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Après une échappée vaine, un fermier retrouve la Somalie

Articles d'actualité, 23 novembre 2009

© HCR/B.Bannon
Un camp accueillant des déplacés somaliens près de Galkayo, la ville où Siidow a amené sa famille après un long voyage.

GALKAYO, Somalie, 23 novembre (HCR) Après un raid mené par des miliciens locaux contre sa maison dans le centre de la Somalie il y a cinq ans, Siidow voulait partir loin, très loin pour survivre et assurer un avenir convenable à sa famille élargie.

« J'ai été forcé d'abandonner ma maison et toutes mes possessions, y compris mes terres, après avoir subi cette attaque », a expliqué au HCR ce grand-père âgé de 67 ans à Galkayo, une ville de Somalie située à des centaines de kilomètres au nord de sa maison d'Afgooye, où il était auparavant un fermier bien connu cultivant des fruits et des légumes.

Siidow n'a pas attendu longtemps pour décider de quitter Afgooye. Il a immédiatement fui avec sa femme, Maryam, laissant derrière lui huit enfants survivants et les cinq petits-enfants dont il avait la charge.

Il prévoyait de se diriger vers Bossasso, une ville portuaire animée et florissante, située en bordure du golfe d'Aden dans la région semi-autonome du Puntland, une région relativement stable du nord de la Somalie. Sur place, il pensait contacter des passeurs et les payer pour traverser le bras de mer séparant la corne de l'Afrique du Yémen.

« Je pensais qu'effectuer cette dangereuse traversée vers le Yémen par la mer serait un pis-aller plutôt que de rester à Afgooye où des gangs pillent et violent. Je pensais que, si je réchappais aux requins, je pourrais certainement mener une vie tranquille au Yémen ou en Arabie saoudite », a indiqué Siidow au HCR.

Comme un grand nombre avant lui et d'autres encore après lui, Siidow considérait le Yémen comme une terre promise, un lieu où il pourrait trouver un emploi décent et qui serait un tremplin vers les Etats du Golfe et un travail. Il savait qu'il ne survivrait peut-être pas au voyage, mais il n'avait aucune autre alternative.

Après un long voyage exténuant par la route, Siidow et Maryam sont arrivés à Bossasso à la mi-2004 et ils ont rapidement pris contact avec des passeurs sans scrupule transportant chaque année vers la côte yéménite des dizaines de milliers de personnes en haute mer à bord d'embarcations délabrées.

Un mois après leur arrivée à Bossasso, ils ont appris qu'un bateau était prêt et qu'ils devaient payer 100 dollars par personne pour la traversée. « Nous étions plus de 300 personnes sur un bateau prévu pour seulement 60 personnes à son bord », s'est rappelé Siidow. « Nous avions été autorisés à ne prendre avec nous que quelques dates et des biscuits, car les passeurs [armés] voulaient utiliser tout l'espace disponible pour transporter des personnes. »

C'était le début d'un voyage éprouvant. Le deuxième jour, le moteur est tombé en panne et une voie d'eau s'est déclarée dans le bateau. « Les passeurs armés nous ont forcés à écoper le bateau pour l'empêcher de couler. Nous avons fait cela durant des jours, avant d'enfin arriver non loin des côtes yéménites. » Certains passagers ont été battus.

Tous les passagers ont été forcés à sauter par-dessus bord, et ce à plusieurs encablures de la côte. Siidow a tenté d'aider sa femme qui ne savait pas nager. « J'avais peur que nous mourrions tous les deux », a-t-il dit, en ajoutant qu'il était déterminé à survivre.

Ils sont arrivés sains et saufs à la plage, alors que de nombreux autres passagers, déjà éreintés par tant de jours à dériver sous un soleil brûlant, se sont noyés à cause de la houle. Après un bref repos sur la plage, les survivants ont marché vers l'intérieur des terres.

La plupart des Somaliens arrivant au Yémen sont ramenés dans un centre de réception, où ils sont interviewés par le HCR avant d'être accompagnés vers un camp de réfugiés. Toutefois Siidow a réussi à échapper aux autorités et il s'est rendu dans la ville portuaire d'Aden.

« J'ai eu la chance d'y trouver des petits boulots, comme laveur de voiture ou employé chez un boucher. Après avoir travaillé durant deux mois, j'ai épargné suffisamment pour que nous partions en Arabie saoudite », a-t-il expliqué. Le couple a rejoint la ville de Jizan, au bord de la mer Rouge dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, et ils étaient heureux de la bonne tournure des événements.

Peu après, ils se sont toutefois retrouvés non loin de leur point de départ, après un voyage en avion vers Mogadiscio, une ville en proie au conflit et située à 30 kilomètres à l'est de Galkayo, leur ville natale. A nouveau Siidow n'a pas hésité longtemps. « Nous ne pouvions pas rester à Mogadiscio, c'était trop dangereux. Nous avons immédiatement décidé de fuir vers Galkayo, en utilisant l'argent qui nous restait de notre travail au Yémen. » Toute la famille était à nouveau réunie à Galkayo.

La ville de Galkayo est également située au Puntland, cependant loin de la côte et Siidow ne souhaite pas mettre à nouveau sa vie en danger pour tenter de réaliser un rêve inaccessible. « Je ne veux plus jamais voyager en dehors de la Somalie. Je ne vois aucune raison de risquer à nouveau la mort. » Pour le moment, il est heureux de sa vie. Il est reconnaissant que sa famille soit dans un lieu sûr et qu'il ait un emploi dans le nettoyage.

Pourtant de nombreux Somaliens nourrissent le rêve de quitter la Somalie. Durant les 10 premiers mois de cette année, au moins 62 000 personnes sont arrivées sur les côtes yéménites à bord de bateaux de passeurs. Plus de 430 personnes se sont noyées ou sont portées disparues. La plupart des personnes effectuant la traversée du golfe d'Aden depuis la corne de l'Afrique fuient la pauvreté. Toutefois un grand nombre, principalement des Somaliens et des Ethiopiens, fuient le conflit et la persécution.

Par Nur Kassim et Amina Osman à Galkayo, Somalie et Anne Kamau à Nairobi, Kenya

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Repérés au large des îles Canaries

Malgré des dangers considérables, des migrants en quête d'un avenir meilleur, et des réfugiés fuyant la guerre et les persécutions, continuent à embarquer dans des bateaux de fortune pour des traversées en haute mer. L'un des principaux itinéraires vers l'Europe part de l'ouest de l'Afrique vers l'archipel des Canaries, un territoire espagnol.

Avant 2006, la plupart des migrants irréguliers, empruntant cet itinéraire sur l'océan Atlantique, embarquaient sur des pateras, des bateaux pouvant transporter jusqu'à 20 personnes. Les pateras partaient en majorité depuis le Maroc et le Territoire du Sahara occidental, pour une traversée d'une demi-journée. Les pateras ont été remplacés par des bateaux plus importants appelés des cayucos, qui peuvent transporter jusqu'à 150 personnes. Les cayucos partent depuis des ports situés dans des pays d'Afrique de l'Ouest comme la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Sénégal ou la Sierra Leone. Ils prennent plus de trois semaines pour atteindre les Canaries.

Parmi les 32 000 personnes arrivées dans les îles Canaries, seule une petite proportion d'entre elles (359 personnes) ont demandé l'asile en 2006. En 2007, plus de 500 demandes d'asile ont été déposées aux îles Canaries. Ce chiffre est particulièrement significatif, étant donnée la diminution de 75 pour cent de nombre global des arrivées par la mer en 2007.

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Golfe d'Aden : Péril en mer

Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.

Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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