Le HCR démarre un pont aérien d'urgence vers l'Ouzbékistan

Points de presse, 15 juin 2010

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 15 juin 2010 au Palais des Nations à Genève.

Le pont aérien du HCR vers le Kirghizistan va débuter ce week-end. Deux avions cargo Iliouchine-76 affrétés par le HCR et transportant 80 tonnes de biens de secours devraient atterrir à Och dans le sud du Kirghizistan. L'assistance initiale aidera à couvrir les besoins immédiats d'environ 15 000 personnes. La première cargaison de 800 tentes devrait atterrir à Och samedi 19 juin, alors que le second avion transportant d'autres articles d'aide depuis notre entrepôt régional d'urgence de Dubaï devrait arriver dimanche 20 juin.

La situation dans le sud du Kirghizistan reste fragile et tendue. Des informations font état de violences sporadiques persistantes. L'accès pour les travailleurs humanitaires dans de nombreux quartiers de la ville d'Och et de zones du sud du Kirghizistan est extrêmement difficile et limité. Nous estimons que quelque 300 000 personnes sont des déplacés internes au Kirghizistan, alors qu'un autre groupe de 100 000 personnes aurait trouvé refuge en Ouzbékistan.

La part du HCR, dans le cadre d'un appel de fonds humanitaire conjoint des Nations Unies visant à porter assistance à la population déplacée interne au Kirghizistan et publié aujourd'hui à New York, s'élève à quelque 10 millions de dollars. Les fonds permettront au HCR de couvrir, pour les trois prochains mois, les besoins de quelque 260 000 personnes déplacées internes qui sont actuellement hébergées par des familles et des communautés hôtes. Quelque 40 000 autres ont un besoin immédiat en matière d'abri. Le HCR a déjà dépensé environ 2,5 millions de dollars pour l'aide initiale et le financement des ponts aériens entre l'Ouzbékistan et le Kirghizistan. Un appel de fond séparé devrait être publié la semaine prochaine pour l'Ouzbékistan.

Parallèlement, le sixième vol du pont aérien vers l'Ouzbékistan devrait atterrir à l'aéroport d'Andijan ce jour. Cette rotation sera la dernière du pont aérien initial qui aura acheminé 240 tonnes de matériel de secours au total. Le HCR a commencé un pont aérien vers l'Ouzbékistan depuis son entrepôt régional d'urgence de Dubaï mercredi. Le HCR continuera à travailler en coordination étroite avec le Gouvernement d'Ouzbékistan et l'équipe pays des Nations Unies pour identifier et couvrir les besoins de la population réfugiée.

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L'apatridie au Kirghizistan

Deux décennies après la désintégration de l'Union soviétique, des milliers de gens vivant dans d'anciennes Républiques soviétiques comme le Kirghizistan sont toujours confrontés à des problèmes de citoyenneté. Le HCR a recensé plus de 20 000 apatrides dans cette nation d'Asie centrale. Aucun pays ne reconnaît ces personnes comme ses ressortissants en vertu de sa législation. Si bon nombre d'entre eux relèvent en principe de la loi kirghize sur la citoyenneté, leur nationalité n'a pas été confirmée dans le cadre des procédures actuelles.

La plupart des apatrides vivant au Kirghizistan résident sur le territoire depuis de nombreuses années, ont de la famille proche dans le pays et sont bien intégrés, tant du point de vue social que culturel. Mais comme ils ne possèdent pas de documents d'identité, ils ne peuvent faire des choses que la plupart des gens tiennent pour acquises : remplir les formalités nécessaires pour se marier ou déclarer la naissance d'un enfant, voyager au Kirghizistan ou à l'étranger, toucher une pension de retraite ou des allocations sociales, ou encore posséder un bien. Ils sont plus exposés aux difficultés économiques, sont davantage touchés par le chômage et ne peuvent bénéficier pleinement du système public d'enseignement et de santé.

Depuis son accession à l'indépendance en 1991, le Kirghizistan a pris plusieurs mesures positives pour réduire et prévenir l'apatridie. En vertu de son mandat sur l'apatridie, le HCR prête son concours au pays, en dispensant des conseils sur la législation ou les pratiques, et en apportant une aide technique aux personnes chargées de résoudre les problèmes de citoyenneté. Les ONG partenaires de l'agence pour les réfugiés offrent une assistance juridique aux apatrides et les guident dans leurs démarches pour obtenir la nationalité.

Cependant, le problème de l'apatridie au Kirghizistan est complexe et des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se heurtent encore à des obstacles juridiques, administratifs et financiers lorsqu'elles cherchent à confirmer leur citoyenneté kirghize ou à obtenir la nationalité du pays. En 2009, avec le soutien du HCR, le gouvernement a adopté un plan d'action national pour prévenir et réduire l'apatridie. En 2011, l'organisation aidera les autorités à réviser le plan et à prendre des mesures concrètes pour le mettre en oeuvre. Tous les intervenants devront déployer un effort concerté, afin d'éviter que l'apatridie ne devienne un problème persistant, se transmettant de génération en génération.

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