Sri Lanka : les allocations pour le retour et l'abri sont de nouveau distribuées

Points de presse, 28 avril 2010

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 28 avril 2010 au Palais des Nations à Genève.

Nous nous félicitons de la reprise, la semaine dernière, des mouvements de retour dirigés par les autorités dans le nord de Sri Lanka, suite à une pause temporaire de trois semaines due aux élections parlementaires et au Nouvel an tamil. Suite à cette décision, quelque 7 000 déplacés internes sont rentrés dans les districts de Kilinochchi et Mullaitivu.

Quelque 207 000 déplacés ont quitté les camps dans le nord et l'est du pays depuis le début du processus de retour en août l'année dernière. Ces personnes sont retournées dans leur maison ou elles sont hébergées par des amis ou des proches à Vavuniya, Mannar, Jaffna et dans d'autres districts.

Les rapatriés rentrent dans des régions ayant subi des destructions majeures. Pour les aider à reconstruire leur vie, nous fournissons à chaque famille rapatriée une allocation pour l'abri en espèces de 25 000 roupies (220 dollars) via la Bank of Ceylon, un groupe bancaire public. Plus de 40 000 familles ont reçu une allocation en espèces en mars.

Le mois dernier, nous avons été forcés de suspendre temporairement cette assistance à cause d'un manque de financement. Toutefois, grâce à de généreuses contributions reçues récemment de la part des donateurs, le HCR recommencera la distribution d'allocations pour l'abri en espèces à la fin de cette semaine.

La plupart de ces fonds seront utilisés pour porter assistance à quelque 10 000 familles déjà rentrées chez elles mais n'ayant pas encore reçu l'allocation du fait de la récente suspension des retours. Il reste quelque 25 000 familles (approximativement 82 000 personnes) hébergées dans des camps ou chez des familles d'accueil, principalement dans la région de Menik Farm. Les retours devraient s'effectuer en nombre croissant cette année. Cependant, davantage de financement est requis d'urgence pour les familles qui devraient revenir dans leur région d'origine prochainement, que ce soit en termes de semaines ou de mois.

Une récente évaluation menée par le HCR a montré que, si quelques familles ont utilisé des allocations en espèces pour commencer à réparer leurs maisons ou pour construire de nouveaux abris, d'autres utilisent cette allocation pour répondre à d'autres priorités qu'ils se sont eux-mêmes fixé. De nombreux rapatriés ont acheté des bicyclettes avec l'argent reçu, ce qui leur permet d'accéder aux services, de transporter des produits et de réétablir un tissu social. Certaines familles pourraient également utiliser cet argent pour payer un journalier qui défrichera leur terre ou l'investir pour commencer une petite affaire.

Parallèlement, nous continuons à distribuer aux rapatriés du matériel d'aide comme des matelas en plastique, des moustiquaires, des vêtements et des outils pour défricher la jungle. Des efforts pour l'élimination des mines antipersonnel sont actuellement menés ainsi que la reconstruction par le gouvernement des infrastructures comme le transport, la santé et l'éducation qui manquent toujours dans la plupart des zones de retour. Remédier à ces problèmes aidera à la durabilité des retours.

Au cours de la surveillance des retours, de nombreuses communautés nous font part des problèmes auxquels elles sont confrontées après le rapatriement. Par exemple, dans la région de Vanni, les femmes chefs de famille indiquent que les opportunités pour des activités génératrices de revenus sont très rares. Elles ont également du mal à obtenir certains types de documents, comme des certificats de décès de leur mari défunt. Ces documents sont nécessaires pour recevoir des allocations de veuvage et une aide gouvernementale.

Au pic du conflit en avril et en mai de l'année dernière, environ 280 000 personnes avaient été déplacées. Elles logeaient dans plus de 40 camps, principalement dans le site de Menik Farm dans la région de Vavuniya. Les camps, qui étaient couramment surpeuplés, accueillent désormais moins d'un tiers de leur population initiale. Les retours, et en conséquence la baisse de population dans les camps, y atténuent la pression sur les services de santé, la distribution d'eau et la nourriture. Les personnes déplacées continuent à utiliser le système de laissez-passer pour les allers et retours hors des camps.

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Rapatriés

Les rapatriés sont les personnes de retour chez elles. C'est la meilleure des solutions durables.

Rapatriement

Le HCR travaille avec le pays d'origine et les pays d'accueil pour aider les réfugiés à rentrer chez eux.

Manuel pour la protection des déplacés internes

Dans plus de 50 pays du monde entier, quelque 24 millions de personnes sont déracinées et déplacées dans leur propre pays suite à un conflit ou à des violations des droits de l'homme.

Personnes déplacées internes

Les personnes déplacées fuient en quête de sécurité dans d'autres régions au sein même de leur pays, où ils ont besoin d'une aide.

Abri

L'une des choses dont les gens ont le plus besoin après avoir été forcés à fuir leur maison - qu'ils soient réfugiés ou déplacés internes - c'est un toit au-dessus de leur tête.

Sri Lanka

Durant les 20 années de guerre civile au Sri Lanka, plus d'un million de personnes ont été déracinées, forcées de fuir leur foyer, souvent plus d'une fois. Pour beaucoup d'entre elles qui ne pouvaient trouver abri chez des parents ou des amis, les centres de secours gérés par le HCR ou le gouvernement ont été le seul recours.

En Février 2002, le gouvernement du Sri Lanka et l'Armée de libération des Tigres Tamouls (LTTE) ont signé un accord de cessez-le-feu et entamé une série de négociations devant engendrer une paix durable. À la fin de l'année 2003, plus de 300 000 personnes déplacées étaient déjà retournées dans leurs villes et villages largement dévastés.

Dans le cadre de ces retours, le HCR fournit une protection physique et juridique aux civils affectés par la guerre, tout en finançant une série de projets dans des domaines aussi variés que le logement, la santé, les installations sanitaires ainsi que divers services communautaires et projets générateurs de revenus.

Sri Lanka

L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

À Sri Lanka, le pittoresque « pays des collines » est parsemé de centaines de plantations de thé. La plupart des gens qui y travaillent sont des descendants de Tamouls venus d'Inde entre 1820 et 1840, à l'époque où l'île était une colonie britannique. Les « Tamouls des collines » ont contribué, dans des proportions considérables, à la prospérité économique de Sri Lanka pendant près de deux siècles ; pourtant, jusqu'à une époque très récente, la législation draconienne du pays sur la nationalité rendait leur accession à la citoyenneté presque impossible. Dépourvus de papiers, ils ne pouvaient voter, travailler dans la fonction publique, ouvrir un compte en banque ou voyager librement.

Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

De plus, en 2009, le parlement a amendé la réglementation existante, afin d'accorder la nationalité aux personnes qui se sont réfugiées en Inde pour échapper au conflit qui sévissait à Sri Lanka et qui vivent actuellement dans des camps. Il est donc plus facile aux réfugiés de regagner leur pays s'ils le souhaitent.

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Trouver un chez-soi

Reconstruire sa vie dans la dignité et la sécurité, 1953-2003 : Inspirée du thème de la Journée mondiale du réfugié 2004: "Trouver un chez-soi: refaire sa vie dans la sécurité et la dignité", cette galerie de photos retrace les actions du HCR destinées à aider les personnes les plus vulnérables à retrouver un foyer, que ce soit par le rapatriement volontaire, l'intégration locale ou la réinstallation dans un pays tiers.

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Pour la première fois depuis de nombreuses années, des réfugiés sri-lankais quittent l'Inde en ferry pour rentrer chez eux.