Le HCR exhorte l'UE à s'engager aux côtés de la Grèce afin de soutenir l'asile

Points de presse, 26 octobre 2010

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 26 octobre 2010 au Palais des Nations à Genève.

La Commission européenne a annoncé hier (mercredi) que le Gouvernement grec a demandé le déploiement des « équipes frontalières d'intervention rapide » de FRONTEX, l'Agence européenne de surveillance des frontières extérieures, pour assister à la surveillance des frontières terrestres entre la Turquie et la Grèce.

Le HCR comprend la situation difficile à laquelle est confrontée la Grèce. La frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie est devenue le point d'entrée principal vers l'EU pour les migrants irréguliers et les demandeurs d'asile. De source gouvernementale grecque, plusieurs centaines de personnes traversent désormais chaque mois cette frontière. Concernant la traversée de la rivière Evros, nous avons eu connaissance de quarante-quatre noyades cette année, alors que leur nombre réel serait supérieur. Une nouvelle disparition a été déclarée la semaine dernière.

Parmi les personnes réussissant à traverser, certaines sont expulsées vers la Turquie en vertu d'un accord entre la Turquie et la Grèce. La situation humanitaire est critique du côté grec de la frontière, avec un grand nombre de personnes détenues dans des conditions extrêmement difficiles, ainsi que l'a récemment souligné le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, Manfred Nowak, après une visite dans cette région. Des logements, des soins médicaux et une aide psycho-sociale sont nécessaires pour améliorer cette situation.

Tout en reconnaissant l'impératif de contrôle de la frontière extérieure de l'UE, le HCR appelle à ne pas négliger les besoins en matière d'asile. Le HCR exhorte les équipes FRONTEX à assurer que toute personne recherchant une protection internationale soit identifiée et signalée aux autorités compétentes. Cette question représente un défi particulier en Grèce, alors que le système d'asile ne fonctionne pas correctement. L'accès aux procédures est au mieux difficile et, selon des observations directes du HCR, la procédure elle-même ne parvient pas à identifier des personnes ayant des besoins en matière de protection. Pour ces raisons, le HCR travaille étroitement avec les autorités grecques et avec des partenaires européens sur la réforme proposée pour le système d'asile. Le HCR se félicite de l'intention du Gouvernement grec de réformer sa procédure d'asile. Cependant, cette réforme n'est pas encore mise en œuvre.

Le HCR demande instamment à l'Union européenne et à ses Etats membres de se montrer solidaires avec la Grèce en intensifiant leurs efforts pour aider le gouvernement à normaliser son système d'asile. Parallèlement, le HCR continue à appeler d'autres Gouvernements européens à cesser les expulsions de demandeurs d'asile vers la Grèce en application du règlement Dublin II.

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Au-delà de la frontière

En 2010, la frontière entre la Grèce et la Turquie est devenue le point d'entrée principal vers l'Union européenne pour les migrants irréguliers et les demandeurs d'asile, avec plus de 132 000 nouveaux arrivants. Certains sont des migrants en quête d'une vie meilleure, tandis que d'autres fuient la violence et la persécution dans des pays comme l'Afghanistan, l'Erythrée, l'Iraq ou la Somalie. Le voyage est périlleux et de nombreuses noyades sont à déplorer lors des tentatives de traversée de la Méditerranée ou de la rivière Eros entre la Grèce et la Turquie à bord de frêles embarcations. Les insuffisances du système d'asile grec sont exacerbées par la charge imposée par des dizaines de milliers de personnes dans l'attente de l'examen de leurs demandes d'asile. Les centres de réception pour les nouveaux arrivants, y compris des demandeurs d'asile, sont grandement insuffisants. L'année dernière, des équipes du HCR se sont rendues dans plusieurs de ces centres surpeuplés où hommes, femmes et enfants étaient détenus dans des pièces exiguës et manquant d'infrastructures. Le HCR travaille avec le Gouvernement grec pour améliorer son système d'asile et a appelé les autres Etats européens à apporter leur soutien à la Grèce.

Au-delà de la frontière

Un adolescent en exil

Comme tous les pères avec leurs fils, Fewaz et Malak ont parfois du mal à coexister. Une nouvelle coupe de cheveux et une cigarette en cachette peuvent déjà créer des tensions dans le petit appartement qui est leur chez-soi. Malgré cela, un lien puissant les unit : ces réfugiés syriens ont été bloqués pendant près d'un an dans un quartier pauvre d'Athènes.

Ils avaient auparavant fui leur maison avec le reste de la famille durant l'été 2012, après que la guerre ait commencé à tourmenter leur paisible vie. Depuis la Turquie, ils avaient tenté plusieurs fois la traversée périlleuse pour entrer en Grèce.

Malak, treize ans, a été le premier à passer la frontière marquée par le fleuve Evros. Mais Fewaz, sa femme et leurs deux autres enfants n'ont pas eu cette chance en mer. Ils avaient remis toutes leurs économies d'une vie pour tenter la traversée périlleuse de la Méditerranée. Ils ont été refoulés par les gardes-côtes grecs.

Lors de leur sixième tentative, le reste de la famille a traversé la frontière et le fleuve Evros. Sa femme et ses deux enfants ont rejoint l'Allemagne, mais Fewaz est parti vers Athènes pour retrouver Malak.

«Quand j'ai enfin vu mon père à Athènes, les mots ne suffisent pas pour décrire ma joie », dit Malak. Cependant, l'adolescent était hanté par le fait de perdre à nouveau son père. « Je crains que mon père soit arrêté, que ferais-je sans lui ? »

Jusqu'au regroupement de la famille, Malak et son père restent ensemble et se serrent les coudes. Le garçon apprend à se débrouiller en grec. Et Fewaz commence à s'habituer à la coupe de cheveux de son fils.

Un adolescent en exil

A la dérive vers l'Italie

Chaque année, la mer Méditerranée - une destination estivale parmi les plus prisées en Europe - se transforme en cimetière. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants s'y noient, au cours de leur tentative désespérée pour atteindre des pays de l'Union européenne (UE).

La distance entre l'île italienne de Lampedusa et la côte libyenne est tout juste de 290 kilomètres. En 2006, quelque 18 000 personnes ont traversé ce bras de mer - la plupart dans des embarcations gonflables équipées de moteurs hors-bord. Certains cherchaient du travail, d'autres voulaient retrouver des membres de leur famille ou d'autres encore fuyaient la persécution, le conflit ou les violences. Ils n'avaient pas d'autre choix que celui de fuir, en quête de sécurité, via des itinéraires clandestins.

Parmi ceux qui ont réussi à atteindre Lampedusa, quelque 6 000 d'entre eux ont demandé l'asile. Et près de la moitié ont été reconnus comme réfugiés ou ont obtenu la protection des autorités italiennes.

En août 2007, les autorités à Lampedusa ont ouvert un nouveau centre de réception pour assurer que les personnes arrivant par bateau ou secourues en mer soient accueillies dans la dignité, et hébergées de façon appropriée, et qu'elles puissent recevoir des soins de santé.

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