Des réfugiés iraquiens regrettent leur retour en Iraq, selon une enquête du HCR

Articles d'actualité, 19 octobre 2010

© HCR/B.Heger
Selon une enquête du HCR, des réfugiés iraquiens rentrés à Bagdad regrettent leur décision du fait de difficultés économiques, de l'insécurité et de la pénurie de services essentiels.

GENEVE, 19 octobre (HCR) Un sondage réalisé auprès d'Iraquiens rentrés à Bagdad depuis des pays voisins a permis de déterminer que l'insécurité, les difficultés économiques et une pénurie de services publics essentiels conduisaient la majorité d'entre eux à regretter leur décision de rentrer en Iraq.

La porte-parole du HCR, Melissa Fleming, a présenté aux journalistes à Genève mardi les résultats de l'étude ayant également démontré que 34% des rapatriés ont indiqué ne pas savoir s'ils resteraient définitivement en Iraq ou s'ils envisageraient de chercher asile à nouveau dans des pays voisins si la situation ne s'améliore pas.

Cette étude menée auprès de 2 353 Iraquiens, soit 537 familles, qui sont rentrés à Bagdad dans les quartiers de Resafa et de Karkh entre 2007 et 2008, a été réalisée par des employés du HCR entre avril et septembre cette année via des entretiens personnalisés ou téléphoniques. D'autres enquêtes concerneront la situation des rapatriés dans d'autres régions de l'Iraq comme Kirkuk, Mosul, Anbar et Diyala.

« Durant ces interviews, les employés du HCR ont été informés par les rapatriés de nombreux cas d'explosions, de harcèlement, d'opérations militaires et d'enlèvements qui sont survenus dans leurs zones de retour », a indiqué Melissa Fleming.

Un grand nombre des personnes interrogées ont déclaré avoir été obligées de rentrer en Iraq car elles n'avaient plus les moyens de vivre dans les pays d'asile, vu le coût de la vie élevé. « Dans ce contexte, le HCR déplore les expulsions forcées d'Iraquiens depuis leur pays d'asile vers l'Iraq », a souligné la porte-parole du HCR.

L'étude a démontré que 61% des rapatriés iraquiens interviewés regrettaient leur retour en Iraq depuis leurs pays d'asile, avec 60% parmi eux déclarant que cela était principalement dû à des problèmes d'insécurité et de sûreté personnelle.

Environ 80% de ceux qui sont rentrés vers les deux districts de Karkh et Resafa à Bagdad ont indiqué qu'ils n'étaient pas rentrés vers leur lieu de résidence d'origine soit du fait de l'insécurité générale, soit car ils y craignaient une persécution directe. Quelque 11% ont cité les mauvaises conditions économiques et la pénurie d'emplois comme motifs de non retour vers leurs anciens lieux d'habitation et quartiers de résidence.

La plupart des rapatriés iraquiens qui ne sont pas rentrés dans leurs lieux d'habitation d'origine vivent chez des proches et, dans certains cas, chez des amis ou ils louent un autre logement. La majorité, 87%, ont déclaré que leur salaire actuel ne suffit pas à couvrir les besoins de leur famille en Iraq.

L'un des principaux défis pour les rapatriés iraquiens consiste à trouver un emploi régulier. Un accès insuffisant aux services publics, y compris les soins de santé ainsi que l'approvisionnement irrégulier en électricité, ont été observés dans de nombreuses régions du pays cet été et rajoutent encore aux difficultés rencontrées par les rapatriés.

La semaine dernière, une étude similaire menée à la frontière entre la Jordanie et la Syrie a été publiée par le HCR et a révélé qu'une majorité de réfugiés iraquiens vivant en Syrie et en Jordanie n'envisagent pas de rentrer définitivement en Iraq dans un avenir proche du fait de l'incertitude politique actuelle et de la situation sécuritaire instable.

« Le HCR n'envisage pas à court terme des retours à grande échelle vers l'Iraq », a indiqué Melissa Fleming, ajoutant : « Alors que le HCR ne favorise pas les retours vers l'Iraq, l'organisation continue à aider les réfugiés qui expriment le désir de retourner en Iraq, et ce en étroite collaboration avec les autorités iraquiennes. »

Cette assistance couvre 100% des coûts de transport ainsi qu'une petite allocation en espèces. Plus de 2 960 Iraquiens sont rentrés volontairement en Iraq depuis des pays voisins avec l'aide du HCR en 2007 et durant les 10 premiers mois de 2008.

Selon les statistiques du Gouvernement iraquien, 18 240 réfugiés iraquiens sont rentrés depuis des pays d'asile entre janvier et août 2010. Par ailleurs, quelque 89 700 personnes qui étaient déplacées au sein même de l'Iraq sont également rentrées durant cette même période. Le HCR dépense 100 millions de dollars cette année pour améliorer les conditions des personnes déplacées internes et pour appuyer la réintégration des rapatriés démunis.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Voir aussi

Rapatriés

Les rapatriés sont les personnes de retour chez elles. C'est la meilleure des solutions durables.

Rapatriement

Le HCR travaille avec le pays d'origine et les pays d'accueil pour aider les réfugiés à rentrer chez eux.

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Réfugiés palestiniens en Iraq : Pas de solution en vue pour les 15 000 Palestiniens en Iraq

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Iraq en 2003, les réfugiés palestiniens vivant à Bagdad sont devenus de plus en plus fréquemment les cibles d'arrestations, d'enlèvements, de menaces et d'assassinats, les incitant à fuir la capitale par milliers.

Il reste encore environ 15 000 Palestiniens en Iraq - ils étaient plus du double en 2003. Ils vivent constamment dans la peur, et beaucoup d'entre eux n'ont pas de documents en règle. Ceux qui tentent de s'échapper et atteindre les frontières syrienne et jordanienne sont de plus en plus exposés au danger. Des centaines d'entre eux sont bloqués à la frontière entre l'Iraq et la Syrie : ils ne peuvent pas traverser la frontière, et ont trop peur de retourner en Iraq. Ceux qui réussissent à quitter l'Iraq le font souvent dans l'illégalité.

Un effort humanitaire international est requis d'urgence afin de trouver une solution temporaire pour les Palestiniens. L'UNHCR a maintes fois fait appel à la communauté internationale et aux pays limitrophes pour qu'ils accueillent les Palestiniens. L'agence pour les réfugiés a également contacté des pays susceptibles de proposer des solutions de réinstallation, mais seuls le Canada et la Syrie ont répondu favorablement. La Syrie a depuis fermé ses frontières aux autres Palestiniens désespérés.

L'UNHCR plaide également en faveur d'une meilleure protection de la communauté palestinienne à l'intérieur de l'Iraq.

Réfugiés palestiniens en Iraq : Pas de solution en vue pour les 15 000 Palestiniens en Iraq

Angelina Jolie en mission à BagdadPlay video

Angelina Jolie en mission à Bagdad

Durant sa récente mission au Moyen-Orient, l'Emissaire du HCR Angelina Jolie a rencontré des déplacés et des rapatriés iraquiens à Bagdad.
Iraq : La dure réalitéPlay video

Iraq : La dure réalité

On compte plus de 350 installations de déplacés internes en Iraq. Les conditions de vie sont désastreuses dans la plupart d'entre elles.
Iraq : Brique après briquePlay video

Iraq : Brique après brique

En Iraq, plus de deux millions de personnes restent des déplacés internes. Le HCR a démarré un programme de rénovation de maisons pour aider au retour.