Le chef du HCR exprime sa profonde consternation après l'expulsion de Lao Hmong par la Thaïlande

Communiqués de presse, 28 décembre 2009

Lundi 28 décembre 2009

GENÈVE Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a exprimé ce jour sa profonde consternation après l'expulsion de Lao Hmong par la Thaïlande. « J'appelle le Gouvernement thaïlandais à suspendre l'expulsion de Lao Hmong, parmi lesquels certains ont besoin d'une protection internationale », a-t-il indiqué.

Ce matin, la Thaïlande a commencé à procéder à l'expulsion d'un premier groupe, parmi environ 4 000 Lao Hmong, depuis le camp de Huay Nam Khao à Petchabun, auprès desquels le HCR n'a jamais obtenu le droit de visite. Les retours forcés continueront dans les prochains jours, selon le Gouvernement thaïlandais, avec un second groupe de 158 personnes reconnues en tant que réfugiés et qui sont détenues à Nong Kaï.

Jeudi, le Haut Commissaire avait appelé le Gouvernement thaïlandais à suspendre son projet de refoulement de Lao Hmong. Dans sa déclaration, il a indiqué que le refoulement, ou retour forcé, « non seulement mettrait en danger la protection des réfugiés et qu'il constituerait également un exemple très grave sur le plan international. »

Alors que le HCR n'a pas été autorisé à se rendre auprès des Lao Hmong à Petchabun, l'organisation comprend d'après les informations du Gouvernement thaïlandais que, selon la procédure de sélection menée par les autorités thaïlandaises, certains Lao Hmong ont besoin d'une protection internationale. Le HCR affirme depuis longtemps que la procédure devrait s'effectuer dans la transparence et qu'aucun demandeur d'asile ayant des craintes fondées de persécution ne devrait être expulsé de force vers le Laos.

Toutes les personnes appartenant au second groupe comptant 158 Lao Hmong détenus à Nong Kaï ont été reconnues en tant que réfugiés par le HCR. Jusqu'à ce jour, la Thaïlande leur a toutefois refusé l'accès à la réinstallation dans un pays tiers. Pour que les réfugiés détenus depuis trois ans déjà sortent de cette situation d'impasse, le HCR mène des discussions avec la Thaïlande, le Laos ainsi que des pays de réinstallation afin de leur trouver une solution. Toute solution doit être fondée sur le principe du retour librement consenti, avec des assurances et des garanties spécifiques de la part de toutes les parties concernées.

Le HCR lance un appel d'urgence à la Thaïlande pour que ce pays cesse les expulsions afin de pouvoir trouver des solutions pour des retours volontaires ainsi que des pays tiers pour la réinstallation, de façon à respecter le principe fondamental du droit international concernant le non-refoulement, ou l'interdiction de toute forme de retour forcé.

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Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar