Foules en colère et champs de mines pour se former aux situations d'urgence

Articles d'actualité, 15 juillet 2010

© HCR/N.Shimazaki
Le formateur humanitaire du HCR John Campbell explique le danger des mines antipersonnel lors d'un atelier au eCentre. La formation organisée par le eCentre de HCR à Tokyo prépare les travailleurs humanitaires aux défis que constituent les opérations en situation dangereuse.

TOKYO, Japon, 14 juillet (HCR) Les combats que vous allez voir se déroulent avec des balles réelles. Vos faits et gestes sous les tirs croisés sont une question de vie ou de mort. Tels sont les messages qu'un groupe de 32 travailleurs humanitaires s'entend dire avant de se retrouver au milieu d'un champ de tir pour une démonstration de combats lors d'une formation organisée par le eCentre du HCR basé à Tokyo.

La formation ne déroule pas vraiment dans une salle de classe typique. Durant une semaine de formation accélérée, il y a quelques conférences et peu de pauses. Les journées commencent à 6h30 du matin avec des communications radio et se finissent tard dans la soirée avec une formation au Global Positioning System (GPS). Des exercices sur le terrain sont organisés dans une base militaire thaïlandaise pour confronter les participants à des points de contrôle tendus, à des foules hostiles, à des champs de mines et aux réactions dans des tirs de balles réelles.

« Nous tentons de simuler la vie réelle dans un environnement bienveillant pour donner la possibilité aux travailleurs humanitaires de se former et d'apprendre les procédures », a indiqué Hani Abu Taleb, enseignant au centre régional pour la formation aux situations d'urgence et à l'intervention humanitaire internationale, ou eCentre.

Etabli par le HCR en 2000 avec le soutien du Gouvernement japonais, le e-Centre a pour vocation de former les travailleurs humanitaires dans la région Asie-Pacifique sur les modes d'intervention dans les situations d'urgence. Cela inclut des exercices sur le terrain en réel qui les préparent à travailler dans des environnements dangereux. « Même si vous y avez été formé, vivre une expérience dans le cadre d'une situation d'urgence est une autre histoire. »

Sabirullah Memlawal en a fait la preuve. Il est administrateur en chef pour le Japan International Volunteer Centre (JVC), une ONG qui travaille en Afghanistan. Sabirullah Memlawal a suivi une formation à la gestion de situations d'urgence au eCentre en octobre dernier. Quelques semaines après, il a utilisé ses connaissances dans ce domaine car il est tombé dans une embuscade routière près de Djalalabad dans l'est de l'Afghanistan.

« Alors que notre véhicule dépassait un convoi de transport d'essence, des talibans ont ouvert le feu en utilisant des grenades propulsées par fusées et d'autres armes lourdes », s'est rappelé Sabirullah Memlawal.

Heureusement, toutes les personnes présentes ce jour-là ont gardé leur sang-froid et ont réagi rapidement. « Nous avons mis à profit les conseils de sécurité que nous avons appris durant la formation », a-t-il expliqué. « J'ai dit que chacun devait se coucher à terre sans bouger. Lorsque les tirs ont cessé, nous nous sommes dirigés vers un lieu plus sûr. Puis j'ai contacté mon bureau. » Les promptes décisions de Sabirullah Memlawal ont permis à toute son équipe d'avoir la vie sauve et de rentrer en sécurité.

Depuis que le centre a été fondé en 2000, il a permis de former plus de 2 700 employés d'ONG, représentants de gouvernements, employés des Nations Unies et autres parties concernées intervenant dans la réponse aux situations d'urgence provenant de toute la région Asie-Pacifique et au-delà. En juin cette année, le HCR et le Ministère japonais des Affaires étrangères ont célébré le 10e anniversaire du eCentre en accueillant conjointement un symposium à Tokyo sur les améliorations futures de la préparation régionale aux situations d'urgence.

Parmi les hautes personnalités japonais présentes ce jour-là se trouvait Sadako Ogata, Présidente de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et ancienne Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés : « Ces dix dernières années, le eCentre a contribué à renforcer la capacité des organisations internationales, les agences gouvernementales et les ONG dans la région Asie-Pacifique pour se préparer et répondre à des situations d'urgence humanitaire », a-t-elle indiqué.

Le Ministre japonais des Affaires étrangères Katsuya Okada, dans un discours lu en son absence, a ajouté : « Il n'est pas exagéré de dire que le travail du eCentre a renforcé la capacité du Japon dans le domaine de l'action humanitaire. »

Quel est le conseil de Sabibullah Memlawal à d'autres travailleurs humanitaires confrontés à des risques de tragédie comme celle à laquelle il a survécu ? « Selon ma propre expérience, les travailleurs humanitaires devraient d'abord tenter d'éviter de telles situations en montrant leur neutralité », a-t-il indiqué. « Toutefois, en cas de problème, ils doivent connaître les techniques de sécurité appropriées. Toutes les personnes qui sont amenées à travailler dans ce type d'environnement devraient suivre cette formation de base. »

Le eCentre du HCR est financé par le Ministère japonais des Affaires étrangères, l'Agence de coopération internationale du Japon et l'Agence australienne pour le développement international (AusAID).

Par Michael Dell'Amico à Tokyo, Japon

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