Le Haut Commissaire, en mission en Inde, rencontre des réfugiés

Les débats clés, 3 décembre 2009

© HCR/N.Bose
Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, lors d'un entretien avec des réfugiés et des demandeurs d'asile à New Delhi.

NEW DELHI, Inde, 3 décembre (HCR) Blottis dans des pullovers en cette saison hivernale, quelque 20 réfugiés représentant leurs communautés ont rencontré cette semaine le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres dans un quartier de l'ouest de Delhi.

Lors d'une visite de deux jours en Inde visant à renforcer le partenariat du HCR avec ce pays jouant un rôle de plus en plus important sur la scène mondiale, António Guterres a tenu à ce que sa rencontre de mercredi avec des réfugiés et des demandeurs d'asile soit une priorité.

L'Inde accueille un large éventail de cas de réfugiés vivant en milieu urbain, chacun ayant des problèmes spécifiques. En écoutant les défis auxquels ils sont confrontés, António Guterres a indiqué que son organisation étudierait les moyens de renforcer la coopération et qu'elle aiderait à répondre à certains des problèmes.

L'Inde accueille des réfugiés bien que ce pays n'ait pas signé la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et qu'il ne dispose pas d'une législation nationale pour les réfugiés. Les droits civils et politiques des réfugiés et des demandeurs d'asile sont protégés par la constitution nationale indienne.

Le manque d'une législation spécifique relative aux réfugiés rend difficile la lutte contre la discrimination et le racisme. « Je comprends que votre vie soit très difficile et nous sommes ici pour vous aider du mieux possible », a indiqué le Haut Commissaire aux réfugiés et aux demandeurs d'asile.

La vie dans les villes pour les réfugiés et les demandeurs d'asile comporte de nombreux défis. Ils y rencontrent des obstacles pour gagner leur vie, ils sont confrontés à une procédure lente pour obtenir le statut de réfugié et à des difficultés pour accéder aux services publics d'éducation et de santé. Ils ont notamment évoqué ces problèmes lors de leur rencontre avec le Haut Commissaire.

Alors que le Haut Commissaire ne peut solutionner l'ensemble des difficultés endurées par ces personnes, il a indiqué que le bureau du HCR dans le pays ferait son possible dans les régions où l'organisation dispose d'une présence. « Je comprends vos frustrations et je compatis pleinement à vos problèmes. L'Inde est un pays généreux et nous sommes ici pour vous aider. Je suis toutefois désolé que nous ne puissions pas en faire davantage. »

Syeda*, un réfugié palestinien d'Iraq qui vit désormais à New Delhi, a fait parler son cœur. « J'aimerais avoir un pays, quel qu'il soit, même s'il est dirigé par un dictateur. » La réinstallation vers un pays tiers a été demandée par tous les groupes de réfugiés représentés, qui sont originaires de l'Afghanistan, du Myanmar, de l'Iraq, de l'Iran, de la Somalie et de la RDC.

« L'année dernière, moins d'un pour cent des réfugiés ont été réinstallés. Cette solution sera toujours très limitée », a indiqué le Haut Commissaire. Il a expliqué que ce sont les pays qui, au final, décident d'accepter des personnes pour une réinstallation, ces décisions étant de plus fréquemment modelées par l'opinion publique ou des groupes de lobbying.

Les réfugiés et les demandeurs d'asile ont apprécié d'avoir rencontré António Guterres et d'avoir pu lui faire part de leurs préoccupations. « La réunion s'est très bien passée et tous les Afghans ont apprécié cette rencontre », a indiqué Khan.* « J'espère toutefois que vous pourrez vraiment nous aider », a-t-il ajouté.

« C'était vraiment appréciable de pouvoir parler avec le Haut Commissaire en personne », a indiqué Than, qui est originaire du Myanmar et qui attend une amélioration de sa situation. Toutefois un réfugié iraquien a également fait part de sa déception : « Nous avons apprécié cet entretien avec le Haut Commissaire, toutefois il ne nous a pas donné beaucoup d'espoir. »

Cependant certains réfugiés espèrent toujours la réinstallation. « J'espère que le HCR va nous procéder à notre réinstallation. Même si notre pays est très beau, nous ne pouvons pas y retourner », a indiqué Niloufer *, qui est iranien.

António Guterres a également participé à des réunions de haut niveau avec le ministère des Affaires étrangères, y compris le Ministre S.M. Krishna et le secrétaire d'Etat près du ministre des affaires étrangères Shashi Tharoor. L'Inde respecte une tradition ancienne de plusieurs siècles pour l'accueil des étrangers et pour la protection de ceux qui sont dans le besoin.

On compte en Inde quelque 12 400 réfugiés dont le statut a été reconnu par le HCR en Inde ainsi que 6 600 demandeurs d'asile enregistrés auprès de l'agence pour les réfugiés. Les groupes les plus importants sont originaires d'Afghanistan et du Myanmar.

* Noms fictifs pour des raisons de protection

Par Nayana Bose à New Delhi, Inde

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Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

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