Un soutien indispensable aux déracinés en République centrafricaine

Articles d'actualité, 10 mars 2010

© HCR/D.Mbaiorem
Le Haut Commissaire António Guterres s'adresse aux réfugiés au camp de Sam Ouandja en République centrafricaine.

BANGUI, République centrafricaine, 10 mars (HCR) Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a rencontré des réfugiés et des déplacés internes en République centrafricaine et il s'est engagé à améliorer les difficiles conditions de vie qu'ils endurent ainsi que leurs familles.

António Guterres est rentré à Genève en Suisse mercredi, au terme d'une mission de quatre jours dans ce pays africain entouré de terres pour attirer l'attention de la communauté internationale sur le sort de plus de 30 000 réfugiés et de quelque 183 000 déplacés internes auxquels le HCR assure protection et assistance. Les réfugiés sont majoritairement originaires de la République démocratique du Congo, du Tchad, du Rwanda et du Soudan.

Samedi, António Guterres a rencontré des déplacés internes dans les villes de Paoua et de Kabo, au nord-ouest du pays à environ 500 kilomètres de Bangui, la capitale. Des représentants des communautés déplacées lui ont fait part de leurs besoins immédiats, y compris des abris, de l'eau potable, des ustensiles de cuisine et des semences agricoles.

« Nous avons tout perdu lorsque nous avons fui et nous avons retrouvé nos villages en ruines. Nous avons besoin de votre aide pour reconstruire nos cases », a expliqué Marie Koure au Haut Commissaire à Paoua. Elle parlait au nom des femmes qui, comme elle, étaient rentrées dans leurs villages détruits pour la première fois après avoir fui la violence il y a cinq ans. Elles vivaient auparavant dans la brousse à l'intérieur même de leur pays ou de l'autre côté de la frontière au sud du Tchad.

Après s'être rendu dans des villages endommagés, António Guterres a indiqué avoir été choqué par les conditions épouvantables dans lesquelles vivent les populations déplacées, tout spécialement du fait du manque d'eau potable, d'écoles et de soins de santé. « Nous avons des ressources limitées, mais nous promettons de vous aider à reconstruire votre vie », a-t-il indiqué.

Le nord de la République centrafricaine est en proie à l'insécurité chronique depuis 2005 du fait de la présence de rebelles et de bandits. Les civils de la région sont harcelés par ces groupes armés. Cependant, malgré l'instabilité, le nord accueille également des réfugiés originaires de la région du Darfour au Soudan voisin.

Ils vivent dans le camp de Sam Ouandja, où ils craignent pour leur sécurité. Le Haut Commissaire s'est rendu dans ce camp dimanche. « Les rebelles nous menacent constamment et ne veulent pas nous voir sortir du camp. Ils nous accusent injustement, nous les réfugiés, d'être à l'origine des troubles à Sam Ouandja », a expliqué Moussa, un représentant de réfugiés, à António Guterres.

« Nous avons dû vendre nos vivres pour payer injustement une amende que les rebelles nous imposent pour des crimes que nous n'avons pas commis », a affirmé Hawa, une autre réfugiée originaire du Darfour. « Nous n'avons plus rien à manger. Nous voulons partir loin d'ici », a-t-elle indiqué à António Guterres, qui a assuré aux réfugiés que le HCR travaillerait avec le Gouvernement centrafricain pour renforcer leur sécurité.

Etabli en 2007, le camp de Sam Ouandja accueille quelque 3 500 réfugiés ayant fui la violence sévissant au Darfour. La plupart d'entre eux ont dû marcher ou ont voyagé à dos d'âne. Fatma, l'une des résidentes du camp, a indiqué avoir fui son village en 2007 après une attaque. « J'ai pris mes deux enfants dans mes bras et j'ai fui. Nous avons marché durant 10 jours avant de nous retrouver ici quelque part en République centrafricaine », a-t-elle indiqué, ajoutant : « Mon mari et mon fils aîné ont fui dans une autre direction et, depuis lors, je n'ai plus aucune nouvelle d'eux. »

António Guterres a indiqué que la communauté internationale avait le devoir d'aider la République centrafricaine à gérer la crise humanitaire à laquelle sont confrontés les réfugiés et les déplacés internes. « Il est injuste que toute l'attention soit concentrée sur l'Iraq, l'Afghanistan et le Soudan alors que des dizaines de milliers de civils vivent dans des conditions épouvantables en République centrafricaine », a-t-il affirmé.

Le Haut Commissaire a également rencontré le Président François Bozizé et d'autres représentants du gouvernement ainsi que des Nations Unies avant de quitter la capitale mardi.

Par Djerassem Mbaiorem à Bangui, République centrafricaine

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Nombre des déplacés internes vivent dans la brousse, non loin de leurs villages. Ils y ont construit des abris de paille et d'herbe, ils cultivent des légumes et ils crééent même des écoles de brousse pour leurs enfants. Cependant, l'accès à l'eau potable et aux soins de santé demeure un vaste problème. De nombreux enfants souffrent de diarrhées et du paludisme, mais leurs parents ont trop peur de les emmener dans des hôpitaux ou des cliniques pour les faire soigner.

Des gardiens de troupeaux au nord de la République centrafricaine sont la proie des zaraguinas - des bandits qui enlèvent des enfants contre rançon. Les villageois sont alors contraints de vendre leur bétail pour pouvoir payer les rançons.

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Des batailles de rue ont déplacé environ 400 000 personnes uniquement à Bangui, la capitale. Quelque 100 000 d'entre elles ont trouvé refuge à l'Aéroport international et bénéficient d'une relative protection de la part d'une force de l'Union africaine et des militaires français qui sont basés à l'aéroport. A la fois les civils chrétiens et musulmans craignent des attaques de représailles de la part des rebelles et des militants si d'aventure ils rentraient chez eux. D'énormes défis humanitaires sont à relever pour approvisionner les camps en abris, en eau potable, en latrines, en vivres et pour assurer des soins médicaux. Le HCR a répondu en fournissant des tentes et des articles non alimentaires aux personnes déplacées à l'aéroport et dans des églises dans la capitale.

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