Le HCR reprend le rapatriement de réfugiés congolais depuis le Burundi

Articles d'actualité, 1 novembre 2010

© HCR/S.Lubuku
Nyota avec son bébé Antoinette au centre de transit de Kavimvira.

KINSHASA, République démocratique du Congo, 1er novembre (HCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a repris le rapatriement assisté de réfugiés congolais depuis le Burundi vers la province du Sud-Kivu après une suspension de plus de deux ans, du fait de l'insécurité.

Un premier groupe de 173 Congolais a quitté le centre de transit de Songoré dans le nord du Burundi jeudi matin pour traverser la frontière à Gatumba environ cinq heures après. Ils font partie des quelque 1 000 civils qui, encouragés par l'amélioration de la situation de sécurité, ont fait part de leur souhait de rentrer dans leurs villages d'origine au Sud-Kivu.

Le convoi de la semaine dernière s'est effectué dans le cadre d'un accord signé en décembre entre le HCR et les Gouvernements de République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi. Des convois de retour seront organisés chaque semaine et le HCR prévoit d'organiser le rapatriement de près de 12 000 réfugiés congolais vers la RDC d'ici la fin de l'année prochaine.

Les personnes qui ont été acheminées à bord de camions vers le Sud-Kivu la semaine dernière vivaient dans le camp de réfugiés de Gasorwe et la plupart souhaitaient rentrer dans les districts d'Uvira et de Fizi.

« Je suis tellement heureuse et fière d'être de retour chez moi et de voir que la paix revient dans notre pays », a confié Faradja Mariam, la représentante des réfugiés, veuve de 51 ans et mère de six enfants. « J'étais fatiguée de dépendre de l'assistance humanitaire délivrée dans les camps. Je rentre en RDC pour assurer un avenir meilleur à mes enfants », a-t-elle ajouté. Marian a fui la RDC en 2002 et rentre dans la zone de Kavimvira à Uvira.

Une autre rapatriée, Tamali Nyota, âgée de 37 ans et mère de trois enfants, a indiqué que son vœu est de recommencer sa vie en RDC et de participer à la stabilisation du pays. « Au camp de réfugiés de Gasorwe, j'assistais l'auxiliaire à l'école maternelle. C'est ce que je veux faire maintenant que je suis de retour dans mon pays. Je veux aider les enfants à construire leur vie. »

Faradja, Tamali et les autres rapatriés recevont un kit d'aide pour les aider à reconstruire leur vie. Ils seront toutefois confrontés à de nombreux défis dans cette région instable. L'insécurité prévalant au Sud-Kivu avait mené à la suspension de la précédente opération du HCR pour le rapatriement assisté, lors de laquelle 1 500 réfugiés congolais étaient rentrés dans la province depuis le Burundi entre fin 2006 et mi-2007.

Après avoir traversé la frontière, les rapatriés seront acheminés vers le centre de transit de Kavimvira à Uvira, où ils recevront un repas chaud ainsi que des rations alimentaires pour trois mois, du matériel d'abri et des articles domestiques, y compris des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des jerrycans, du savon et des moustiquaire ainsi que des semences et des outils agricoles. Ils bénéficieront également de soins de santé gratuits pendant six mois.

Le HCR travaille également étroitement avec les autorités locales et des groupes de soutien pour aider à l'intégration des rapatriés, y compris en finançant des infrastructures et des projets générateurs de revenus. Le HCR aide également les déplacés internes qui rentrent dans leurs villages d'origine.

Le Burundi accueille plus de 28 000 réfugiés congolais, avec quelque 20 000 d'entre eux dans des camps comme Gasorwe et le reste vivant dans la capitale Bujumbura.

Par Céline Schmitt à Kinshasa, République démocratique du Congo et Hugues van Brabandt à Bujumbura, Burundi

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Rapatriés

Les rapatriés sont les personnes de retour chez elles. C'est la meilleure des solutions durables.

Rapatriement

Le HCR travaille avec le pays d'origine et les pays d'accueil pour aider les réfugiés à rentrer chez eux.

Crise de la RD du Congo : Appel Urgent

L'intensité des combats de ces derniers mois a forcé plus de 64 000 Congolais à fuir leur pays.

Donnez pour cette crise

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Alors qu'une distribution alimentaire massive a lieu dans six camps gérés par le HCR pour des dizaines de milliers de déplacés internes congolais au Nord-Kivu, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés continue à fournir des abris et des articles domestiques dont le besoin se fait ressentir d'urgence.

Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

Plus de 250 000 personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu depuis la reprise des combats en août. On estime que la population déplacée s'élève à plus de 1,3 million de personnes dans cette province à elle seule.

Le HCR et ses partenaires apportent de l'aide au Nord-Kivu

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

Les combats font rage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), sans aucune perspective d'accalmie en vue pour des centaines de milliers de Congolais forcés à fuir la violence et l'insécurité ces deux dernières années. Des vagues successives de conflit sont à l'origine de déplacements en continu, et souvent les familles sont séparées. Au moins un million de personnes sont déracinées dans le Nord-Kivu, la province la plus touchée. Après des années de conflit, plus de 1 000 personnes meurent chaque jour - principalement de faim ou de maladies qui pourraient être pourtant soignées. Dans certaines régions, deux femmes sur trois sont victimes de viols. Les enlèvements sont toujours fréquents, et des enfants sont recrutés de force pour combattre. Des cas de choléra et d'autres maladies se sont accrus, alors que la situation se détériore et que les organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de la population.

Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

Juin 2009

Déplacements incessants de population au Nord-Kivu

La crise continue au Nord-Kivu

Dans la province du Nord-Kivu en RDC (République démocratique du Congo), l'insécurité persiste et plus de 500 000 personnes sont des déplacés internes. Un grand nombre d'entre eux sont déplacés pour la deuxième ou la troisième fois consécutive. Le conflit armé, la persécution des populations civiles, les meurtres, les enlèvements, les abus sexuels et le recrutement forcé des enfants sont les motifs de déplacement. Les signalements de viols et de meurtres se comptent par milliers. Quelque 176 000 déplacés vivent dans le district de Masisi, y compris 49 000 d'entre eux accueillis dans 19 camps. Les conditions de vie sont précaires, des familles entières vivent dans des huttes de fortune comptant une pièce unique sans eau potable ni accès aux services essentiels. Le HCR est préoccupé par la situation sécuritaire, les conditions de vie et l'avenir de ces personnes déplacées. Même si quelque 36 000 personnes auparavant hébergées dans des camps au Nord-Kivu ont réussi à rentrer dans leurs villages d'origine en 2010, environ 72 000 personnes restent déplacées à ce jour.

Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

La crise continue au Nord-Kivu

Tanzanie : Vers la citoyennetéPlay video

Tanzanie : Vers la citoyenneté

En 2007, le HCR et le gouvernement tanzanien lui ont donné le choix : retourner chez lui ou devenir citoyen tanzanien. Pour Michael Sheltieri Namoya, la décision a vite été prise.
RDC : retour à KimokaPlay video

RDC : retour à Kimoka

En 2007 et 2008, les conflits armés avaient contraint des centaines de milliers de Congolais à fuir la province du Nord-Kivu. Les habitants du village de Kimoka sont enfin de retour chez eux.
RDC : Au bord du gouffrePlay video

RDC : Au bord du gouffre

Fatuma Kapuweli, une mère chef de famille et déplacée interne en RDC, craint pour la sécurité et le bien-être de ses enfants.