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Un mort, deux blessés lors d'échanges de tirs au Yémen non loin de la côte de la mer Rouge

Points de presse, 22 juin 2010

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 22 juin 2010 au Palais des Nations à Genève.

Alors que les événements pour célébrer la Journée mondiale du réfugié se déroulaient au Yémen dimanche, un Somalien âgé de 22 ans et nouvellement arrivé a été tué et deux femmes, qui ne sont pas des ressortissantes somaliennes, ont été gravement blessées lors d'échanges de tirs entre des militaires et des passeurs.

Cette tragédie s'est déroulée autour de 14h00 heure locale dimanche après-midi à Al Sabiel, à quelque 200 kilomètres à l'ouest d'Aden, alors que des passeurs faisaient monter dans deux camions à destination de l'Arabie saoudite des Africains se déplaçant dans des mouvements migratoires mixtes.

Al Sabiel se trouve à environ 50 kilomètres au nord-est de Bab el Mandab, près de Dhubab, et c'est le point d'entrée principal au Yémen pour les personnes traversant la mer Rouge dans le cadre de mouvements migratoires mixtes. Selon les survivants, des véhicules militaires ont entouré un convoi dirigé par des passeurs, alors que des passagers originaires de la corne de l'Afrique montaient à bord des véhicules. Les tirs ont commencé lorsque les passeurs ont tenté de s'enfuir.

Actuellement, 51 personnes, qui ne sont pas des ressortissants somaliens, sont en détention en attendant qu'une enquête soit menée. Un autre Somalien serait porté disparu et il aurait fui. L'armée a remis cinq hommes somaliens à un partenaire du HCR, le Croissant rouge yéménite. Ils reçoivent une assistance au centre de transit de Bab al Mandab et, en attendant une enquête, ils seront transportés vers le camp de réfugiés de Kharaz, à environ 150 kilomètres de l'ouest d'Aden.

Les survivants nous ont indiqué qu'ils faisaient partie des passagers d'un bateau de passeurs transportant environ 60 Africains depuis la corne de l'Afrique. Le bateau avait quitté Obock à Djibouti dimanche vers 7 heures du matin et il était arrivé sur la côte yéménite de la mer Rouge à Al Sadaf après un voyage de sept heures.

Le HCR travaille avec le Gouvernement yéménite pour rencontrer les personnes qui ne sont pas des ressortissants somaliens et qui sont en détention, afin de les identifier et de porter assistance aux personnes relevant de sa compétence. Le HCR réitère son appel sur l'absolue nécessité pour les gouvernements de protéger les civils.

Cette année, à cause de la guerre, de l'extrême pauvreté, de la famine et de la sécheresse, quelque 19 256 Africains originaires de la corne de l'Afrique ont fui leur maison et ont rejoint le Yémen par bateau.

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Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

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L'aide internationale est indispensable pour arrêter la traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Un nombre alarmant de personnes meurent en tentant de rejoindre le Yémen à bord d'embarcations de passeurs, dans le Golfe d'Aden, en partance de Somalie. En l'espace de trois semaines, fin 2005, au moins 150 personnes ont péri lors de ces traversées. Ces morts surviennent lors du chavirement des embarcations surchargées ou bien de leur dérive sans eau potable ni vivres. Ceux qui parviennent au terme de leur périple au Yémen racontent souvent que les voyageurs sont battus par les passeurs ou forcés à sauter par-dessus bord encore loin de la côte - parfois les mains et les pieds liés.

En réaction, l'UNHCR a appelé la communauté internationale à agir d'urgence pour endiguer le flux de réfugiés et d'immigrants éthiopiens et somaliens désespérés tombant aux mains de trafiquants sans scrupules dans l'espoir de rejoindre le Yémen puis d'autres pays. L'agence pour les réfugiés a également travaillé avec les autorités du Puntland, au nord-est de la Somalie, sur les moyens d'informer les gens sur le danger d'emprunter des bateaux de passeurs pour traverser le Golfe d'Aden. Ces moyens incluent la production de vidéos et de programmes radios, afin de sensibiliser les Somaliens et les Ethiopiens aux risques de ces traversées.

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Repérés au large des îles Canaries

Malgré des dangers considérables, des migrants en quête d'un avenir meilleur, et des réfugiés fuyant la guerre et les persécutions, continuent à embarquer dans des bateaux de fortune pour des traversées en haute mer. L'un des principaux itinéraires vers l'Europe part de l'ouest de l'Afrique vers l'archipel des Canaries, un territoire espagnol.

Avant 2006, la plupart des migrants irréguliers, empruntant cet itinéraire sur l'océan Atlantique, embarquaient sur des pateras, des bateaux pouvant transporter jusqu'à 20 personnes. Les pateras partaient en majorité depuis le Maroc et le Territoire du Sahara occidental, pour une traversée d'une demi-journée. Les pateras ont été remplacés par des bateaux plus importants appelés des cayucos, qui peuvent transporter jusqu'à 150 personnes. Les cayucos partent depuis des ports situés dans des pays d'Afrique de l'Ouest comme la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Sénégal ou la Sierra Leone. Ils prennent plus de trois semaines pour atteindre les Canaries.

Parmi les 32 000 personnes arrivées dans les îles Canaries, seule une petite proportion d'entre elles (359 personnes) ont demandé l'asile en 2006. En 2007, plus de 500 demandes d'asile ont été déposées aux îles Canaries. Ce chiffre est particulièrement significatif, étant donnée la diminution de 75 pour cent de nombre global des arrivées par la mer en 2007.

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La situation reste tendue et instable au nord du Yémen. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés fournit de l'aide aux dizaines de milliers de personnes déplacées par les récents affrontements les forces gouvernementales et les combattants rebelles. Toutefois la distribution de l'aide est entravée par l'insécurité permanente.
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