Questions/Réponses : Le Ministère des Affaires étrangères américain aide les déracinés et promeut les questions humanitaires

Articles d'actualité, 13 septembre 2010

© Avec l'aimable autorisation du Ministère des Affaires étrangères américain
Eric Schwartz rencontre des déplacées congolaises durant une mission dans la province du Sud-Kivu, en RDC.

WASHINGTON, DC, Etats-Unis, 12 septembre (HCR) Eric Schwartz est Secrétaire d'Etat adjoint américain en charge des populations, des réfugiés et des migrations. Le Bureau qu'il dirige vient en aide aux personnes déracinées par les conflits tout en intégrant des principes humanitaires dans la politique étrangère des Etats-Unis. Avant de devenir Secrétaire d'Etat adjoint l'année dernière, Eric Schwartz avait occupé le poste d'Envoyé spécial adjoint des Nations Unies pour le relèvement après le Tsunami, sous la direction de l'ancien Président Bill Clinton. Il a également travaillé au sein du Bureau du Haut commissariat aux Droits de l'Homme, au côté de Sergio Vieira de Mello, victime plus tard d'un attentat à la bombe contre l'enceinte des Nations Unies à Bagdad. Tim Irwin, chargé de communication au HCR, s'est entretenu avec Eric Schwartz dans son bureau de Washington DC.

Dans votre poste actuel, vous avez acquis par vous-même des connaissances sur les situations de réfugiés. Que vous ont apporté ces visites ?

Les principales observations que j'ai retirées de mon passé professionnel se résument par l'ampleur que représentent les défis et les souffrances des personnes victimes de la persécution et des conflits. Une partie de cette souffrance est inimaginable, surtout quand on considère que de nombreuses victimes sont des personnes parmi les plus vulnérables les enfants en particulier. La deuxième observation concerne l'énorme capacité des gens non seulement à endurer des souffrances dans des circonstances terribles, mais en fait à garder espoir et confiance dans l'éventualité d'un avenir meilleur. Pour moi, c'est l'observation la plus significative et vraiment notable que je peux retirer de l'ensemble de mes voyages.

Votre travail au sein des Nations Unies a-t-il eu un impact sur la façon dont vous percevez aujourd'hui le travail humanitaire des Nations Unies ?

Je pense que mon travail aux Nations Unies me donne une meilleure appréciation des forces et des faiblesses des organisations humanitaires internationales. Je pense que les organisations humanitaires internationales font un excellent travail pour fournir une aide nécessaire à la survie dans de nombreuses situations d'urgence, à la fois des situations d'urgence complexes et des désastres résultant de catastrophes naturelles. Mais je pense aussi que mon expérience au sein des organisations internationales me permet de mieux apprécier leurs besoins pour effectuer leur travail et dans quels domaines la communauté internationale doit améliorer ses capacités de réponse. Je pense que les organisations perdent encore trop de temps et que, dans certaines situations d'urgence, elles empiètent dans leurs domaines respectifs. Ces faiblesses ont un impact sur la vie de personnes réelles. Je pense que la communauté humanitaire et les organisations internationales humanitaires font un bon travail, néanmoins il reste du chemin à faire.

Les Etats-Unis sont le premier donateur du HCR. Pourquoi cela est-il important pour soutenir votre mandat ?

Si votre mandat concerne la protection des victimes de conflit et de persécution les plus vulnérables, alors il est important d'appuyer ce mandat, car une composante essentielle de la politique étrangère des Nations Unies est le plaidoyer et l'assistance au bénéfice des citoyens les plus vulnérables à travers le monde. Nous le faisons car c'est une expression des valeurs américaines et universelles et nous le ferions en toutes circonstances. Mais nous le faisons aussi car c'est tout simplement intelligent de le faire. En fournissant une assistance et des solutions durables, nous offrons des perspectives d'espoir et de réconciliation aux personnes victimes d'une situation qui occasionnerait plutôt le désespoir. Ce désespoir n'est pas bon pour ces personnes, il n'est pas bon pour le monde, et il n'est pas bon pour notre politique étrangère.

Les Etats-Unis sont le plus important pays de réinstallation au monde. Environ 75 000 réfugiés sont arrivés ici durant l'année fiscale 2009. Est-ce que le climat de crise économique aux Etats-Unis rend plus difficile la réinstallation des réfugiés ?

Bien sûr, c'est davantage un défi lorsque les circonstances économiques sont plus difficiles. Le nombre des mois qu'il faut en moyenne pour trouver un emploi à ces personnes augmente dans des circonstances comme celles-ci, mais sous les précédentes administrations, nous avons également vécu des récessions. En fait, nous avons eu des récessions durant la première administration Bush et celle de Reagan. Durant ces deux récessions, nous avons appuyé très généreusement la réinstallation de réfugiés. Nous devons redoubler nos efforts pour permettre aux gens de vivre avec succès leur transition aux Etats-Unis et en fournissant non seulement une assistance de base mais aussi un emploi, l'éducation et d'autres opportunités de formation.

L'économie pourrait également être un facteur durant les élections de mi-mandat en novembre. A ce sujet, est-il plus difficile de porter les questions et les principes humanitaires à l'agenda ?

En fait, nous nous félicitons d'un soutien durable de la part du Congrès en notre faveur. Ce soutien ne semble pas vraiment être affecté par les changements et le type de difficultés que vous évoquez. Pour faire court, je pense qu'il peut y avoir une certaine réticence à augmenter de façon exponentielle nos budgets à un moment où notre situation économique est difficile, et que le Congrès a travaillé d'arrache-pied pour sauvegarder tous les programmes essentiels. Ainsi, alors qu'on peut s'attendre à opérer dans le cadre d'une situation économique un peu plus difficile, je dirais qu'en comparaison avec d'autres pays donateurs dans le monde, les Etats-Unis s'en sortent vraiment bien et ne souffrent certainement pas de la lassitude d'autres pays donateurs.

Y a-t-il une situation de réfugiés ou de déplacement dont vous êtes particulièrement inquiet ?

Je suis inquiet de situations où l'ampleur des souffrances est élevée avec une attention de la part de la communauté internationale plutôt limitée. Pour moi, la situation en République démocratique du Congo est particulièrement préoccupante car, alors qu'une aide importante y a été fournie, nous n'avons pas vu d'amélioration dans la situation dans le domaine de la protection dans cette partie du monde, et cela me préoccupe.

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Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

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Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

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Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

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