La LRA intensifie ses attaques déplaçant des milliers de civils

Articles d'actualité, 14 mai 2010

© HCR/P.Taggart
Des civils fuient massivement leurs villages situés dans l'est de la RDC, après des attaques perpétrées par la LRA.

NAIROBI, Kenya, 14 mai (HCR) Le HCR a fait part vendredi de ses inquiétudes quant aux informations faisant état d'une hausse spectaculaire de la fréquence et de la brutalité des attaques perpétrées contre les populations civiles par le groupe armé ougandais connu sous le nom de LRA (Armée de résistance du Seigneur) en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et en République centrafricaine.

Entre le 20 mars et le 6 mai, au moins dix attaques ont été organisées les hommes en armes de la LRA dans six villages de la province du Haut-Mbomou au sud de la République centrafricaine. Les miliciens ont tué 36 personnes, brûlé de nombreuses maisons et provoqué la fuite de 10 000 personnes, dont 411 d'entre elles ont passé la frontière vers la RDC. Ces personnes nouvellement déplacées se trouvent principalement dans les villes de Bangassou, Rafai, Zemio et Mboki.

Dans l'est de la RDC, la toute dernière attaque de grande ampleur perpétrée par la LRA se serait déroulée entre le 22 et le 26 février à Kpanga, à environ 60 kilomètres au nord de Niangara, dans le district de Bas-Uele (Province Orientale). La LRA y aurait massacré près de 100 personnes, y compris des enfants. Cette zone a été affectée à de nombreuses reprises par les attaques de la LRA.

Au Soudan, les attaques de la LRA se sont produites pour la plupart dans les régions Centre-Equateur et Ouest-Equateur bordant l'Ouganda, la RDC et la République centrafricaine. Depuis août 2009, la LRA a mené de nombreuses incursions, qui ont forcé à des transferts de réfugiés vers des zones plus sûres, à des déplacements de la population locale et qui ont sérieusement perturbé l'acheminement de l'assistance humanitaire.

Le 6 avril dernier, le groupe a mené un raid contre l'installation de réfugiés d'Ezo Napere dans la région Ouest-Equateur, ayant causé la mort d'un réfugié et en ayant blessé un autre. L'attaque a été repoussée par les forces de police du Sud-Soudan.

Des bandes errantes de combattants de la LRA attaquent sans relâche des villages sans défense situés dans des zones isolées dépourvues de routes praticables et de communications. De ce fait, des atrocités commises par des membres de la LRA restent ignorées durant de longues périodes.

L'épicentre des atrocités commises par la LRA se situe dans les deux districts de Haut-Uele et de Bas-Uele dans la Province Orientale en RDC où, depuis décembre 2008, la LRA a massacré plus de 1 800 personnes, enlevé quelque 2 500 personnes et forcé 280 000 personnes à quitter leurs villages, la majorité d'entre elles en 2009. La LRA a également forcé près de 20 000 Congolais à chercher refuge au Soudan et en République centrafricaine.

Au Soudan, la LRA aurait massacré 2 500 personnes et ses attaques auraient généré 87 800 déplacés internes, principalement dans les régions Centre-Equateur et Ouest-Equateur.

La LRA, créée en 1986 en Ouganda, a établi son quartier général au Soudan à partir de 1993. La LRA mène des attaques en RDC depuis 2005 et plus au nord en République centrafricaine depuis 2009.

En République centrafricaine, l'équipe spéciale des Nations Unies sur la question du déplacement interne, dont le HCR fait partie, organise une livraison de biens de secours d'urgence le plus rapidement possible aux personnes nouvellement déplacées dans la province de Haut-Mbomou. Une mission d'évaluation se rendra à Zemio ce week-end, où se trouvent des déplacés centrafricains ainsi que des réfugiés de RDC.

Par Yusuf Hassan à Nairobi, Kenya

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Edwige fait face à la perte en s'activant et en aidant les autres dans le camp de Mole

Edwige Kpomako est une femme pressée; mais cette énergie aide également cette réfugiée originaire de République centrafricaine (RCA) à faire face à la tragédie qui l'a forcée à fuir vers le nord de la République démocratique du Congo (RDC) en 2013. Avant que la violence ne ravage de nouveau son pays en 2012, la jeune femme de 25 ans étudiait en Master de littérature américaine à Bangui, et sa vie était tournée vers l'avenir. « J'ai commencé ma thèse sur l'oeuvre d'Arthur Miller mais, à cause de la situation en RCA…. », explique-t-elle, sans pouvoir terminer sa phrase. A la place, elle a dû fuir précipitamment en RDC avec un frère plus jeune, mais son fiancé et un fils de 10 ans ont été tués dans les violences intercommunautaires en RCA.

Après avoir franchi le fleuve Oubangui vers la RDC, Edwige a été transférée vers Mole, un camp qui héberge plus de 13 000 réfugiés. Tentant désespérément d'avancer dans la vie et de rester active, elle a commencé à aider les autres, à assumer un rôle de direction et à participer à des activités communautaires, notamment la capoeira, un art martial brésilien. Elle dirige le comité des femmes, s'engage dans des activités visant à combattre la violence sexuelle et agit comme officier de liaison au centre de santé. Elle donne aussi des cours et tient un petit commerce en vendant des crèmes pour le visage. « J'ai découvert que je n'étais pas faible », déclare Edwige, en restant optimiste. Elle est certaine que son pays va sortir de son cauchemar et se reconstruire et qu'elle deviendra un jour une avocate spécialisée dans la défense des droits humains au service des réfugiés.

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Joie en demi-teinte pour les retrouvailles d'une famille de réfugiés centrafricains

La violence et les conflits en République centrafricaine ont forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers depuis la mi-décembre. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, y compris 80 000 personnes au Cameroun. Avec le traumatisme et la confusion causés par les déplacements de populations, des familles sont séparées. Les réfugiés font face à de nombreux dangers sur le chemin de la sécurité, et leur voyage peut durer plusieurs semaines. Ramatou, une mère de 11 enfants âgée de 45 ans, a été séparée de trois de ses fils et de son mari quand des miliciens ont attaqué son village en janvier. Elle est partie en courant avec huit enfants et elle a fini par rejoindre le Cameroun avec l'aide des troupes de l'Union africaine pour le maintien de la paix. Son mari et ses trois fils ont couru dans une autre direction. Ils ont enduré de nombreuses épreuves dans la brousse, et ont été séparés à nouveau. Plus tôt ce mois-ci, Ramatou a retrouvé ses deux cadets dans le camp de réfugiés de Mbile au Cameroun. Elle était ravie, mais aussi consternée de les voir non accompagnés. Elle espère revoir bientôt son mari et son fils aîné. Le photographe Fred Noy a assisté à leurs retrouvailles émouvantes.

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