L'éducation aide les jeunes réfugiés en Jordanie à affronter l'exil et le passé

Articles d'actualité, 23 décembre 2009

AMMAN, Jordanie, 23 décembre (HCR) Omar* a enduré certaines expériences difficiles et douloureuses à un très jeune âge. Maintenant, le réfugié de 13 ans apprend des choses positives à l'école dans la capitale jordanienne Amman, trois ans après avoir fui l'Iraq avec ses cinq frères et s?urs.

Timide de nature, la vie d'Omar a commencé à s'effondrer autour de lui quand son père, policier à Bagdad, a été assassiné par des miliciens. Il se souvient d'un grand choc quand il a appris la nouvelle de la mort de son père. « A ce moment-là, j'ai su qu'il n'était plus possible de rester à Bagdad », s'est rappelé le garçon.

Puis est venu le traumatisme de la fuite vers la Jordanie voisine pour rejoindre sa mère, partie en avance pour voir s'ils y seraient en sécurité. « Je ne pensais pas que ces jeunes enfants seraient capables de résister au voyage », a affirmé leur oncle Fahad*, qui les a emmenés cachés dans un taxi. « Dieu nous a donné la force d'être silencieux et patients jusqu'au franchissement de la frontière vers la Jordanie. »

A Amman, ils étaient en sécurité mais leur supplice n'était pas terminé. La mère d'Omar, craintive, avait fui vers le Royaume-Uni sans pouvoir emmener les enfants dont les passeports et les documents d'identité avaient été égarés dans la précipitation pour fuir Bagdad. Elle bénéficie d'une assistance socio-psychologique au Royaume-Uni et sa situation difficile comme son absence sont également très dures pour Omar et ses frères et s?urs.

Parmi toutes ces leçons douloureuses, il y a eu une évolution positive très importante pour Omar et deux de ses frères. De nombreux jeunes, contraints de fuir l'Iraq ces dernières années, ont dû interrompre leurs études certains n'avaient pas les bons documents, tandis que d'autres ne pouvaient pas se payer les écoles privées.

Dans un camp de réfugiés, ils auraient eu au moins accès à l'éducation primaire grâce à l'aide du HCR et à d'autres organisations. Mais l'accès à l'éducation en milieu urbain, où la plupart des réfugiés iraquiens vivent, n'est pas facile en particulier pour les personnes ayant des ressources limitées.

C'était le cas d'Omar, incapable de s'inscrire à l'école à son arrivée à Amman faute de permis de séjour. L'oncle Fahad, qui s'occupe des enfants tout en travaillant sur un marché de légumes, passait quatre heures par jour à apprendre à lire et à écrire à ses deux nièces et à ses quatre neveux. C'était très difficile, mais il estimait que c'était son devoir.

Mais les choses ont vite changé, grâce à la générosité et à la solidarité du Gouvernement et des habitants de Jordanie qui accueillent des centaines de milliers de réfugiés iraquiens. En 2007, un décret royal a ouvert les écoles publiques aux enfants iraquiens quel que soit leur statut juridique.

Omar a été inscrit dans une école primaire à l'est d'Amman mi-2009, mais comme il avait manqué l'école pendant deux ans, il a dû commencer à un niveau inférieur. Cela ne le dérange pas ; pour la première fois en trois ans, il lui arrive quelque chose de bien.

« Je ne pourrais pas être plus heureux d'être à l'école ; j'ai enfin la chance d'apprendre et d'étudier », a-t-il dit fièrement. « Mon cours préféré est sans hésitation l'arabe ; l'enseignant nous apprend vraiment bien et, grâce à l'aide de mon oncle, l'arabe est aussi assez facile », a ajouté le garçon en souriant.

D'autres personnes ont remarqué le changement chez le jeune Iraquien. « Omar a énormément changé depuis qu'il est inscrit à l'école, mais il fait encore face à des difficultés », a affirmé son oncle. « Au plan personnel, il a des amis maintenant à la fois iraquiens et jordaniens. Au plan scolaire, même s'il a plaisir à apprendre, le programme et le système jordaniens sont totalement différents de ceux en Iraq. »

Fournir une éducation à tous les réfugiés en zone urbaine a posé d'autres problèmes, notamment en termes de mauvais résultats, de brutalités, de capacités limitées et de surpopulation. Certains de ces problèmes sont traités par les organisations humanitaires et les agences des Nations Unies, tandis que d'autres initiatives visent à aider les familles iraquiennes les plus vulnérables à payer les fournitures scolaires, les uniformes, la papéterie et les transports.

En outre, les organisations comme le HCR et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), qui prônent l'éducation pour tous les enfants réfugiés, ont fait pression sur le gouvernement et les donateurs pour couvrir tous les frais de scolarité, y compris les frais d'inscription, pour les enfants iraquiens dont les parents n'ont pas les moyens de payer.

L'année scolaire dernière, les frais de scolarité de 26 800 réfugiés iraquiens dans les écoles primaires et secondaires ont été payés par l'Office d'aide humanitaire de la Commission européenne, plus connu sous le nom d'ECHO.

En attendant, Omar a deux souhaits : retrouver sa mère et voir ses plus jeunes frères et s?urs inscrits à l'école et avoir la chance de progresser.

* Les noms ont été modifiés pour des raisons de protection

Par Dana Bajjali et Ziad Ayad à Amman, Jordanie

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La rentrée scolaire des enfants iraquiens en Syrie

L'UNHCR a pour objectif d'aider 25 000 enfants réfugiés à retourner à l'école en Syrie, en soutenant financièrement leurs familles et en leur fournissant des uniformes et du matériel scolaire. Environ 1,4 million d'Iraquiens sont réfugiés en Syrie ; la plupart ont fui l'extrême violence sectaire déclenchée par le bombardement de la Mosquée d'Or de Samarra en 2006.

Pour de nombreux parents réfugiés iraquiens, l'éducation est une priorité d'une importance équivalente à celle de la sécurité. En Iraq, à cause de la violence et des déplacements forcés, les enfants iraquiens n'allaient pas régulièrement à l'école et nombre d'enfants réfugiés ont manqué une bonne partie de leur scolarité. Bien que l'éducation soit gratuite en Syrie, des frais pour l'achat de fournitures, d'uniformes et les frais de transport ne permettent pas d'accéder à l'éducation. Par ailleurs, de nombreux enfants réfugiés sont contraints de travailler plutôt que de fréquenter l'école, pour subvenir aux besoins de leur famille.

Afin d'encourager les familles iraquiennes défavorisées à inscrire leurs enfants à l'école, l'UNHCR prévoit d'aider financièrement au moins 25 000 enfants en âge d'être scolarisés et de fournir des uniformes, des livres et des fournitures scolaires aux réfugiés iraquiens enregistrés auprès de l'agence. L'UNHCR va également informer les réfugiés sur leur droit d'envoyer leurs enfants à l'école, et soutiendra les programmes d'ONG en faveur des enfants qui travaillent.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Réfugiés palestiniens en Iraq : Pas de solution en vue pour les 15 000 Palestiniens en Iraq

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Iraq en 2003, les réfugiés palestiniens vivant à Bagdad sont devenus de plus en plus fréquemment les cibles d'arrestations, d'enlèvements, de menaces et d'assassinats, les incitant à fuir la capitale par milliers.

Il reste encore environ 15 000 Palestiniens en Iraq - ils étaient plus du double en 2003. Ils vivent constamment dans la peur, et beaucoup d'entre eux n'ont pas de documents en règle. Ceux qui tentent de s'échapper et atteindre les frontières syrienne et jordanienne sont de plus en plus exposés au danger. Des centaines d'entre eux sont bloqués à la frontière entre l'Iraq et la Syrie : ils ne peuvent pas traverser la frontière, et ont trop peur de retourner en Iraq. Ceux qui réussissent à quitter l'Iraq le font souvent dans l'illégalité.

Un effort humanitaire international est requis d'urgence afin de trouver une solution temporaire pour les Palestiniens. L'UNHCR a maintes fois fait appel à la communauté internationale et aux pays limitrophes pour qu'ils accueillent les Palestiniens. L'agence pour les réfugiés a également contacté des pays susceptibles de proposer des solutions de réinstallation, mais seuls le Canada et la Syrie ont répondu favorablement. La Syrie a depuis fermé ses frontières aux autres Palestiniens désespérés.

L'UNHCR plaide également en faveur d'une meilleure protection de la communauté palestinienne à l'intérieur de l'Iraq.

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