La question des réfugiés sous les projecteurs de la Coupe du Monde

Articles d'actualité, 26 mai 2010

© UNHCR/B. Heidenstrom
« The shirt », composé de plus de 600 maillots de football du monde entier, est présenté à 70 000 spectateurs à l'inauguration du stade de Soccer City, où se jouera la finale de la Coupe du Monde le 11 juillet.

JOHANNESBURG, Afrique du Sud, 26 mai (HCR) Bjorn Heidenstrom a presque atteint l'étape finale de son voyage marathon en vélo à travers l'Europe et l'Afrique cette année durant lequel il a fait connaître la question des réfugiés parmi les joueurs de football et leurs supporters.

L'ancien footballeur professionnel norvégien est arrivé à Johannesburg juste à temps pour assister samedi dernier au gala d'inauguration du stade de Soccer City par le Président de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma. Ce stade comptant 94 700 sièges accueillera le match d'ouverture le 11 juin et la finale de la Coupe du Monde 2010 un mois après.

Le déploiement du t-shirt géant sur le terrain de football devant 70 000 personnes rassemblées pour la cérémonie d'ouverture a été une surprise se dévoilant à Bjorn Heidenstrom, qui avait quitté Oslo le 20 juin dernier lors de la Journée mondiale du réfugié.

Parallèlement à la sensibilisation sur la question des réfugiés et sur les activités du HCR durant un voyage qui l'a emmené dans 35 pays, Bjorn Heidenstrom a aussi collecté des maillots d'équipes de joueurs professionnels et amateurs. Il avait pour objectif de les coudre tous ensemble pour en faire le plus grand t-shirt de football au monde.

« J'ai maintenant les larmes aux yeux ! », s'est exclamé Bjorn Heidenstrom tout en contemplant le terrain du stade de Soccer City. Les maillots avaient été assemblés la veille à la demande de Kjetil Siem, le directeur de la première division de la ligue de football en Afrique du Sud. Kjetil Siem est également norvégien et c'est l'ancien directeur l'équipe Valerenga d'Oslo, dont Bjorn Heidenstrom est directeur du marketing et des médias.

Avant le début d'un match de championnat pour inaugurer le stade, le Président Zuma a signé un maillot jaune vif de l'équipe nationale d'Afrique du Sud, connue sous le nom de Bafana Bafana. Ce maillot a ensuite rejoint le t-shirt géant de Bjorn Heidenstrom, qui a été ensuite enregistré par le Livre Guinness des records.

Bjorn Heidenstrom fait actuellement tout son possible pour que « The shirt », « Le maillot » soit exposé dans des lieux célèbres en Afrique du Sud, y compris durant des manifestations organisées par le HCR pour célébrer cette année la Journée mondiale du réfugié. L'objectif est que « The shirt » soit vu par un maximum de personnes et que celles-ci soient sensibilisées sur la cause des réfugiés.

Le but ultime de Bjorn Heidenstrom est d'obtenir l'exposition de « The shirt » dans le stade de Soccer City durant la finale de la Coupe du monde le 11 juillet prochain. « Imaginez combien de personnes dans le monde pourront le voir et penser aux réfugiés », a expliqué ce Norvégien âgé de 41 ans.

Durant son voyage du nord au sud de l'Afrique, Bjorn Heidenstrom a été émerveillé et encouragé par les récits de personnes déracinées qu'il a rencontrées. « J'ai été spécialement frappé par le succès de l'équipe de football des Léopards du camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi qui s'est qualifiée pour rejoindre la première division au Malawi », a-t-il indiqué.

Cette formidable équipe est composée de réfugiés de différentes nationalités. Bjorn Heidenstrom a noté qu'ils avaient partagé un objectif commun celui de gagner. « Désormais ils sont les héros dans ce camp. Leur progression est tout simplement une source d'inspiration. »

Le HCR a fourni une assistance logistique à Bjorn Heidenstrom durant son voyage. Plusieurs joueurs professionnels de haut niveau ont signé des tee-shirts qui font partie de « The shirt », y compris Lionel Messi et Thierry Henry du FC Barcelone ainsi que Steven Gerrard, Francesco Totti et Fernando Torres de Liverpool, et ce parmi d'autres célébrités comme Sir Elton John et de hauts responsables de fédérations de football, Sepp Blatter et Michel Platini.

Par Tina Ghelli à Johannesburg, Afrique du Sud

Pour en savoir plus sur le voyage de Bjorn Heidenstrom, consultez www.theshirt2010.net

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Afrique du Sud: En marche vers la coexistence

L'Afrique du Sud est l'un des rares pays d'Afrique où les réfugiés et les demandeurs d'asile enregistrés bénéficient légalement d'une liberté de mouvement ainsi que de l'accès aux services sociaux et aux emplois au même titre que les citoyens.

Mais si ces droits sont garantis par la loi, ils sont parfois ignorés dans la pratique. Les réfugiés et les demandeurs d'asile se voient souvent rejetés par les employeurs ou mis en compétition avec les citoyens les plus pauvres pour obtenir les pires emplois - en particulier ces dernières années, quand des millions de personnes ont fui les difficultés politiques et économiques survenant dans des pays comme le Zimbabwe. La récession économique mondiale n'a pas aidé.

Durant cette dernière décennie, quand la situation est devenue plus difficile, les réfugiés des villes sont parfois devenus la cible de frustrations de la population locale. En mai 2008, des violences xénophobes ont éclaté à Johannesburg et se sont rapidement propagées à d'autres parties du pays, causant la mort de plus de 60 personnes et le déplacement d'environ 100 000 autres.

A Atteridgeville, une ville située en bordure de la capitale Pretoria - et théâtre de l'une des pires situations de violence - des commerçants sud-africains et somaliens, aidés par le HCR, ont négocié un accord détaillé pour régler le contentieux commercial initial ayant conduit à l'embrasement des magasins tenus par des Somaliens. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés soutient également l'action de la Fondation Nelson Mandela visant à lutter contre la xénophobie.

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Invisibles en Afrique du Sud

En mars 2011, le HCR a lancé un projet avec l'organisation non gouvernementale sud-africaine, Lawyers for Human Rights (LHR- Avocats pour les droits de l'homme), pour traiter de la question de l'apatridie. Les objectifs spécifiques du projet étaient de fournir directement des services juridiques aux apatrides et aux personnes risquant de le devenir, d'aborder avec le gouvernement la nécessité de réformer la loi pour prévenir et réduire les cas d'apatridie, de sensibiliser à la question des apatrides et de leurs droits et de plaider pour la ratification des conventions des Nations Unies de 1954 et de 1961 relatives à l'apatridie.

LHR avait conçu ce projet un an plus tôt après avoir observé qu'un grand nombre de demandeurs d'asile nés Zimbabwéens leur faisaient part de leurs difficultés pour trouver du travail, étudier ou créer une entreprise - activités autorisées selon le droit sud-africain. Ils expliquèrent à LHR que lorsqu'ils ont demandé un passeport zimbabwéen, nécessaire pour accéder à ces droits, les fonctionnaires du Consulat les ont informés qu'ils n'étaient plus reconnus comme citoyens zimbabwéens. Ceci en réalité les rendait apatrides.

Depuis le commencement du projet, LHR a rencontré plus de 2 000 personnes apatrides ou risquant de le devenir. Ces personnes sont originaires de plus de 20 pays différents. L'ONG a identifié plusieurs catégories de personnes rencontrant des difficultés en Afrique du Sud, que ce soit des migrants ou des personnes nées dans le pays.

La série de photos qui suit présente certaines des personnes qui ont été, ou sont, aidées par le projet. Les portraits ont été réalisés par le photographe Daniel Boshoff. Certaines personnes ont demandé que leur nom soit modifié.

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Ils ont connu des atrocités que nous ne pouvons imaginer, survécuà des traumatismes que la plupart des autres enfants n'auront jamais à connaître. Désorientés, déchirés entre leur fardeau d'adulte et leur innocence perdue, les jeunes réfugiés continuent partout dans le monde d'affronter l'avenir avec espoir et courage.

En 2003, l'UNHCR dédiait la Journée mondiale du réfugié aux jeunes réfugiés, pour attirer l'attention sur leur sort et rendre hommage à leur force et à leur potentiel, pour leur donner envie de s'aider et d'aider leurs communautés.

Dans cette série vous verrez des jeunes courageux, prêts à surmonter tous les revers. De la gaieté, de la tristesse, du sport, des projets et de l'amour et toujours une soif d'apprendre et une volonté farouche de s'en sortir, par l'éducation et la persévérance. En Bosnie comme en Érythrée, en Colombie comme à Kaboul, ces visages parfois désespérés, parfois pleins d'enthousiasme nous font vivre le quotidien des jeunes réfugiés à travers le monde.

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Des enfants jouent au football et semblent heureux et insouciants. En fait, ils sont réfugiés et un grand nombre d'entre eux sont non accompagnés. Ils sont confrontés à de nombreux problèmes.