Le HCR distribue de l'aide en Ouzbékistan, où se trouvent désormais 100 000 réfugiés

Articles d'actualité, 22 juin 2010

© HCR
Des travailleurs humanitaires, dans un avion cargo, préparent le déchargement de plusieurs tonnes de matériel d'aide humanitaire du HCR à l'aéroport d'Och.

ANDIJAN, Ouzbékistan, 21 juin (HCR) La distribution du matériel d'aide du HCR est en cours en Ouzbékistan au bénéfice de dizaines de milliers de réfugiés ayant fui la violence survenant ce mois-ci dans des régions du sud du Kirghizistan. Le Gouvernement ouzbek estime que plus de 100 000 personnes ont traversé la frontière depuis le 10 juin.

Les autorités ouzbèkes ont distribué plusieurs tonnes de biens de secours depuis ce week-end, y compris des tentes, des bâches en plastique pour les abris, des couvertures et d'autres articles de secours. Le gouvernement fournit des soins médicaux et des repas aux réfugiés d'origine ethnique ouzbèke, dont 90% sont des femmes et des enfants.

Une équipe d'intervention d'urgence du HCR est arrivée dans la région d'Andijan la semaine dernière. Depuis, elle se rend dans des sites où sont hébergés les réfugiés pour effectuer une évaluation des besoins. « Nous avons été impressionnés par l'organisation et la gestion des sites. Tous les réfugiés reçoivent des repas chauds trois fois par jour, ainsi que des bouteilles d'eau pour boire et de l'eau pour la toilette », a indiqué un employé du HCR.

« Nous avons discuté avec des réfugiés. Ils nous ont fait part du suivi médical et des services de santé qui sont disponibles à tout moment dans le camp. Les réfugiés ont expliqué qu'ils en étaient très reconnaissants au Gouvernement et au peuple ouzbek », a-t-il ajouté.

Les autorités ouzbèkes ont indiqué que plus de 50 sites accueillant des réfugiés se trouvent dans les provinces frontalières d'Andijan, de Ferghana et de Namangan. Certains réfugiés sont hébergés dans des écoles, alors que d'autres se trouvent dans des familles d'accueil. Le nombre de ces derniers est indéterminé.

Des membres de l'équipe d'intervention d'urgence du HCR ont indiqué qu'un grand nombre de réfugiés faisaient leur possible pour la réunification de leur famille, car des familles avaient été séparées durant la fuite éperdue depuis le sud du Kirghizistan. Une femme âgée prévoit de rentrer à Och dans le sud du Kirghizistan pour y chercher sa fille et son nouveau-né, qui étaient restés dans une cave d'Och lors du départ précipité des membres de sa famille échappant à la violence dans la ville.

La Vice-Premier ministre ouzbèke Farida Akbarova s'est rendue sur un site et elle a indiqué au personnel du HCR que la gestion de la crise demeurait une priorité pour le gouvernement. « Nous avons mobilisé des fonctionnaires, des enseignants, des médecins, des étudiants pour travailler avec les réfugiés », a-t-elle indiqué.

Plusieurs réfugiés ont fait part de leur reconnaissance pour l'aide qu'ils ont reçue. Ils ont également indiqué qu'ils rentreraient une fois que la situation se serait stabilisée au Kirghizistan. Un appel éclair conjoint des Nations Unies visant à aider les réfugiés en Ouzbékistan devrait être publié d'ici la fin de la semaine.

La situation sur le terrain reste globalement tendue dans le sud du Kirghizistan. Les autorités ont commencé à retirer les barricades dans Och. Le HCR a réétabli une présence à Och dans le cadre de la plate-forme des Nations Unies localisée à l'aéroport. Le HCR a acheminé par voie aérienne quelque 80 tonnes de biens de secours vers Och depuis dimanche, soit un volume suffisant pour 15 000 personnes déplacées internes.

Les partenaires locaux du HCR évaluent les besoins et organisent la livraison des articles d'assistance dans la région d'Och. Le manque de sécurité continue toutefois à entraver la fourniture du matériel de secours et l'évaluation appropriée des besoins.

A Djalal-Abad, la situation reste tendue. Le HCR a établi un bureau dans cette ville lundi et son personnel est sur le terrain pour vérifier le nombre des déplacés, pour visiter les zones où se concentrent les réfugiés et pour évaluer leurs besoins. « Nos équipes font état d'un faible trafic dans la ville et de rues quasiment désertes. Dans certaines zones, une maison sur deux a été détruite », a indiqué un porte-parole du HCR.

Le HCR estime que quelque 300 000 déplacés se trouvent au sein même du Kirghizistan, y compris quelque 40 000 d'entre eux ayant besoin d'urgence d'un abri. Les autorités estiment que quelque 9 000 personnes sont rentrées dans leur village d'origine depuis l'Ouzbékistan et au sein même du Kirghizistan. La principale préoccupation signalée par les réfugiés concerne la recherche des membres de leur famille.

Par Natalia Prokopchuk à Andijan, Ouzbékistan

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Deux décennies après la désintégration de l'Union soviétique, des milliers de gens vivant dans d'anciennes Républiques soviétiques comme le Kirghizistan sont toujours confrontés à des problèmes de citoyenneté. Le HCR a recensé plus de 20 000 apatrides dans cette nation d'Asie centrale. Aucun pays ne reconnaît ces personnes comme ses ressortissants en vertu de sa législation. Si bon nombre d'entre eux relèvent en principe de la loi kirghize sur la citoyenneté, leur nationalité n'a pas été confirmée dans le cadre des procédures actuelles.

La plupart des apatrides vivant au Kirghizistan résident sur le territoire depuis de nombreuses années, ont de la famille proche dans le pays et sont bien intégrés, tant du point de vue social que culturel. Mais comme ils ne possèdent pas de documents d'identité, ils ne peuvent faire des choses que la plupart des gens tiennent pour acquises : remplir les formalités nécessaires pour se marier ou déclarer la naissance d'un enfant, voyager au Kirghizistan ou à l'étranger, toucher une pension de retraite ou des allocations sociales, ou encore posséder un bien. Ils sont plus exposés aux difficultés économiques, sont davantage touchés par le chômage et ne peuvent bénéficier pleinement du système public d'enseignement et de santé.

Depuis son accession à l'indépendance en 1991, le Kirghizistan a pris plusieurs mesures positives pour réduire et prévenir l'apatridie. En vertu de son mandat sur l'apatridie, le HCR prête son concours au pays, en dispensant des conseils sur la législation ou les pratiques, et en apportant une aide technique aux personnes chargées de résoudre les problèmes de citoyenneté. Les ONG partenaires de l'agence pour les réfugiés offrent une assistance juridique aux apatrides et les guident dans leurs démarches pour obtenir la nationalité.

Cependant, le problème de l'apatridie au Kirghizistan est complexe et des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se heurtent encore à des obstacles juridiques, administratifs et financiers lorsqu'elles cherchent à confirmer leur citoyenneté kirghize ou à obtenir la nationalité du pays. En 2009, avec le soutien du HCR, le gouvernement a adopté un plan d'action national pour prévenir et réduire l'apatridie. En 2011, l'organisation aidera les autorités à réviser le plan et à prendre des mesures concrètes pour le mettre en oeuvre. Tous les intervenants devront déployer un effort concerté, afin d'éviter que l'apatridie ne devienne un problème persistant, se transmettant de génération en génération.

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