Le HCR aide les réfugiés dans l'est de l'Ouzbékistan, la situation au Kirghizistan est tendue

Points de presse, 22 juin 2010

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 22 juin 2010 au Palais des Nations à Genève.

En Ouzbékistan, la distribution de l'aide du HCR s'est effectuée durant le week-end au bénéfice de quelque 100 000 réfugiés ayant traversé la frontière depuis le Kirghizistan. Les autorités ouzbèkes elles-mêmes ont également procédé à des distributions de biens de secours du HCR et notre propre équipe d'intervention d'urgence est sur le terrain dans la région d'Andijan depuis vendredi pour visiter les sites et évaluer les besoins.

Les 240 tonnes d'aide que nous avons déjà acheminées en Ouzbékistan comprennent des tentes, des bâches en plastique, des couvertures et d'autres articles essentiels. Les autorités ouzbèkes nous indiquent que plus de 50 sites accueillent désormais des réfugiés le long de la frontière. Le gouvernement fournit des soins médicaux et des repas aux réfugiés. La plupart des réfugiés que nous avons vus sont des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Nous avons organisé des réunions avec les réfugiés. Il est aujourd'hui clair que nombre d'entre eux font leur possible pour retrouver leur famille après qu'elles aient été séparées durant la fuite. Nous avons discuté avec une femme âgée qui nous a indiqué qu'elle rentrait à Och pour retrouver sa fille et son petit-fils nouveau-né qui sont restés sur place dans une cave, au moment de la fuite précipitée de la population pour échapper aux combats. Nous avons vu d'autres cas similaires.

Un appel éclair conjoint des Nations Unies visant à aider les réfugiés en Ouzbékistan devrait être publié à la fin de cette semaine.

La situation sur le terrain reste globalement tendue dans le sud du Khirgizistan. Les autorités ont commencé à retirer les barricades dans Och. Le HCR a réétabli une présence à Och dans le cadre de la plate-forme des Nations Unies localisée à l'aéroport. Ses partenaires ONG évaluent les besoins et organisent la fourniture des articles d'assistance. Le manque de sécurité continue toutefois à entraver la fourniture du matériel de secours et l'évaluation appropriée des besoins.

A Djalal-Abad, la situation reste tendue. Le HCR a établi un bureau dans cette ville hier et les employés du HCR sont sur le terrain pour vérifier le nombre des déplacés, pour visiter les zones où se concentrent les réfugiés et pour évaluer leurs besoins. Nos équipes font état d'un faible trafic dans la ville et de rues quasiment désertes. Dans certaines zones, une maison sur deux a été détruite.

Les avions affrétés par le HCR dans le cadre du pont aérien d'urgence ont atterri à Och dimanche et hier, transportant à leur bord 80 tonnes de biens de secours. Notre estimation à ce stade fait toujours état de 300 000 déplacés au sein même du Kirghizistan, y compris quelque 40 000 d'entre eux ayant des besoins d'urgence en matière d'abri. Les autorités estiment que quelque 9 000 personnes sont rentrées dans leur village d'origine depuis l'Ouzbékistan et au sein du Kirghizistan.

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Réponse aux situations d'urgence

Le HCR s'engage à accroître sa capacité à répondre aux situations d'urgence complexes.

L'apatridie au Kirghizistan

Deux décennies après la désintégration de l'Union soviétique, des milliers de gens vivant dans d'anciennes Républiques soviétiques comme le Kirghizistan sont toujours confrontés à des problèmes de citoyenneté. Le HCR a recensé plus de 20 000 apatrides dans cette nation d'Asie centrale. Aucun pays ne reconnaît ces personnes comme ses ressortissants en vertu de sa législation. Si bon nombre d'entre eux relèvent en principe de la loi kirghize sur la citoyenneté, leur nationalité n'a pas été confirmée dans le cadre des procédures actuelles.

La plupart des apatrides vivant au Kirghizistan résident sur le territoire depuis de nombreuses années, ont de la famille proche dans le pays et sont bien intégrés, tant du point de vue social que culturel. Mais comme ils ne possèdent pas de documents d'identité, ils ne peuvent faire des choses que la plupart des gens tiennent pour acquises : remplir les formalités nécessaires pour se marier ou déclarer la naissance d'un enfant, voyager au Kirghizistan ou à l'étranger, toucher une pension de retraite ou des allocations sociales, ou encore posséder un bien. Ils sont plus exposés aux difficultés économiques, sont davantage touchés par le chômage et ne peuvent bénéficier pleinement du système public d'enseignement et de santé.

Depuis son accession à l'indépendance en 1991, le Kirghizistan a pris plusieurs mesures positives pour réduire et prévenir l'apatridie. En vertu de son mandat sur l'apatridie, le HCR prête son concours au pays, en dispensant des conseils sur la législation ou les pratiques, et en apportant une aide technique aux personnes chargées de résoudre les problèmes de citoyenneté. Les ONG partenaires de l'agence pour les réfugiés offrent une assistance juridique aux apatrides et les guident dans leurs démarches pour obtenir la nationalité.

Cependant, le problème de l'apatridie au Kirghizistan est complexe et des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se heurtent encore à des obstacles juridiques, administratifs et financiers lorsqu'elles cherchent à confirmer leur citoyenneté kirghize ou à obtenir la nationalité du pays. En 2009, avec le soutien du HCR, le gouvernement a adopté un plan d'action national pour prévenir et réduire l'apatridie. En 2011, l'organisation aidera les autorités à réviser le plan et à prendre des mesures concrètes pour le mettre en oeuvre. Tous les intervenants devront déployer un effort concerté, afin d'éviter que l'apatridie ne devienne un problème persistant, se transmettant de génération en génération.

L'apatridie au Kirghizistan

Cyclone dévastateur au Myanmar

Les 2 et 3 mai 2008, le cyclone Nargis a dévasté le Myanmar, causant la mort de milliers de personnes et en laissant plus d'un million d'autres sans abri. En réponse immédiate à la catastrophe, le bureau de l'UNHCR à Yangon a acheté et distribué l'équivalent de 50 000 dollars de bâche en plastique et de nourriture en conserve aux rescapés.

Depuis, avec un premier convoi d'aide humanitaire par camion, l'UNHCR a fait parvenir 22 tonnes de tentes et de bâche en plastique en provenance des stocks de l'agence dans le nord-ouest de la Thaïlande. Par ailleurs, plus de 100 tonnes de toile goudronnée, de couvertures, d'ustensiles de cuisine et de moustiquaires sont acheminées par avion depuis l'entrepôt régional de l'UNHCR à Dubaï.

L'UNHCR n'intervient pas habituellement en cas de catastrophe naturelle, mais l'agence a agi en raison de l'ampleur de la dévastation, du besoin urgent des victimes et de la proximité de ses entrepôts d'aide d'urgence, qui sont situés non loin du Myanmar.

Cyclone dévastateur au Myanmar

Myanmar : Les besoins persistent dans des zones reculées

Avec huit vols cargo et un convoi terrestre depuis la Thaïlande, l'UNHCR a déjà acheminé vers le Myanmar, en date du 6 juini, 430 tonnes de matériel d'abri et d'articles de première nécessité pour aider environ 130 000 victimes du cyclone Nargis. L'aide inclut des bâches et des rouleaux de plastique, des moustiquaires, des couvertures et des ustensiles de cuisine. Elle est rapidement distribuée une fois sur place.

Aux alentours de Yangon - une région qui a également été touchée par le cyclone - et dans le delta d'Irrawaddy, des familles ont construit des abris de fortune avec des toits de feuilles de palmier. Ils ont cependant désespérément besoin de bâches en plastique pour se protéger des pluies de mousson.

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Il y a un an, lors de l'éruption de violence au Kirghizistan, Saliya et sa famille se sont cachés dans la cave de leur maison durant trois jours, alors que les combats faisaient rage. Aujourd'hui la vie revient lentement à la normale.
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Des milliers de personnes déplacées dans la ville d'Och sont confrontées à d'immenses difficultés pour la reconstruction de leur maison et pour recommencer une nouvelle vie.
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La violence survenue début juin dans le sud du Kirghizistan a forcé quelque 400 000 personnes à fuir leurs maisons. Dans la région de Djalal-Abad, certains racontent ce qu'ils ont vécu durant la crise.