continuera à se montrer généreux. « C'est vraiment bien d'avoir ce nouveau fauteuil roulant car c'est plus confortable pour moi et le trajet vers l'école se fait plus facilement. Mais j'aurais maintenant besoin d'un ordinateur pour écrire mes poèmes », a-t-il expliqué, avec un sourire malicieux.

Par Billi Bierling dans le village de réfugiés de Surkhab, Pakistan

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