30 dollars par mois : une assurance-maladie pour des réfugiés à Kinshasa

Articles d'actualité, 21 décembre 2009

KINSHASA, République démocratique du Congo, 21 décembre (HCR) Sur le point d'accoucher de son premier enfant, Clémentine Uwimana, une jeune réfugiée rwandaise âgée de 30 ans, s'est rendue dans l'hôpital le plus proche, à cinq minutes de marche de son domicile dans la capitale de la République démocratique du Congo. Quand des complications l'ont toutefois contrainte à aller à Saint-Joseph, un grand hôpital spécialisé, dans le service chargé des césariennes, elle n'a pas hésité à prendre un taxi parce qu'elle bénéficiait d'une assurance-maladie.

« Sans l'assurance-maladie dont je bénéficie grâce au HCR, j'aurais pu mourir cette nuit-là car je n'avais aucun argent », expliquera plus tard Clémentine, en câlinant son bébé Malaika qui a reçu le prénom de l'assistante du HCR chargée des services communautaires l'ayant aidée tout au long de sa grossesse alors que son compagnon l'avait abandonnée.

Dans le cadre de ce qui est peut-être le seul dispositif du genre au monde, près de 1 500 réfugiés à Kinshasa sont couverts par un programme de santé géré par le Bureau Diocésain des Oeuvres Médicales, ou BDOM. Ce programme a été créé en 1978 et couvre désormais quelque deux millions de personnes, soit un cinquième de la population de Kinshasa. Le HCR paie 30 dollars par mois pour chaque famille réfugiée, composée de sept à huit personnes.

Le HCR s'est associé au système du BDOM cette année après une évaluation approfondie des plaintes des réfugiés concernant la qualité des services médicaux reçus. Maintenant, pour 6 000 dollars par mois, le HCR est en mesure d'offrir une assurance médicale à 1 444 réfugiés dans la capitale de la République démocratique du Congo.

© MONUC/Myriam Asmani
Lusillaho Pascal, 41 ans, réfugié originaire du Congo, a reçu un traitement efficace pour son diabète dans le cadre du programme d'assurance maladie.

« Maintenant que la moitié des réfugiés vit en milieu urbain, nous devons trouver des moyens plus innovants de leur fournir des services », explique Paul Spiegel, chef de la section chargée de la santé publique et du VIH/SIDA au HCR. « Le programme d'assurance maladie à Kinshasa est un exemple que nous envisageons de reproduire pour les réfugiés dans d'autres grandes villes. »

Pour Clémentine, le fait de ne pas avoir à se soucier de sa santé constitue un énorme soulagement, elle qui a fui le génocide de 1994 au Rwanda, son pays d'origine. Ses parents ont été tués et, alors qu'elle n'avait que 15 ans, elle a dû jouer le rôle de maman pour ses quatre plus jeunes frères en exil. Grâce à l'éducation et aux programmes de santé offerts par le HCR, et à son dur labeur, elle affirme « Je me bats moins. »

Comme Clémentine, les réfugiés à Kinshasa sont affectés dans des centres de santé à proximité de leur domicile pour les soins primaires et peuvent être orientés vers Saint-Joseph pour des traitements plus compliqués.

© MONUC/Myriam Asmani
Le personnel médical à Saint-Joseph, qui fait partie du programme d'assurance maladie. « Nous sommes très satisfaits de notre collaboration avec le HCR. Parmi la population réfugiée, les cas les plus courants que nous rencontrons sont les infections virales ou bactériennes qui affectent en particulier les jeunes femmes », explique un docteur à Saint-Joseph.

Thierry Bankanda, docteur à Saint-Joseph, a constaté « qu'avec le nouveau système, les réfugiés sont plus satisfaits de leur traitement médical car c'est plus efficace, moins bureaucratique et plus ciblé sur la santé des patients. »

Il ajoute que l'assurance-maladie facilite le traitement des réfugiés à l'hôpital et que « les réfugiés ne se sentent pas discriminés par rapport aux Congolais quand ils viennent à l'hôpital pour recevoir un traitement. Ils jouissent des mêmes droits. »

Le résultat est bien concret pour Lusilaho Pascal, réfugié de 41 ans originaire de la République du Congo depuis 10 ans, qui est venu d'un camp de réfugiés vers la capitale pour trouver un traitement approprié pour son diabète.

Au début, il se demandait s'il avait fait le bon choix car il passait deux heures par jour pour aller à l'hôpital et il dépensait tout son argent dans les transports. Maintenant le centre de santé couvert par le BDOM est facile d'accès, son diabète est contrôlé par des médicaments et son état s'est considérablement amélioré.

« Le centre de santé où je vais maintenant est très proche de chez moi, tout juste à 10 minutes à pied », déclare Lusilaho, qui prend un comprimé chaque jour après le petit-déjeuner. « Je ne me sens pas discriminé à l'hôpital Je suis traité comme les Congolais en termes de services reçus. Désormais, ma vie a complètement changé. »

Par Francesca Fontanini à Kinshasa, République démocratique du Congo

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