Le HCR exhorte le Kenya à suspendre les retours forcés de réfugiés somaliens

Articles d'actualité, 3 novembre 2010

© HCR/R.Gangale
Des réfugiés somaliens dans un camp au nord-est du Kenya.

GENEVE, 3 novembre (HCR) Le HCR appelle les autorités kényanes à suspendre immédiatement les expulsions de Somaliens depuis le camp « Border point 1 » situé à Mandera dans le nord-est du Kenya.

Dans un communiqué de presse publié à Genève, le HCR a déclaré lancer cet appel après avoir eu connaissance « d'ordres donnés par les autorités locales à plus de 8 000 réfugiés dans le camp, leur demandant de traverser la frontière vers la Somalie. Hier [mardi], quelques réfugiés avaient déjà rejoint le no man's land. »

« Nous exhortons le Gouvernement du Kenya à s'abstenir de procéder de nouvelles expulsions et à permettre le retour au Kenya des personnes se trouvant dans le no man's land », peut-on lire dans ce communiqué de presse.

Une équipe du HCR s'est rendue dans cette zone mercredi, après reçu plusieurs appels téléphoniques de représentants de réfugiés catastrophés. L'équipe a confirmé qu'un groupe de Somaliens se trouvait dans le no man's land entre le Kenya et la Somalie, alors qu'un second groupe se dirigeait vers la frontière avec l'Ethiopie.

Le communiqué de presse indique que le HCR, dans ses recommandations récemment publiées aux gouvernements, a clairement expliqué que la vie des personnes fuyant le sud et le centre de la Somalie était menacée et que leurs besoins en matière de protection internationale devaient être respectés

La population ayant trouvé abri au camp « Border point 1 » comprend principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui ont fui les récents affrontements entre Al-Shabaab et les forces Ahlu Sunna Wal dans la ville somalienne de Bulla Hawa.

Le Kenya accueille généreusement depuis de nombreuses années des milliers de réfugiés somaliens. « L'expulsion forcée de personnes vers la Somalie trahit cet esprit, porte une menace sur des vies humaines et enfreint les principes de non-refoulement inscrits dans la Constitution du Kenya, dans la loi kényane sur les réfugiés et dans le droit international des réfugiés. »

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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Inondations dans les camps de réfugiés au Kenya

Des inondations dans le nord-est du Kenya à la mi-novembre ont causé des dégâts dans les trois camps de réfugiés du complexe de Dadaab. Plus de 100 000 réfugiés sur les 160 000 qui y sont accueillis ont été affectés par ces inondations, en particulier au camp d'Ifo. Les réfugiés ont perdu leurs abris et les latrines ont été inondées et détruites. La route d'accès principale reliant Dadaab au reste du Kenya a été coupée par les inondations dues aux fortes pluies, empêchant tout approvisionnement d'aide par voie terrestre.

L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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