Appel de fonds de 2,8 millions de dollars pour parer aux inondations à Dadaab

Articles d'actualité, 6 novembre 2009

© HCR/B.Bannon
Des réfugiés ont été transférés dans des lieux plus en altitude à Dadaab, lors des inondations survenues en novembre 2006.

GENÈVE, 6 novembre (HCR) Le HCR lance un appel de fonds auprès des pays donateurs pour la somme de 2,8 millions de dollars, visant à venir en aide à plus de 300 000 réfugiés hébergés au Kenya dans deux camps menacés par les inondations.

« Nous avons déjà commencé à améliorer les infrastructures dans les deux camps Kakuma au nord-ouest du Kenya et Dadaab dans l'est du pays à la frontière avec la Somalie », a indiqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR, ajoutant que la majeure partie de ces fonds serait utilisée pour préparer des stocks d'articles essentiels comme du fuel, des couvertures, des bâches en plastique et pour répondre à de possibles épidémies.

Andrej Mahecic a fait part des craintes du HCR concernant le dangereux phénomène El Nino un changement dans l'atmosphère et l'océan de la région tropicale Pacifique produisant des inondations, des sécheresses et d'autres perturbations météorologiques dans de nombreuses régions du monde qui pourrait désormais menacer les 338 000 réfugiés, des Somaliens pour la plupart, hébergés dans les deux complexes qui, de toutes façons, sont inondés durant trois mois chaque année.

Lorsque de fortes pluies ont commencé à tomber il y a trois semaines, le HCR a commencé à creuser des tranchées et à placer des sacs de sable autour des hôpitaux, des puits et d'autres lieux stratégiques dans les deux complexes. Le HCR procède par ailleurs à la réparation de buses dans des lits de rivière saisonnières reliant différentes parties des camps, en particulier Dadaab, un complexe actuellement composé de trois camps. Sans ces mesures, de nombreuses sections de ces camps seraient inondées.

« Nous préparons également sur des terrains plus en altitude à l'intérieur des camps le transfert de réfugiés qui pourraient être le plus affectées par les inondations, particulièrement les personnes souffrant d'une maladie chronique, des personnes handicapées, les personnes âgées ainsi que les enfants et les adolescents séparés de leurs parents », a indiqué Andrej Mahecic.

En plus de protéger les réfugiés à Kakuma, le camp le plus affecté par les inondations dans le passé, le HCR a détourné le lit de deux rivières saisonnières, Tarach et Lodoket, qui ont souvent inondé des terrains situés en contrebas.

La pire inondation a eu lieu à Kakuma en mai 2003, lorsque quelque 16 800 réfugiés avaient vu leurs maisons détruites. Un grand nombre de latrines avaient débordé et ont été démolies, provoquant ainsi la propagation de maladies transmises par l'eau, y compris le choléra et la dysenterie. Le complexe surpeuplé de Dadaab, désormais le plus grand site au monde pour le nombre de réfugiés hébergés, avait expérimenté, la dernière fois en 2006, une sévère inondation.

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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