Le HCR lance un appel de fonds de 12,5 millions de dollars pour les déplacés d'Haïti

Articles d'actualité, 13 avril 2010

© HCR/J.Björgvinsson
Ces deux petites filles vivent dans une famille d'accueil. Elles ont fui leur maison après le tremblement de terre du 12 janvier dernier en Haïti.

GENÈVE, le 13 avril (HCR) Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a publié mardi un appel de 12,5 millions de dollars afin d'aider les personnes vivant en dehors des camps officiels en Haïti, ainsi que les autres survivants du tremblement de terre ayant fui vers la République dominicaine voisine.

Le HCR a déjà activement soutenu les programmes de protection et de gestion des camps mis en œuvre en Haïti pour aider les survivants du terrible tremblement de terre du 12 janvier dernier. L'agence a envoyé sur place des équipes d'urgence spécialisées dans la protection, la logistique, le recensement et le profilage, afin de participer à l'effort humanitaire.

Du matériel d'hébergement avait été rapidement envoyé sur place pour aider environ 100 000 bénéficiaires. En République dominicaine voisine, le HCR est l'agence chef de file pour les efforts de protection, et l'organisation a déployé une équipe d'urgence pour travailler avec les autorités dominicaines afin d'aider les Haïtiens évacués dans ce pays.

« Le HCR a procédé à des évaluations pour identifier les besoins des personnes déplacées à l'extérieur de Port-au-Prince et des camps officiels », a déclaré Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse à Genève. « Grâce à ce nouvel appel, le HCR souhaite continuer à aider la population vivant hors des camps. Nous éviterons ainsi de nouveaux déplacements ou des retours prématurés avant que les conditions appropriées et de sécurité ne soient réunies ».

En 2010, le HCR et ses partenaires espèrent mettre en œuvre 85 projets à impact rapide. Ils concerneront les personnes déplacées ayant bénéficié du plus bas niveau de l'aide humanitaire en comparaison de celle reçue par la population vivant dans des camps et à Port-au-Prince.

Parmi ces projets, 25 d'entre eux seront axés sur les populations déplacées vivant près de la frontière avec la République dominicaine. De plus, le HCR viendra en aide à quelque 60 000 personnes déplacées dans la région frontalière, ainsi que dans les régions de l'Ouest, du centre et de l'Artibonite.

« Le HCR continuera à soutenir le retour en Haïti de patients sortis de l'hôpital en République dominicaine et à aider les personnes vulnérables ayant besoin d'y rester. À Saint-Domingue, un appui sera apporté aux églises, aux familles d'accueil et aux refuges qui s'occupent des patients sortis de l'hôpital et des Haïtiens vulnérables, y compris des enfants non accompagnés, des orphelins, des femmes en danger et des personnes handicapées », a ajouté Melissa Fleming.

Le HCR et ses partenaires apporteront un soutien aux ressortissants de pays tiers en situation de vulnérabilité, y compris aux réfugiés et aux migrants sans papiers qui vivaient en Haïti au moment du tremblement de terre, ces personnes ayant fui vers la République dominicaine ou étant déplacées en Haïti. En plus de l'assistance humanitaire à court terme, ces personnes seront informées sur le retour volontaire dans leur pays d'origine ou d'autres solutions durables.

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Apatridie en République dominicaine

En République dominicaine, le HCR propose des programmes à l'intention des réfugiés et demandeurs d'asile haïtiens ainsi que des migrants et membres de leur famille nés dans le pays, dont certains pourraient être apatrides ou risquer de le devenir. Nombre d'entre eux vivent dans les bateyes, des communautés dans l'indigence vivant sur ce qui était autrefois des plantations de canne à sucre prospères. Ces communautés accueillent depuis des dizaines d'années des Haïtiens ayant traversé la frontière pour venir travailler dans l'industrie du sucre.

Dans le cadre de ces programmes, le HCR propose aux réfugiés et demandeurs d'asile une assistance juridique, des cours de remise à niveau scolaire et une formation professionnelle. Il soutient également les projets entrepreneuriaux et facilite l'accès aux microcrédits.

Soucieux d'encourager la coexistence pacifique entre les populations dominicaines et haïtiennes, le HCR a également renforcé sa présence dans les zones frontalières. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a ainsi constaté que le renforcement des capacités de production agricole des deux groupes favorisait l'intégration tout en atténuant les tensions.

Un risque pèse sur de nombreux Haïtiens et Dominicains vivant dans les bateyes délabrés : celui de devenir apatrides, à savoir des personnes qu'aucun État ne reconnaît comme étant leurs ressortissants. Il se pourrait alors qu'il leur soit difficile de bénéficier et de se prévaloir de droits fondamentaux, dont non seulement les droits à l'éducation et aux soins de santé mais également ceux au travail, à la libre-circulation et au logement. Le HCR s'est donc donné pour mission de lutter contre l'apatridie en facilitant la délivrance d'actes de naissance aux habitants des bateyes.

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