Beaucoup de réfugiés retournant au Kirghizstan ont besoin d'aide humanitaire

Articles d'actualité, 25 juin 2010

© HCR/A.Rummery
Un collaborateur du HCR s'entretient avec quelques rapatriés dans une école incendiée du district de Tashlak.

JALAL-ABAD, Kirghizstan, 25 juin (HCR) Parmi les retours massifs de réfugiés d'Ouzbékistan vers le Kirghizstan, les collaborateurs du HCR sur le terrain ont rendu visite à des groupes de réfugiés et de déplacés internes qui rentrent vers les villes de Osh et Jalal-Abad au sud.

Selon les autorités kirghizes, 70 000 réfugiés sont rentrés à ce jour. Dans le même temps, les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (ou déplacés internes) rentrent également vers leurs lieux d'origine.

D'après ce qu'ils ont déclaré au HCR, les réfugiés et les déplacés internes sont partagés à l'idée de rentrer chez eux. Bien qu'ils souhaitent retrouver leur famille, beaucoup sont inquiets pour leur sécurité et ils craignent de retourner dans leurs maisons détruites, endommagées ou pillées.

« Nous sommes préoccupés quant au caractère volontaire des retours dans certains cas. Le HCR estime que les personnes doivent être en mesure de rentrer en toute connaissance de cause et dans des conditions de sécurité, de volonté et de durabilité », affirme un porte-parole de l'agence pour les réfugiés.

Une autre préoccupation vient du fait que les réfugiés pourraient se retrouver de nouveau dans une situation de déplacement parce que beaucoup de maisons ont été détruites ou gravement endommagées. « Nous voyons des personnes s'installer avec leur famille dans leur ancien quartier. Les personnes sont entassées et il y a un besoin urgent de renforcer l'assistance », déclare le porte-parole du HCR.

Dans le district de Tashlak, le HCR a rendu visite vendredi à quelque 70 personnes appartenant à 10 familles ayant trouvé refuge dans une école incendiée à leur retour d'Ouzbékistan la veille. Le personnel du HCR leur a distribué des ustensiles de cuisine, des matelas et des bâches en plastique pour se protéger. Presque toutes les maisons ont été pillées et incendiées dans le district.

Ismailia, 58 ans, était en larmes en racontant au HCR qu'elle avait dû laisser sa fille en Ouzbékistan parce ce que la jeune femme avait accouché mardi dans un camp de réfugiés et ne pouvait pas voyager. « C'est arrivé plus tôt que prévu parce qu'elle était très inquiète. Je suis très triste que cet événement ait eu lieu dans de telles conditions, malgré les soins qu'elle a reçus », déclare-t-elle en ajoutant qu'elle espérait que sa fille rentrerait bientôt.

Shozizah, 67 ans, n'est restée qu'une journée en Ouzbékistan avant de rentrer jeudi soir avec le reste de sa communauté. Alors que les autres femmes de sa communauté fuyaient, elle était restée chez elle parce qu'elle souhaitait s'occuper de son mari.

Elle s'est cachée dans sa maison, l'une des rares dans le district à avoir échappé à la destruction car elle était dissimulée derrière l'école. « Des personnes armées sont revenues en tirant des coups de feu et j'étais vraiment terrifiée. J'ai alors décidé de fuir », déclare Shozizah, en ajoutant « maintenant je fais la cuisine pour tout le monde car je suis la seule à disposer d'une cuisine ».

Matuna est également restée au Kirghizstan, en se cachant avec un ami. Elle raconte que sa famille était en train de préparer le mariage de sa fille quand la violence a éclaté le 10 juin. « Nous étions en train de recueillir de l'or, des vêtements et d'autres choses pour son mariage. Le mariage devait avoir lieu le mois prochain. Mais tout est détruit maintenant. Tous les vêtements sont brûlés », dit-elle avec amertume.

L'équipe d'urgence du HCR à Osh a fourni une aide d'urgence vendredi matin. Ils font état d'une situation généralement calme, avec une circulation limitée dans les rues et quelques petits marchés ouverts, mais également de destructions importantes.

Le HCR a prévu quatre vols d'aide d'urgence supplémentaires pour ce week end en direction d'Osh. Chaque vol acheminera quelque 40 tonnes de tentes, de couvertures, de bâches en plastique, d'ustensiles de cuisine et d'autres produits de secours non alimentaires, autant de produits dont les personnes ont un besoin urgent.

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Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Réponse aux situations d'urgence

Le HCR s'engage à accroître sa capacité à répondre aux situations d'urgence complexes.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

L'apatridie au Kirghizistan

Deux décennies après la désintégration de l'Union soviétique, des milliers de gens vivant dans d'anciennes Républiques soviétiques comme le Kirghizistan sont toujours confrontés à des problèmes de citoyenneté. Le HCR a recensé plus de 20 000 apatrides dans cette nation d'Asie centrale. Aucun pays ne reconnaît ces personnes comme ses ressortissants en vertu de sa législation. Si bon nombre d'entre eux relèvent en principe de la loi kirghize sur la citoyenneté, leur nationalité n'a pas été confirmée dans le cadre des procédures actuelles.

La plupart des apatrides vivant au Kirghizistan résident sur le territoire depuis de nombreuses années, ont de la famille proche dans le pays et sont bien intégrés, tant du point de vue social que culturel. Mais comme ils ne possèdent pas de documents d'identité, ils ne peuvent faire des choses que la plupart des gens tiennent pour acquises : remplir les formalités nécessaires pour se marier ou déclarer la naissance d'un enfant, voyager au Kirghizistan ou à l'étranger, toucher une pension de retraite ou des allocations sociales, ou encore posséder un bien. Ils sont plus exposés aux difficultés économiques, sont davantage touchés par le chômage et ne peuvent bénéficier pleinement du système public d'enseignement et de santé.

Depuis son accession à l'indépendance en 1991, le Kirghizistan a pris plusieurs mesures positives pour réduire et prévenir l'apatridie. En vertu de son mandat sur l'apatridie, le HCR prête son concours au pays, en dispensant des conseils sur la législation ou les pratiques, et en apportant une aide technique aux personnes chargées de résoudre les problèmes de citoyenneté. Les ONG partenaires de l'agence pour les réfugiés offrent une assistance juridique aux apatrides et les guident dans leurs démarches pour obtenir la nationalité.

Cependant, le problème de l'apatridie au Kirghizistan est complexe et des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se heurtent encore à des obstacles juridiques, administratifs et financiers lorsqu'elles cherchent à confirmer leur citoyenneté kirghize ou à obtenir la nationalité du pays. En 2009, avec le soutien du HCR, le gouvernement a adopté un plan d'action national pour prévenir et réduire l'apatridie. En 2011, l'organisation aidera les autorités à réviser le plan et à prendre des mesures concrètes pour le mettre en oeuvre. Tous les intervenants devront déployer un effort concerté, afin d'éviter que l'apatridie ne devienne un problème persistant, se transmettant de génération en génération.

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Long voyage de retour vers Tombouctou

La guerre a atteint Tombouctou en avril dernier, quand des rebelles touaregs se sont emparés de cette ville antique du nord du Mali. Elle est rapidement tombée sous le contrôle des militants, qui ont commencé à imposer aux habitants une version stricte de la charia. Les femmes ont été forcées de porter le voile en public, des personnes suspectées d'adultère étaient fouettées ou lapidées, des voleurs ont eu les mains coupées et des chambres funéraires centenaires ont été détruites.

Des milliers de personnes ont alors fui Tombouctou et beaucoup ont trouvé refuge dans la capitale malienne, Bamako, au sud du pays. Fatima Nialy, une mère de quatre enfants, s'est jointe au flux des civils se dirigeant vers le sud car elle se sentait prisonnière dans sa propre maison à Tombouctou. A Bamako, elle et ses enfants - dont son bébé d'un mois - ont été pris en charge par des proches. Elle a vécu dans une chambre de la maison de son frère aîné.

En février 2013, peu de temps après que les forces françaises et maliennes aient libéré Tombouctou, Fatima a décidé de rentrer chez elle avec ses enfants. Le photographe Thomas Martinez les a suivis

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Colombie : Vivre dans les «barrios»

Après plus de quarante ans de guerre civile, la Colombie recense l'une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde. Plus de deux millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons ; beaucoup d'entre elles ont quitté des régions rurales éloignées pour aller chercher une sécurité relative dans les villes.

Les familles de personnes déplacées échouent la plupart du temps dans des taudis à la périphérie des grandes villes, où elles vivent dans un grand dénuement. Juste à la sortie de Bogota, des dizaines de milliers de personnes déplacées vivent dans les bidonvilles de Los Altos de Cazuca et de Los Altos de Florida. Les déplacé internes n'ont pratiquement pas accès aux services de santé, d'éducation ou de logement décent. La sécurité est également un problème, des gangs et des groupes armés contrôlant les bidonvilles et prenant souvent pour cible les jeunes.

L'UNHCR travaille en collaboration avec les autorités dans une dizaine de communes à travers la Colombie afin de s'assurer que les droits des personnes déplacées soient respectés, y compris leur accès aux services de base : la santé, l'éducation et la sécurité.

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Il y a un an, lors de l'éruption de violence au Kirghizistan, Saliya et sa famille se sont cachés dans la cave de leur maison durant trois jours, alors que les combats faisaient rage. Aujourd'hui la vie revient lentement à la normale.
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Des milliers de personnes déplacées dans la ville d'Och sont confrontées à d'immenses difficultés pour la reconstruction de leur maison et pour recommencer une nouvelle vie.
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La violence survenue début juin dans le sud du Kirghizistan a forcé quelque 400 000 personnes à fuir leurs maisons. Dans la région de Djalal-Abad, certains racontent ce qu'ils ont vécu durant la crise.