L'agriculture communautaire aide une tribu sans frontière à survivre en Equateur

Articles d'actualité, 15 septembre 2010

© HCR/Durango
Des membres du groupe indigène Epera rassemblés dans un bâtiment public près de la rivière Cayapas pour rencontrer des visiteurs du HCR.

ESMERALDAS, Equateur, 15 septembre (HCR) La riviève Epera n'a jamais vraiment été définie ou reconnue en tant que frontière officielle entre la Colombie et l'Equateur. Un groupe indigène vit depuis toujours dans la forêt tropicale des deux côtés de la frontière. « Colombiens et Equatoriens, nous sommes les ressortissants d'une seule nation », a indiqué Carlos à des visiteurs du HCR dans sa communauté.

Toutefois durant ces dernières décennies, nombre d'entre eux sont devenus des victimes de la violence dans le sud de la Colombie, un pays où plus de 30 groupes indigènes sont officiellement classifiés comme étant en risque d'extinction, principalement du fait de la violence et du déplacement forcé. Un grand nombre d'entre eux ont fui au-delà de la frontière en quête d'abri avec leurs proches dans le nord-ouest de l'Equateur.

Aujourd'hui, environ 450 membres de la tribu Epera vivent le long de la rivière Cayapas dans la province côtière d'Esmeraldas en Equateur et environ 20 pour cent d'entre eux seraient des réfugiés colombiens. Ces deux dernières années, le HCR mène des missions dans cette région et tente de fournir une assistance à ce groupe de personnes vulnérables.

En maintenant un contact régulier avec ce groupe atteignable seulement par canoé, le personnel du HCR à Esmeraldas leur facilite l'accès au système d'asile équatorien et leur assure un rôle de protection. Toutefois l'agence pour les réfugiés, via un appui dans le cadre d'un programme agricole, aide également ces réfugiés à s'intégrer et à subvenir à leurs besoins.

La plupart des membres de la tribu Epera, qui sont réfugiés en Equateur depuis 2000, fuyaient des menaces de recrutement forcé par des groupes armés irréguliers en tant que combattants, porteurs ou guides. Toutefois lorsqu'ils sont arrivés à Esmeraldas, déjà traumatisés par leur déplacement forcé, les membres de la tribu se sont retrouvés sans terre et c'était leur mode de vie tout entier qui était menacé.

« Nous voulons préserver notre culture, notre identité et notre langage et nous refusons que les jeunes membres de notre tribu quittent la communauté », a expliqué Salvador Chirimia, président de la communauté de Santa Rosa de los Eperas. Sans terre, cela aurait été presque impossible.

Toutefois, grâce à l'aide de l'Eglise catholique, la tribu Epera a pu recevoir un carré de terrain de 340 hectares, dont une partie a été désignée comme réserve naturelle. Ils y ont construit des maisons, avec l'aide du HCR et de l'organisation non gouvernementale Fondo Ecuatoriano Populorum Progressio (Fonds équatorien populaire pour le progrès). Ils pratiquent une agriculture communautaire respectant l'environnement pour se nourrir et gagner de l'argent avec la revente du produit de leurs cultures.

Rafael Zavala, qui gère le bureau du HCR à Esmeraldas, a indiqué que cette aide reçue du HCR et d'une ONG partenaire locale « améliore la qualité de vie des membres de la communauté et renforce l'intégration de la tribu Epera, car tous les membres de la famille travaillent dans les fermes. »

Ils cultivent principalement des pousses de cacao de qualité supérieure pour leurs fêves à partir desquelles est fabriqué le chocolat. La tribu Epera cultive également des arbres pour le bois de construction ou les fruits, comme les oranges et les bananes. Des haricots et du maïs sont également cultivés dans le cadre de ce projet ainsi que des plantes locales. Seuls des engrais naturels sont utilisés. Les femmes epera produisent également des produits artisanaux pour les vendre, ils sont fabriqués à base de produits de la forêt.

Le projet a aidé à rétablir la confiance de la tribu epera, qui retrouve grâce à lui un réel sens de la propriété. Ils vendent certains de leurs produits dans la ville de Borbon et ils investissent leur argent dans leurs communautés et dans leurs fermes. Tout cela contribue à leur survie en tant que communauté et à la protection de leur mode de vie et de leur culture.

Les personnes qui travaillent avec cette petite communauté, qui continue à accueillir de nouveaux arrivants ayant fui la Colombie, trouvent toutes que ses membres forcent à l'admiration. « Je suis très heureux de travailler pour aider les membres de la tribu Epera », a indiqué Rafael Zavala du HCR.

Par Andrea Durango ä Esmeraldas, Equateur

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Distinction Nansen pour les réfugiés : de nouvelles ailes pour les Papillons

Dans un coin de Colombie hanté par la violence, un groupe de femmes courageuses mettent leur vie en danger pour venir en aide aux survivantes des déplacements et des abus sexuels. Alors que le pays compte 5,7 millions de personnes déracinées par le conflit, elles vivent dans l'une des villes les plus dangereuses -Buenaventura. Le principal port de Colombie connait l'un des taux de violence et de déplacement les plus élevés en raison des rivalités croissantes entre groupes armés. Pour montrer leur pouvoir ou se venger, les groupes violentent et maltraitent souvent les plus vulnérables - les femmes et les enfants.

Mais à Buenaventura, les femmes qui forment les « Papillons » sont debout et aident les survivantes. Elles offrent un soutien en tête-à-tête aux victimes d'abus et oeuvrent auprès des différentes communautés pour éduquer les femmes, les aider à se prendre en main et faire pression sur les autorités pour défendre leurs droits.

Beaucoup de membres des Papillons ont été déplacées de force au cours des 50 dernières années de conflit ou ont perdu des proches et des amis. Nombreuses ont également connu la violence domestique et sexuelle. C'est cette expérience partagée qui les pousse à poursuivre leur travail en dépit des risques.

A pied ou en bus, Gloria Amparello, Maritza Yaneth Cruz et Mery Medina - trois des coordinatrices des Papillons - parcourent les quartiers les plus dangereux et aident les femmes à accéder aux soins médicaux et psychologiques ou à signaler les crimes. Dans le cadre d'ateliers, elles leur apprennent à connaitre leurs droits et à gagner leur vie. Jusqu'à présent, les bénévoles des Papillons ont aidé plus de 1000 femmes et leurs familles.

Les Papillons jouent désormais un rôle essentiel pour sensibiliser aux niveaux élevés de violence à l'encontre des femmes. Bien qu'elles attirent l'attention des groupes armés, elles organisent des protestations contre les abus envers les femmes dans les rues de leur ville délabrée, déterminées à faire tomber les murs de la peur et du silence.

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Angelina Jolie : mission en Equateur

Angelina Jolie s'est rendue en Equateur ce week-end, pour sa première mission en tant qu'Envoyée spéciale du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres.

En tant qu'Ambassadrice de bonne volonté du HCR, Angelina Jolie avait mené plus de 40 missions sur le terrain durant la dernière décennie. C'est son troisième voyage en Equateur. Ce pays accueille la plus importante population réfugiée en Amérique latine.

L'Equateur accueille actuellement environ 56 000 réfugiés et 21 000 demandeurs d'asile. Ce pays reçoit chaque mois 1 300 nouvelles demandes d'asile déposées par des ressortissants colombiens ayant fui leur pays. Beaucoup vivent dans des régions isolées et démunies qui sont situées près de la frontière colombienne.

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Lutte contre la menace d'extinction

Parmi les populations indigènes menacées d'extinction en Colombie, certaines se trouvent dans une situation plus risquée encore, comme la tribu Tulé par exemple. Cette population compte seulement 1 200 membres vivant dans trois localités des départements limitrophes de Choco et d'Antiquoia au nord-ouest de la Colombie.

Quelque 500 d'entre eux vivent dans la commune d'Unguia à Choco, une zone stratégiquement importante située à la frontière avec le Panama, où abondent le bois de construction, les minéraux et d'autres ressources naturelles. Malheureusement, ces richesses ont attiré la convoitise des groupes armés illégaux et criminels durant cette dernière décennie.

De nombreux membres de cette tribu avaient alors trouvé refuge au Panama ou ailleurs dans la province de Choco. Toutefois un groupe déterminé d'entre eux a décidé de rester, craignant que la tribu ne survivrait jamais si ses membres quittaient leurs terres ancestrales et s'ils abandonnaient leurs traditions.

Le HCR travaille déjà de longue date sur ces problèmes, et appuie le développement d'une stratégie visant à prévenir le déplacement, ou au moins à assurer que les Tulés ne devront jamais quitter définitivement leur territoire.

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Equateur : Visite d'António GuterresPlay video

Equateur : Visite d'António Guterres

Le chef du HCR António Guterres se rend en Equateur avant la Journée mondiale du réfugié et rend hommage à ce pays pour l'accueil qu'il réserve aux réfugiés.
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Angelina Jolie en Equateur

Angelina Jolie rencontre des réfugiés colombiens en Equateur durant sa première visite dans ce pays en tant qu'Envoyée spéciale du Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres.
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Angelina Jolie en Equateur

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie est retournée dans le nord de l'Equateur, où elle a recontré des réfugiés colombiens.